Aliments ultra-transformés : une pétition pour protéger la santé des consommateurs
Yuka, Foodwatch et France assos santé lancent une pétition pour renforcer la réglementation des aliments ultra-transformés. Les ONG demandent aux pouvoirs publics la mise en place de plusieurs mesures.
Obésité, diabète de type 2, cancers... « Une synthèse publiée en novembre 2025 dans la revue scientifique The Lancet confirme le lien préoccupant entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de nombreuses pathologies », soulignent conjointement Yuka, Foodwatch et France assos santé. Ces ONG lancent une pétition visant à protéger la santé des consommateurs contre les aliments ultra-transformés, des produits « issus de formulations industrielles riches en ingrédients transformés et additifs », représentant 60 % « des produits emballés vendus en supermarchés », comme les chips ou les biscuits.
« D’autres études suggèrent aussi un lien avec des troubles de la santé mentale, comme les symptômes dépressifs ou certains troubles cognitifs », indiquent les organisations dans un communiqué de presse. Elles interpellent les pouvoirs publics en demandant la mise en place de trois mesures
La nécessité d’une meilleure identification des produits ultra-transformés
La première porte sur l’interdiction de la publicité pour les aliments ultra-transformés, en particulier celle ciblant les enfants. Les organisations demandent son bannissement dans tous les médias (télévision, réseaux sociaux, applications, jeux mobiles), ainsi que dans l’espace public à proximité des écoles et des lieux fréquentés par les enfants.
La deuxième mesure vise à interdire les « stratégies marketing incitatives » sur les emballages des aliments ultra-transformés. Les structures demandent la suppression des mascottes, personnages de dessins animés, figurines et cadeaux à collectionner. Mais aussi des allégations suggérant des effets bénéfiques pour la santé.
« Les enfants manquent du recul critique pour identifier l’intention commerciale d’un emballage ludique, ce qui crée un fort attachement émotionnel à la marque et contribue ensuite à façonner durablement leurs goûts pour des produits ultra-sucrés, gras ou salés », expliquent-elles.
62 000 signatures pour le moment
Yuka, Foodwatch et France assos santé demandent également aux pouvoirs publics d’obliger les entreprises à apposer une mention visuelle claire en face avant des emballages pour mieux identifier la nature de ces aliments. Les initiateurs de la pétition proposent par exemple un bandeau noir accolé au Nutri-score. Ils souhaitent que cet étiquetage s’applique à tous les supports de vente, y compris les sites de commerce en ligne et les applications de livraison. Selon eux, « un tel étiquetage aiderait les consommateurs à faire des choix éclairés et pousserait également les industriels à améliorer leurs produits ».
Le 7 avril, Emmanuel Macron annonçait l’engagement de la France à reconnaître les conséquences des aliments ultra-transformés et à instaurer des politiques publiques en faveur d’une alimentation plus saine et durable. « Ces engagements doivent désormais se traduire rapidement en actions concrètes ! », exhortent les organisations. La pétition a pour l’instant recueilli environ 62 000 signatures.
Léanna Voegeli 