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Par Chroniques philanthropiques par Francis Charhon - Publié le 20 janvier 2026 - 17:00 - Mise à jour le 20 janvier 2026 - 17:00
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Enfance et jeunesse en difficulté, état des lieux

De la petite enfance aux « grands jeunes » jusqu’à 25 voire 30 ans, la notion de jeunesse en difficulté n’a cessé de s’élargir et de se complexifier. Dans cet entretien, Nicolas Truelle, ancien directeur général de la Fondation Apprentis d’Auteuil, retrace l’évolution historique et sociale de ces catégories, met en lumière la diversité des situations et alerte sur les limites d’un système aujourd’hui sous forte tension, malgré la richesse des dispositifs existants.

Nicolas Truelle, ancien directeur général de la Fondation Apprentis d’Auteuil.
Nicolas Truelle, ancien directeur général de la Fondation Apprentis d’Auteuil.

 

La notion de jeunesse en difficulté, une constante évolution

 

  • Nicolas Truelle, vous avez été pendant neuf ans directeur général de la Fondation Apprentis d’Auteuil, directement confronté aux situations de jeunes en difficulté. Pouvez vous nous aider à voir clair dans les différentes catégories de jeunes ? Entre la petite enfance, l’adolescence et les apprentis, les situations et les prises en charge sont très différentes. Existe-t-il une catégorisation administrative stable, ou s’agit-il plutôt de catégories de représentation, qui évoluent avec le temps ? Le sujet est important, quand on sait qu’environ trois millions d’enfants vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, dont près de 600 000 dans l’extrême pauvreté.

 

NT : Savoir ce qu’est un jeune et plus encore ce qu’est un jeune en difficulté est au cœur de la mission d’Apprentis d’Auteuil. C’est une notion qui a profondément évolué dans le temps.

À l’origine, dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, la définition était à la fois simple et brutale: le jeune en difficulté était celui qui relevait du délit de vagabondage. Un enfant ou un adolescent, souvent dès 12 ans, qui errait dans la rue pouvait être envoyé en prison. C’est précisément cette réponse pénale à la misère sociale qui a conduit à la création d’Apprentis d’Auteuil.

Ce rappel historique permet de mesurer l’ampleur du changement. Au XIXᵉ siècle, un jeune en difficulté était essentiellement un adolescent. Depuis, le champ n’a cessé de s’élargir, dans deux directions.

  • D’un côté, vers le haut. L’entrée dans la vie adulte : accès à l’emploi, à l’autonomie, à la vie sociale est aujourd’hui reconnue comme une période plus longue et plus fragile. On parle de « grands jeunes », notamment les NEETs (ni en emploi, ni en études, ni en formation), principalement entre 16 et 25 ans. Certaines politiques publiques vont désormais au-delà, comme l’apprentissage, accessible jusqu’à 29 ans. Ces dispositifs ne qualifient pas en eux-mêmes une difficulté, mais ils répondent à des parcours plus incertains.      
  • De l’autre côté, on est progressivement remonté vers l’amont. À partir du décrochage scolaire, défini initialement pour les plus de 16 ans, on a identifié des difficultés dès le collège, puis à l’école primaire, et enfin dès la petite enfance. On en est arrivé à constater que certaines situations de fragilité apparaissent dès la naissance, liées notamment aux difficultés rencontrées par les parents.

 

Aujourd’hui, il faut donc accepter cette réalité : la difficulté peut commencer à la naissance et se prolonger jusqu’à près de 30 ans. Cette amplitude est considérable. Elle a conduit à une attention accrue des politiques publiques, des « mille premiers jours » à l’autre extrémité du spectre avec le contrat d’engagement jeune destiné à éviter que des jeunes disparaissent des radars institutionnels. La diversité est tout aussi grande dans la nature des difficultés. Certaines sont repérables par des institutions bien identifiées : décrochage scolaire, chômage, absence de formation, suivis par l’école, les missions locales ou France Travail. D’autres relèvent d’un champ distinct mais central : celui de l’enfance en danger, de la maltraitance et de la protection de l’enfance, mobilisant les juges pour enfants, les conseils départementaux et les services sociaux. Mais on pourrait aussi citer les questions de délinquance bien connues de la protection judiciaire de la jeunesse, les questions de santé, en particulier de santé mentale ou les questions de handicap.

Les ordres de grandeur donnent la mesure du phénomène : environ un million de jeunes sans formation ni emploi ; 70 000 à 80 000 jeunes quittant chaque année le système scolaire sans diplôme ; 330 000 à 350 000 mineurs faisant l’objet d’une mesure de protection et selon la CIIVISE, près de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, majoritairement dans le cadre familial. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’on dispose de chiffres par catégories et par dispositifs, mais pas de vision globale et consolidée des jeunes en difficulté. Les situations se recoupent, se superposent et restent, pour partie, mal connues. C’est cette complexité à la fois administrative, sociale et humaine qui caractérise aujourd’hui l’enfance et la jeunesse en difficulté.

 

Petite enfance : prévention et protection

 

  • Lors de la toute première période de la vie, dès la naissance, lorsque des difficultés apparaissent, est-ce que les enfants relèvent alors de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ?

