Plus d’un Français sur trois est éco-anxieux
Depuis 2023, l'Observatoire de l'éco-anxiété (Obseca) mesure ce phénomène en France. Les premiers résultats de son étude, dont les données complètes seront publiées fin septembre, confirment « les tendances de fond déjà identifiées », mais révèlent aussi l'impact de l'été caniculaire qu'ont connu les Français en 2026. Même les 35-64 ans se déclarent « significativement » plus fatalistes face au changement climatique.
Plus d'un Français sur trois (36 %) fait face à un niveau d'éco-anxiété élevé voire très élevé, soit 20 % de plus qu'en 2024, indiquent les premiers résultats d'une étude de l'Observatoire de l'éco-anxiété (Obseca). La structure évalue à 15,1 millions le nombre d'éco-anxieux alors qu'ils étaient 12,5 millions il y a deux ans. Pour rappel, l'éco-anxiété se définit par une détresse psychologique ou un mal-être qui découle des inquiétudes face à la crise environnementale.
L'Obseca mesure ce phénomène depuis 2023 et les chiffres complets de l'édition 2026 seront publiés à la fin du mois de septembre.
L'enquête réalisée du 17 au 24 juillet auprès de 1060 répondants de 15 à 64 ans confirme « les tendances de fond déjà identifiées ». L'Observatoire note cette fois que le phénomène n'est plus seulement structurel (éco-anxiété qui perdure depuis les premières mesures de l'étude hors périodes caniculaires), mais aussi conjoncturel : c’est aussi une « réaction aux événements climatiques d'envergure qu'ont connus les Français durant l'été 2026 sur tout le territoire hexagonal ».
96,7 % des sondés déclarent avoir été exposés à la canicule cet été et ceux qui la subissaient au moment de l'enquête sont 18,1 % plus concernés par l'éco-anxiété que les autres.
Une éco-anxiété plus élevéE en zone urbaine
Nouvelle évolution à prendre en compte : les écarts d'éco-anxiété entre régions se sont effacés en 2026. « En 2024, la région parisienne affichait une éco-anxiété significativement supérieure aux régions les moins concernées (Nord-Est et Sud-Ouest) », peut-on lire.
Même constat au sujet de l'écart hommes-femmes. En 2026, l'écart est de 0,5 (les hommes obtenant en moyenne un score d’éco-anxiété de :10,5/39, contre11/39 pour les femmes), contre 1,6 entre 2024 (9,1/39 pour les hommes, 10,7/39 pour les femmes). « Mais parmi les cas les plus sévères, les hommes sont toujours nettement sur-représentés : 54 % des "très fortement éco-anxieux" et 70 % des "en risque psychopathologique" sont des hommes. »
Chez les Français qui vivent dans un logement climatisé, le score d'éco-anxiété n'est pas supérieur aux autres. Cependant, « l'exposition professionnelle directe à la chaleur et la vie en zone urbaine dense s'accompagne d'une éco-anxiété plus élevée ». La différence est de 25 % entre les moins exposés et les plus exposés à la chaleur et de 62 % entre les zones les plus denses et les moins denses dans l'échantillon.
Un phénomène largement observé chez les cadres supérieurs
Les incendies, les canicules et l’extinction des espèces sont les trois catastrophes qui inquiètent le plus les Français (respectivement 47 %, 44 % et 41 % des répondants). La montée des eaux obtient le score le plus bas dans la population générale (22 % de très inquiets) alors qu'elle effraie davantage la classe des « très fortement éco-anxieux » (58 % des très inquiets).
L'Obseca indique que toutes les catégories socio-professionnelles sont touchées par l'éco-anxiété. Parmi elles, celle des cadres supérieurs l'est le plus, avec 31% « fortement » et « très fortement » concernés. Les retraités le sont le moins, avec un score de 0% de « fortement » et « très fortement » anxieux, selon l’étude.
La tranche d'âge la plus sujette à ce phénomène est celle des 15-24 ans. Mais même si les 35-64 ans sont moins angoissés vis-à-vis du changement climatique, ils se disent « significativement » plus fatalistes en 2026.
Les chercheurs abordent également deux facteurs qui contribuent à une santé mentale positive. « À niveau d'éco-anxiété constant, le "soutien organisationnel perçu" au travail, pour agir en faveur de l’environnement, et la "réorientation active" (garder une espérance qui donne envie d'agir) améliorent la satisfaction de vie », précisent-ils.
En attendant de découvrir tous les détails de l'étude, vous pouvez déterminer si vous aussi êtes touché par l'éco-anxiété en faisant le test en ligne.
Léanna Voegeli 