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Par Carenews INFO - Publié le 9 juin 2026 - 12:00 - Mise à jour le 9 juin 2026 - 16:15 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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IA dans les associations et fondations : un usage massif mais encore peu encadré

Dans sa dernière étude, France générosités fait le point sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein des organismes sans but lucratif (OSBL). 42 % des répondants soulignent une absence de financement associé aux outils d’IA.

Ce mardi 9 juin, France générosités a publié son étude 2026 sur l'utilisation de l'IA au sein des associations et des fondations. Crédit : iStock
Ce mardi 9 juin, France générosités a publié son étude 2026 sur l'utilisation de l'IA au sein des associations et des fondations. Crédit : iStock

 

86 % des professionnels des associations et fondations qui font appel à la générosité utiliseraient déjà l’Intelligence artificielle (IA) dans leurs missions. Cependant, près d’un sur deux (47 %) le ferait hors d'un cadre défini par leur organisation (« shadow IA »). C’est ce que révèle l’étude 2026 de France générosités sur l’usage de l’IA au sein des organismes sans but lucratif (OSBL). 

63 % des répondants situent leur organisation dans une démarche proactive vis-à-vis de l’IA. Parmi les organisations ayant une démarche proactive, seules 28 % ont effectivement déployé ou sont en train de déployer de tels outils. L’étude de France générosités précise que « les autres sont en phase de réflexion ou de tests, sans que cela se soit traduit par des changements opérationnels concrets ». 37 % des sondés décrivent en effet une posture passive ou réfractaire vis-à-vis de l’IA et dans cette catégorie une grande majorité serait en « simple veille sans s’être saisi[e] du sujet ».  

Par ailleurs, une « opposition franche à l’IA » est citée par seulement 2,9 % des répondants

 

Petites structures : une absence de financement des outils IA plus marquée 

 

Sur la nature des obstacles nommés par les OSBL en la matière, la difficulté à comprendre ou à implémenter les outils d’IA occupe la première position (58 %). En deuxième et troisième places figurent respectivement le manque d’acculturation de la gouvernance (53 %) et la difficulté à trouver un outil répondant aux normes éthiques de leurs organisations (45 %). Aussi, le manque de ressources financières et RH constitue un frein pour 27 % des sondés. 

La question du financement est également abordée. 42 % des professionnels interrogés notent une absence de financement associé aux outils d’IA« Autrement dit, les outils sont utilisés sans budget identifié soit parce qu'ils sont gratuits, soit parce qu'ils sont intégrés dans des abonnements existants, soit parce que les coûts ne sont tout simplement pas tracés », peut-on lire dans l’article de synthèse de l’étude. Concernant les organisations qui identifient un budget dédié, 52 % des répondants déclarent utiliser leurs fonds propres. En revanche, très peu de fonds sont issus de la générosité du grand public (13 %), du mécénat d’entreprises (6 %) et des subventions (4 %). 

D'ailleurs, l’absence de financement dédié aux outils IA est plus marquée dans les structures qui comptent moins de 50 salariés. « L'adoption de l'IA repose pour l'instant sur des fonds propres, sans stratégie de financement diversifiée. À terme, cela risque de creuser les inégalités entre grandes structures bien dotées et petites organisations contraintes à l'autofinancement », s’inquiètent les auteurs de l’étude. 

 

ChatGPT : un outil très mobilisé 

 

De manière générale, l’utilisation de l’IA est perçue de façon positive par les OSBL, notamment pour le reporting (bilan, rapports d’activité, etc.) en interne (66 % des répondants). Viennent ensuite les usages liés à l’organisation interne (42,4 %) et à la stratégie (32,8 %).  

Cependant, les enjeux liés à la gouvernance des données inquiètent 18,5 % des professionnels sondés« presque au même niveau que les impacts positifs perçus pour cet item (21 %) »« Ce résultat semble traduire les tensions au sein des organisations autour de la protection des données, de la conformité RGPD et des risques liés au traitement de données sensibles par des outils IA externes », souligne l’étude. 

Sur les manières dont l’IA est employée par les professionnels des associations et fondations, les usages rédactionnels sont clairement majoritaires (88 %). Ils sont suivis par la veille et la recherche d’informations (68,5 %). En revanche, les usages plus avancés sont moins fréquents. Par exemple, 21 % des sondés déclarent utiliser l’IA en matière de pilotage des résultats. Cela désigne le suivi et l’analyse des résultats pour orienter les actions de la structure. Aussi, seuls 14,6 % des répondants se servent de l’IA pour leur stratégie de collecte de fonds.  

Sur les outils d’IA mobilisés, ChatGPT domine largement (cité par près de 2 répondants sur 3 soit 65,6 % des sondés). Microsoft Copilot est utilisé par environ 2 répondants sur 5 soit 42,2 %. L’enquête indique que « l’utilisation de ChatGPT est significativement plus faible parmi les structures ayant adopté une charte éthique ». De manière générale, cet outil est beaucoup moins cité par les répondants qui travaillent dans de plus grandes structures (44,3 % des organisations de plus de 250 salariés). À l’inverse, l’outil est mentionné par 75,9 % des salariés des organisations comptant moins de 20 salariés.  

 

Des perspectives sur les usages futurs 

 

Quant à l’utilisation de l’IA en matière de collecte de fonds, plus de deux tiers des sondés déclarent ne pas y recourir (27,7 %) ou ne pas savoir si elle est utilisée dans leur organisation (39,6 %). France générosités qualifie ce résultat de « surprenant pour un secteur dont la mission repose sur sa capacité à mobiliser des donateurs ». Toujours sur cette question, parmi les professionnels qui l’utilisent, l’IA est principalement mobilisée pour l’e-mailing (25 % des répondants), suivi des réseaux sociaux (21 %) et du mailing papier (16 %). Le search (référencement et publicité en ligne) n’est mis en avant que par 7 % des répondants pour les pratiques actuelles.  

Cependant, lorsqu’on interroge les mêmes personnes sur les canaux de collecte de fonds où l’IA pourrait être la plus utile à l’avenir, une évolution nette apparaît. L’e-mailing (47,7 %) reste certes en tête, mais le search atteint 38,6 % et est cité à égalité avec les réseaux sociaux. « Cela peut traduire une prise de conscience croissante des opportunités offertes par l'IA dans le domaine du référencement et de la visibilité en ligne, notamment dans un contexte de montée en puissance des moteurs de recherche génératifs », peut-on lire. 

 

Léanna Voegeli  

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