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Par Carenews INFO - Publié le 12 juin 2026 - 15:34 - Mise à jour le 12 juin 2026 - 16:10 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Opération « Kingia » à Mayotte : les associations alertent sur les conséquences pour les droits de l’enfant

L’Unicef France, la Cimade, Human rights watch et Médecins du monde s'inquiètent de l'impact des actions de sécurité menées à Mayotte sur la vie des enfants. Dans le prolongement des opérations « Wuambusha » et « Place nette Mayotte », l’opération « Kingia » a été déployée jusqu'à fin mai. Les organisations alertent notamment sur les risques de déscolarisation et de déplacements forcés.

L’Unicef France, la Cimade, Human rights watch et Médecins du monde s'inquiètent des conséquences que peuvent avoir les opérations de sécurité menées à Mayotte sur les droits de l'enfant. La dernière en date : l'opération « Kingia ». Crédit : iStock
L’Unicef France, la Cimade, Human rights watch et Médecins du monde s'inquiètent des conséquences que peuvent avoir les opérations de sécurité menées à Mayotte sur les droits de l'enfant. La dernière en date : l'opération « Kingia ». Crédit : iStock

 

À Mayotte, les opérations de sécurité successives préoccupent l’Unicef France, la Cimade, Human rights watch et Médecins du monde, qui alertent à propos de leurs impacts sur la vie des enfants. Dans le prolongement des opérations « Wuambushu » et « Place nette Mayotte », l’opération « Kingia », déployée du 7 avril au 28 mai, a suscité leurs inquiétudes. Dans un communiqué publié fin mai, les organisations alertent sur les conséquences pour les droits de l’enfant. 

« Dans un territoire où près d’un habitant sur deux est un enfant, et déjà marqué par de profondes vulnérabilités sociales, sanitaires et éducatives, nous rappelons que toute politique publique doit être conduite dans le strict respect des droits fondamentaux », rappellent-elles. 

 

Le besoin d’un accès équitable à l’hôpital et à l’école  

 

Le communiqué revient sur les actions réalisées dans des quartiers d’habitats informels telles que Sada, Combani et Dembéni. Aux yeux des associations, elles « soulèvent de fortes préoccupations lorsque des familles avec enfants se retrouvent sans solution effective de mise à l’abri ou de relogement »« Pour les enfants concernés, ces interventions peuvent entraîner des ruptures majeures dans leur parcours de vie : déscolarisations, déplacements forcés, pertes de repères, séparations familiales, interruptions de l’accès aux soins ou encore aggravations de situations de grande précarité », ajoutent-elles.  

Autre préoccupation mise en avant : les « opérations de contrôle menée aux abords, voire au sein, de certains centres de santé publics et d’établissements scolaires ». Les organismes estiment que « si la protection des élèves et des personnels éducatifs constitue une priorité, ces interventions doivent être strictement encadrées afin de ne pas compromettre le droit à l’éducation ni créer un climat d’anxiété pour les enfants ».  

Unicef France, HRW, la Cimade et Médecins du monde mettent en avant la nécessité que l’école et l’hôpital demeurent « des lieux sûrs, protecteurs et accessibles à tous les enfants, sans discrimination liée à leur origine, leur situation administrative ou celle de leur famille »

 

La nécessité de ne pas interrompre la scolarité 

 

Les acteurs associatifs évoquent aussi le « contexte déjà marqué par des fragilités structurelles profondes, renforcées par les conséquences du cyclone Chido ». Cela englobe « pauvreté, difficultés d’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’hébergement et aux services essentiels ». Pour les organisations « la répétition d’opérations intensives, si elle n’est pas accompagnée de garanties sociales suffisantes, risque d’aggraver les ruptures de parcours et les situations de non-recours aux droits »

« Nous rappelons que la France est tenue de respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains et de droits de l’enfant. Toute décision publique susceptible d’affecter des enfants doit faire de leur intérêt supérieur une considération primordiale », peut-on également lire. 

Les ONG émettent plusieurs recommandations destinées aux pouvoirs publics. Figurent par exemple l'évaluation préalable et systématique de l’impact de ce type d’opérations sur les enfants et leurs familles ou encore la continuité de la scolarisation de tous les enfants, y compris en cas de déplacement, d’évacuation ou de démolition d’habitat. 

Elles affirment également que « la réponse aux difficultés rencontrées par le territoire ne peut reposer uniquement sur des opérations sécuritaires ponctuelles. Elle doit s’inscrire dans une politique publique durable, fondée sur la protection des enfants, l’accès effectif aux droits fondamentaux et l’investissement massif dans les services essentiels pour l’ensemble de la population ».  

 

Léanna Voegeli  

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