Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 15 janvier 2026 - 16:50 - Mise à jour le 15 janvier 2026 - 18:34 - Ecrit par : Léanna Voegeli
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

« Migrations et climat » : une exposition qui croise données scientifiques et récits de vie

L’impact de l'évolution climatique sur les déplacements humains et non humains fait l’objet d’une exposition qui se déroule au Palais de la Porte dorée jusqu’au 5 avril. Le rendez-vous parisien donne la parole aux personnes directement concernées.

Petero by Cliff, Fiji, 2023. Crédit : Nick Brandt – Galerie Polka. Photographie à retrouver au Palais de la Porte Dorée.
Petero by Cliff, Fiji, 2023. Crédit : Nick Brandt – Galerie Polka. Photographie à retrouver au Palais de la Porte Dorée.

 

« Comment habiter notre monde ? » C’est la question à laquelle tente de répondre l’exposition « Migrations et climats » qui se déroule actuellement au Palais de la Porte dorée, à Paris. L’événement aborde les conséquences du changement climatique sur les dynamiques des migrations humaines et non humaines. 

La visite est rythmée par des photographies documentaires, des extraits de bandes dessinées, des courts-métrages, des peintures mais aussi d'autres types d’œuvres d’art contemporaines. « Mettre en regard des données scientifiques et des visages humains, voilà le pari de cette exposition », souligne Constance Rivière, directrice générale du musée, dans le dossier de presse de l’exposition. 

 

La vulnérabilité des populations face aux phénomènes environnementaux 

 

Dans la première section de l’exposition, intitulée « Migration climatique, rien de nouveau sous le soleil ? », le visiteur découvre des objets très variés : pointes de sagaie utilisées par les hommes préhistoriques après le retrait des glaciers dans le massif de la Chartreuse, ou encore cloches pastorales employées dans les Alpes lors des transhumances (fin du XIXᵉ et début du XXᵉ siècles). L’ensemble compose un panorama historique des déplacements humains liés aux phénomènes naturels

 

partie 1 de l'expo

Des personnes découvrent la première partie de l'exposition. Crédit : Quentin Chevrier

L’exil est notamment abordé via le départ forcé de nombreux ouvriers américains dans les années 1930. Les causes ? Une période de grande sécheresse dans les régions du Kansas, de l’Oklahoma et du Texas, combinée au krach boursier du début de siècle. Ce sont les photographies en noir et blanc de Dorothea Lange qui illustrent cet épisode.   

 

dorothea lange

Des visiteurs s'arrêtent sur les photographies de Dorothea Lange. Le visuel observé se nomme Migrant Mother et date de 1936. Crédit : Quentin Chevrier

« La vulnérabilité des populations face aux aléas climatiques a toujours été source de crainte », indique le dossier de presse. C’est ce que rappelle la présence d’objets considérés comme « magiques » destinés à se protéger des intempéries, mais aussi d’œuvres qui symbolisent la puissance des forces naturelles. Une lithographie sur papier (1866) montre Saint Donat, patron invoqué contre les orages et les intempéries. 

 

Que faire face au changement climatique ? 

 

« L’objectif est de faire une large place aux personnes concernées », explique Constance Rivière. Ainsi, la deuxième partie de l’exposition montre les répercussions du changement climatique sur plusieurs populations du monde : de la Vendée à Mayotte et du delta du Mékong aux îles du Pacifique.  

Dans cette optique, est mis en avant le témoignage des personnes touchées comme celui des Mahorais, victimes du cyclone Chido en 2024. Pour écouter les récits, un casque audio est relié à une bâche utilisée après le passage de la tempête pour protéger le toit d’une habitation. La vidéo est également utilisée pour relater les vécus des uns et des autres, notamment dans un court-métrage qui donne la parole aux habitants de l'Isle de Jean Charles (Sud de la Louisiane) qui disparaît progressivement sous la mer.

L’exposition pousse aussi à s’interroger sur les solutions existantes. Doit-on instaurer un statut de réfugié climatique ? Quelles sont les politiques instituées dans les zones atteintes ? Et quelles réponses des institutions internationales ? La troisième partie de la visite porte sur ces questions. 

 

Que faire ?

Crédit : Cyril Zannettacci

La photographie “Boat school” d’Abir Abdullah illustre par exemple l’adaptation des habitants du delta du Gange (Bangladesh) face aux inondations amplifiées par le réchauffement climatique. Des bateaux permettent aux écoliers d’accéder aux écoles ou encore aux bibliothèques. 

 

boat school

Boat school, 2022. Crédit : Abir Abdullah - À retrouver au Palais de la Porte dorée.

 

Les enjeux de biodiversité au Sénégal, au Groenland et dans les îles du Pacifique clôturent le parcours. Les œuvres présentées abordent les nombreux liens qui subsistent dans ces régions entre mer, migrations et climat. Historiquement dépendants de la pêche, les Sénégalais font face à diverses perturbations comme la surpêche artisanale et industrielle ou encore le réchauffement des eaux.

Certains professionnels de la pêche se voient contraints de changer de métier et d'autres décident de rejoindre l’Europe. Des photographies abordent également les conditions de vie des Inuits affectées par l’évolution du climat, ainsi que la montée du niveau des eaux qui mettent en danger les îles du Pacifique. 

L’exposition se tient jusqu’au 5 avril. 

 

Léanna Voegeli  

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer