Réseaux sociaux : une présence croissante des associations et fondations
Les organisations du secteur de la générosité continuent de développer leur présence sur les réseaux sociaux, mais les dynamiques évoluent. Si Facebook conserve une audience importante, Instagram, TikTok et YouTube affichent les plus fortes progressions selon la nouvelle édition du Baromètre des réseaux sociaux de France générosités.
Quelle est la place des réseaux sociaux dans l’activité des associations et fondations ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre France générosités dans un baromètre qui mesure chaque année la présence sociale des structures de la générosité.
L’édition 2026 se concentre sur les tendances de 56 organismes sans but lucratif (OSBL). « Les comparatifs inclus dans ce baromètre se font sur le critère de la taille des communautés », peut-on lire.
Concernant Facebook, 64 % des structures ont vu leur nombre d’abonnés augmenter de 1 % (-13 points par rapport à 2025), pour une audience totale de 11,8 millions de personnes. France générosités constate « une tendance positive sur le long terme mais un ralentissement marqué de la croissance ». Le réseau connaissait auparavant « une évolution moyenne par an de 3 % ».
Instagram : des écarts visibles selon la taille des organisations
La dynamique est toute autre pour Instagram avec une communauté moyenne qui « a été multipliée par sept en sept ans ». Concrètement, le nombre d’abonnés de 100 % des structures a augmenté, de 20 % en moyenne, soit une base cumulée de 3,4 millions de followers. Un rebond net est observé entre 2025 et 2026. « Le développement des collaborations avec les médias et influenceurs, des outils de création de contenu plus accessibles, et une professionnalisation croissante des métiers du digital au sein des structures » font partie des explications citées.
Le baromètre souligne des écarts entre les structures et les attribue à des « facteurs structurels » tels que des « ressources humaines et financières inégales, une notoriété historique qui avantage certains acteurs, un environnement très concurrentiel, et un intérêt du public plus fort pour certaines thématiques que d'autres ». L’écosystème est de « plus en plus exigeant en ressources (nouvelles fonctionnalités, contenus vidéo, intégration de l’IA, stratégies de collaboration) », peut-on lire. Concrètement, certaines structures ont connu des progressions spectaculaires, dont une à +223 %, face à d’autres dont la croissance se situe entre 0 et 5 %.
Linkedin bénéficie d'une image positive
À propos de LinkedIn, le nombre d’abonnés de 96 % des organisations a augmenté, de 14 % en moyenne (-4 points par rapport à 2025), soit un total de 4,2 millions de personnes. Même si quelques OSBL connaissent une baisse ou une stagnation de followers, « 20 structures du panel affichent une progression supérieure à 20 % ». La progression reste conditionnée aux stratégies de contenu déployées : « c’est la qualité et la régularité éditoriale qui font la différence ». De plus, LinkedIn « bénéficie d’une image perçue comme moins toxique que d’autres réseaux sociaux et ce, malgré des tentative d’ouverture au grand public (nouvelles réactions, formats, vidéo verticale...) ».
TikTok tire aussi son épingle du jeu avec un nombre d'abonnés qui a progressé pour 94 % des structures, en moyenne de 41 % (+11 points par rapport à 2025), soit un total de 680 000 personnes. Dans le panel, 36 organisations ont un compte Tiktok, dont trois nouvelles arrivantes depuis 2025. La dynamique « reste donc très forte » avec une « évolution moyenne annuelle de 42 % depuis 2022 ». Pour capter de nouveaux auditeurs, la plateforme privilégie les « contenus authentiques, immersifs et “vécus” ».
À propos de Youtube, le taux d’engagement des 56 associations et fondations étudiées y reste fort. 100 % d’entre elles ont vu leur nombre d’abonnés augmenter, de 18 % en moyenne, ce qui représente une communauté de 988 000 personnes. La plateforme vidéo serait « le seul réseau étudié qui montre une telle dynamique collective ».
Bluesky peu perçu comme un véritable concurrent de X
Enfin, ce qui concerne le trio Bluesky, Threads et Mastodon, les progressions varient. L’audience de Bluesky continue de grandir mais plutôt faiblement. Le réseau est souvent perçu comme « une alternative de “gauche” ou une chambre progressiste/libérale, plutôt que comme une vraie concurrence universelle » de son prédécesseur X. 38 OSBL sur 56 y sont présentes, et rassemblent 63 000 abonnés sur cette plateforme, dont le nombre a augmenté de 35 % en un an.
Quant à Threads, son lien avec Instagram joue en sa faveur, mais « n’est pas encore parvenu à devenir un réseau conversationnel de débat et d’engagement ». 30 organisations y sont présentes, cumulant un total de 214 000 abonnés, soit une hausse de 14 %.
Du côté de Mastodon, seules neuf structures y sont présentes. Elles comptabilisent 4500 abonnés, soit une hausse de 35 % en un an. Le baromètre souligne cependant qu’il « reste très complexe à comprendre / prendre en mains par les utilisateurs ».
Léanna Voegeli 