COP17 désertification : les États repoussent l'accord sur la sécheresse à 2028
Le sommet international s'est achevé le 28 août à Oulan-Bator en Mongolie. Si plusieurs financements dédiés à la restauration des terres ont été annoncés, certains sujets n'ont pas été mis sur la table, notamment en raison de blocages attribués aux États-Unis.
« De nombreux points à l'ordre du jour ont été bloqués et plusieurs questions de fond ont été reportées à la COP 18 », déplore l'Institut international pour le développement durable (IISD).
Ce bilan mitigé conclut la 17ᵉ conférence des parties de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification qui s'est tenue du 17 au 28 août à Oulan-Bator en Mongolie. Organisé tous les deux ans, ce sommet vise à lutter contre la dégradation des sols dans les zones sèches, un phénomène aggravé par le changement climatique et les activités humaines. L'enjeu est colossal : la désertification touche aujourd'hui 40 % des terres de la planète.
Comme en 2024, les pays n'ont pas trouvé d'accord sur un protocole dédié à la sécheresse. Soutenu par le groupe Afrique, il obligerait les signataires à mettre en place des plans nationaux pour mieux appréhender ce phénomène climatique problématique. Les discussions sont donc repoussées à 2028, lors de la prochaine COP en Égypte.
Une plateforme pour faciliter les investissements contre la sécheresse
Côté financements, un portefeuille de 1,3 milliard de dollars a été annoncé. Son objectif est de soutenir des projets de restauration des terres et de lutte contre la sécheresse dans 23 pays. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) juge cette décision importante.
Une plateforme visant à faciliter le financement de ce type de projets a aussi été créée. Baptisée Mécanisme d'investissement pour la résilience à la sécheresse (DRIF), elle est censée mobiliser « jusqu'à 400 milliards de dollars américains de capitaux publics et privés [...] dans la sécurité hydrique, l'agriculture durable, les solutions fondées sur la nature et la restauration des terres. »
En parallèle, le Partenariat mondial de Riyad pour la résilience face à la sécheresse, lancé lors de la précédente COP, a poursuivi ses travaux en vue de créer un fonds commun destiné à soutenir environ 70 pays particulièrement vulnérables aux sécheresses.
Des discussions bloquées par les États-Unis
Ces annonces restent toutefois très éloignées des besoins. Selon le Secrétariat de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), 355 milliards de dollars seraient nécessaires chaque année d'ici à 2030 pour respecter les engagements mondiaux en matière de restauration des terres. Or, 77 milliards de dollars sont actuellement investis chaque année, souligne-t-il dans un communiqué.
Le sommet a aussi été marqué par plusieurs engagements nationaux. Le Brésil a par exemple présenté un nouvel objectif en matière de neutralité des sols d'ici 2030. Le pays prévoit de restaurer ou de récupérer plus de 163 000 km² de terres, notamment grâce au développement de systèmes agroforestiers.
Par ailleurs, des sujets tels que l'égalité femmes-hommes ou la coopération entre les conventions liées à la désertification, au climat et à la biodiversité n'ont pas été abordés. Les discussions auraient été bloquées par les États-Unis, selon une source diplomatique citée par l’Agence France Presse.
Des représentants d'ONG et d'autres organisations de la société civile ont également été exclus de certains débats. L'UICN a alors rappelé que « la dégradation des terres ne pourra être enrayée sans la participation pleine et entière des personnes les plus touchées. »
Léanna Voegeli 