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Par Carenews INFO - Publié le 1 juillet 2026 - 09:00 - Mise à jour le 1 juillet 2026 - 09:00 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Communes et épisodes climatiques extrêmes : des dispositifs de prévention encore insuffisants

Reclaim finance et Data for good publient ce 1er juillet une cartographie des vulnérabilités des communes françaises face aux événements climatiques extrêmes. Les associations indiquent notamment une hausse des dépenses d’assurance multirisques entre 2020 et 2024.

Depuis 2020, 17 300 communes ont demandé la reconnaissance d’état de catastrophe naturelle, soit la moitié des communes françaises. Crédit : iStock
Depuis 2020, 17 300 communes ont demandé la reconnaissance d’état de catastrophe naturelle, soit la moitié des communes françaises. Crédit : iStock

 

Un quart des communes françaises seraient aujourd’hui vulnérables face aux impacts du changement climatique et à la dégradation des conditions d’assurance. C’est ce qu’affirment Reclaim finance et Data for good dans la cartographie Assurermaville.fr sur les vulnérabilités des communes face aux événements climatiques extrêmes. Le site propose un moteur de recherche où les utilisateurs peuvent évaluer le niveau de vulnérabilité de leur ville. 

Publié le 1er juillet, le projet révèle que 82 % des communes ont observé une hausse de leurs dépenses d’assurance multirisques entre 2020 et 2024. Sur la même période, certaines ont vu ces dépenses multipliées par 6. Pour les 18 % restants, la baisse de ces frais « provient en général d’une diminution des équipements assurés voire d’une suspension de contrat »« Dans les cas les plus extrêmes, certaines communes se retrouvent donc sans assureur pour protéger leurs biens face aux événements climatiques extrêmes (écoles, églises, autres bâtiments publics) », peut-on également lire.  

Pour mieux comprendre ces fragilités, les deux associations ont développé un indice de vulnérabilité qui repose sur quatre facteurs : exposition aux événements climatiques extrêmes, prévention des risques, situation économique et dépenses d’assurance. Leur objectif est de mettre à disposition des élus locaux et des citoyens un « outil qui offre une vision locale et nationale des difficultés vécues »

 

Une exposition inégale aux épisodes climatiques extrêmes 

 

Autre enseignement : depuis 2020, 17 300 communes ont demandé la reconnaissance d’état de catastrophe naturelle, soit la moitié des communes françaises. 40 % des dommages assurés sont causés par des inondations, contre 20 % pour le retrait-gonflement des argiles (RGA). Ce phénomène concerne les maisons construites sur un sol argileux qui est très sensible aux variations de teneur en eau. Il peut donc gonfler quand l’apport en eau est important en période pluvieuse ou humide. D’après la cartographie, la part des dommages assurés causés par le retrait gonflement des argiles risque fortement d’augmenter. Les coûts estimés sont supérieurs à 40 milliards d’euros d’ici à 2050. 

Le site relève une exposition inégale à de tels épisodes. « Selon le nouveau zonage publié en janvier 2026 par le ministère de la Transition écologique et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), 55 % du territoire est classé en exposition moyenne ou forte, particulièrement en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou encore dans le Centre-Val-de-Loire », indique la cartographie. Aussi « les territoires dits d’outre-mer sont eux de plus en plus confrontés à l’augmentation de la fréquence des vents cycloniques et des inondations »

 

Des ressources financières inégales selon les communes 

 

Reclaim finance et Data for good décrivent des dispositifs de prévention « insuffisants ». Les organisations soulignent que « 64 % des communes ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle depuis 1982 ». Pour beaucoup d’entre elles, « l’État n’a toujours pas mis en place de Plan de prévention des risques naturels (PPRN). La prescription de ce type de dispositif relève pourtant de ses compétences », ajoutent-elles. Le préfet de la Manche définit le PPRN comme « un document réglementaire qui délimite les zones soumises à un risque naturel (inondation, littoral, mouvement de terrain...) et qui réglemente l’utilisation et l’occupation des sols sur ces zones »

Sur les 12 000 communes qui disposent d’au moins un PPRN inondation ou RGA, la cartographie indique le caractère obsolète de beaucoup de ces plans qui « nécessitent une mise à jour »« En moyenne, les PPRN inondation dont disposent les communes françaises ont été mis en place il y a plus de 16 ans. Les PPRN RGA [...] il y a plus de 14 ans en moyenne »

Aussi, les ressources financières peuvent être inégales selon les communes. 3 % des communes enregistrent des dépenses d’assurance multirisques qui représentent plus de 5 % de leur budget annuel. Les petites communes (budget annuel inférieur à 200 000 euros) sont particulièrement impactées par « le coût de leurs couvertures d’assurance multirisques »« Pour 7,5 % d’entre elles, ces dépenses représentent plus de 5 % de leur budget annuel »

 

Léanna Voegeli  

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