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Par Carenews INFO - Publié le 12 mai 2026 - 17:21 - Mise à jour le 12 mai 2026 - 17:26 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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« Soit tu acceptes un mari, soit on te tue » : Amnesty international dépeint la violence infligée aux femmes en RDC

Dans un rapport publié le 5 mai, l’ONG de défense des droits humains revient sur les attaques des Forces démocratiques alliées (ADF) à l’encontre des civils en République démocratique du Congo (RDC). Les femmes et les filles sont les premières victimes de ces violences.

Dans un rapport publié le 5 mai, Amnesty international revient sur les violences dont sont victimes les civils en RDC. L'ONG recense les exactions commises par les Forces démocratiques alliées (ADF). Crédit : iStock.
Dans un rapport publié le 5 mai, Amnesty international revient sur les violences dont sont victimes les civils en RDC. L'ONG recense les exactions commises par les Forces démocratiques alliées (ADF). Crédit : iStock.

 

Enlèvements, travail forcé, recrutement et utilisation d’enfants, violences et crimes visant les femmes et les filles (mariages et grossesses forcées, diverses autres formes de violences sexuelles). Ces attaques qui touchent des civils sont recensées par Amnesty international dans un rapport sur la situation en République démocratique du Congo (RDC) publié le 5 mai. L’ONG de défense des droits humains revient sur les violences commises par les Forces démocratiques alliées (ADF) à l’encontre de la population civile.  

« Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la population civile subit une multiplication des atteintes aux droits humains imputables aux combattant·e·s des Forces démocratiques alliées (ADF) qui s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », a déclaré l'organisation. 

Amnesty international rappelle que les ADF sont nées de la fusion de divers groupes d’opposition dans les années 1990 en Ouganda. Ces groupes se sont ensuite réfugiés au Zaïre (aujourd’hui la RDC). « En 2019, l’État islamique a officiellement reconnu l’allégeance des ADF, qui sont alors devenues l’État islamique en Afrique centrale », peut-on lire.  

« Ces attaques sont perpétrées dans de vastes zones de l’est de la RDC, où le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé soutenu par le Rwanda, se livre aussi à des attaques ». Pour Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty international, « les violences perpétrées par les ADF contribuent à l’escalade de la crise humanitaire »

« Ici, on donne des époux à des filles de 12 ans » 

 

De nombreuses agressions sont perpétrées à l’encontre des femmes et des filles. Plusieurs d’entre elles ont « déclaré avoir été converties de force à l’islam et soumises à un endoctrinement à la version de la religion pratiquée par le groupe ».  

Celles interrogées par l’ONG ont ajouté « que des femmes formatrices et des chefs de camps leur avaient explicitement dit qu’elles devaient accepter les “époux” qui leur avaient été attribués, sous peine d’être tuées »Plusieurs ont notamment été contraintes d’« assister aux meurtres de femmes ayant refusé d’obéir aux ordres »

Concernant les mariages forcés, le rapport retranscrit un échange relaté par une jeune femme avec un chef de camp :  

« J’ai dit que j’étais encore jeune. Il m’a demandé quel âge j’avais. J’ai répondu que j’avais 16 ans ». 

 « Il a dit : “C’est [un âge] suffisant. Ici, on donne des époux à des filles de 12 ans. Soit tu acceptes un mari, soit on te tue.” » 

La jeune femme a aussi abordé les mauvais traitements « qui lui avaient été infligés à maintes reprises par son “époux”, qui avait menacé de la “massacrer” si elle tentait de fuir ».  

Des difficultés d’accès aux soins médicaux 

 

Amnesty international déplore la diabolisation de ces femmes par leur entourage. Six des sept interrogées qui ont été « mariées » ont indiqué être tombées enceintes. Cependant, lorsqu’elles ont « réussi à échapper à l’esclavage sexuel et à la servitude domestique, elles ont été soupçonnées et stigmatisées ».  

 

Les violences perpétrées par les ADF contribuent à l’escalade de la crise humanitaire".

Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty international.

 

Par exemple, « une femme a déclaré que ses beaux-parents avaient demandé avec tellement d’insistance que les deux enfants qu’elle avait eus dans la brousse soient tués qu’elle en était presque arrivée à se suicider ».

Par ailleurs, « plusieurs personnes avec qui Amnesty international s’est entretenue ont indiqué qu’elles avaient été confrontées à de graves difficultés économiques après avoir été libérées par le groupe et peinaient à obtenir des soins médicaux et spécialisés »

« Redoubler d’efforts pour protéger les civils » 

 

L’ONG souligne l’importance d’une plus grande protection des civils par les autorités de la RDC. Pour ce faire, elle leur suggère de travailler avec l’ONU et les populations locales « afin d’améliorer les mécanismes d’alerte précoce et de permettre une réponse rapide en amont des attaques ».  

Elle prône « une approche complète de la sécurité et « de la justice ». Elle est aussi pour « l’obligation de rendre des comptes » et milite en faveur d’« un véritable programme de réinsertion ». L’objectif est ici de « répondre aux besoins des populations des victimes »

« Le gouvernement congolais doit prendre des mesures beaucoup plus fortes pour assurer la protection des civil·e·s. La communauté internationale doit aider fermement l’État congolais à redoubler d’efforts pour protéger les civil·e·s, garantir la justice et fournir aux victimes une aide durable sur le long terme », a ajouté Agnès Callamard. 

 

Léanna Voegeli  

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