 

Non, l’ASE n’est ni la première ni la seule porte d’entrée dans les dispositifs publics et c’est un point essentiel. Autour de la naissance et de la petite enfance, il existe déjà tout un ensemble de dispositifs et de professionnels, (PMI, CCAS, CAF, crêches, hôpitaux, sages-femmes, accompagnements sociaux et médico-sociaux, …) capables d’intervenir au plus tôt et, de prévenir l’aggravation des difficultés. Toutefois, faute d’une coordination suffisante entre les acteurs de première ligne et d’un investissement plus fort dans la prévention et le soutien aux parents, les situations se dégradent jusqu’à parfois nécessiter une intervention judiciaire. Lorsque le juge intervient, il dispose alors d’un éventail de mesures, dont le placement, qu’il confie à l’aide sociale à l’enfance. Ce cadre judiciaire, indispensable pour protéger l’enfant, peut néanmoins produire un effet d’enfermement symbolique s’il  devient la voie d’entrée quasi systématique, faute d’alternatives en amont. C’est précisément pour éviter cela que des mesures intermédiaires et préventives ont été développées comme l’action éducative à domicile afin de sécuriser les situations sans aller jusqu’à la séparation. On sait aujourd’hui qu’un certain nombre de placements sont évitables et qu’il est souvent préférable, pour l’enfant comme pour sa famille, de maintenir le lien familial à condition d’être accompagné. La séparation, même lorsqu’elle est décidée dans l’intérêt de l’enfant par le juge, reste toujours un traumatisme. Ce que cela révèle, c’est un déséquilibre global du système : une prévention insuffisante, une intervention trop tardive, et une judiciarisation des situations qui auraient pu être stabilisées plus tôt.

 

Évolution des modes de prise en charge et saturation du système

 

  • J’ai le sentiment que le champ de la protection de l’enfance a évolué : d’un côté, la notion de famille d’accueil s’est élargie, en recherchant davantage des soutiens au sein de la famille élargie; de l’autre, on constate que l’accueil d’urgence est aujourd’hui très saturé. Comment ces deux dynamiques s’articulent-elles ?

 

Effectivement, ce sont deux évolutions concomitantes. L’élargissement des solutions de prise en charge est un apport important de la loi Taquet, avec la reconnaissance des tiers dignes de confiance. Il s’agit, le plus souvent, de membres de la famille, grands-parents, oncles, tantes qui ont déjà un lien avec l’enfant et peuvent, à condition d’être accompagnés, lui offrir un cadre sécurisant, bienveillant et éducatif. Cette approche permet de ne pas limiter la protection de l’enfance à un champ strictement professionnel et de préserver, lorsque c’est possible et sans danger, les liens familiaux. Mais dans le même temps, le système est soumis à une forte tension. Le nombre d’enfants faisant l’objet de mesures de protection augmente d’environ 3 % par an, malgré une démographie en baisse, tandis que le nombre de familles d’accueil ne progresse pas. Dans certains départements, l’ASE ou les associations chargées de mettre en œuvre les mesures de protection à la demande des service de l’ASE peinent à en recruter. Cela entraîne une saturation des dispositifs.

C’est le cas par exemple des dispositifs de « mesures ouvertes » dont certaines, pourtant décidées par les juges, ne sont pas éxéctuées ou alors si tardivement qu’elles ne répondent plus de manière adaptée aux besoins de l’enfant.  

Le manque de familles d’accueil ou de places en foyer est une autre conséquence. On constate alors que certains enfants restent  bloqués dans des services d’accueil d’urgence, faute de solutions pérennes.

 

Placement, durée et trajectoires de vie

 

  • Une fois qu’un enfant est placé, jusqu’à quel âge ces placements peuvent-ils durer ?

 

Les placements sont décidés très majoritairement par le juge pour enfants pour une durée maximum de 2 ans renouvelables, plus classiquement autour de 12 mois, et font l’objet de réévaluations régulières. À chaque étape, la même question est posée : quel est l’intérêt supérieur de l’enfant ? Faut-il poursuivre le placement ou envisager un retour, parfois progressif, au domicile, avec des dispositifs adaptés comme l’accueil de jour ou l’accompagnement éducatif à domicile ? Dans certains cas, les conditions d’un retour serein ne sont jamais réunies. Des enfants peuvent alors être placés très tôt et rester en famille d’accueil ou en institution pendant une grande partie, voire toute leur enfance et leur adolescence. Il n’y a pas de trajectoire unique, mais une grande diversité de situations.

 

  • Quand cela fonctionne, ces parcours peuvent malgré tout être très positifs.

 

Oui certains enfants parviennent à construire des parcours heureux, vont à l’école, poursuivent des études, se construisent. Mais il faut garder à l’esprit que le placement répond toujours à une situation qui n’a été souhaitée par personne. Il constitue une rupture fondatrice, un traumatisme initial qui marque durablement les trajectoires avec une blessure qui demeure.

 

Protection et ambition éducative

 

  • Ce que j’ai entendu dans de nombreux témoignages, c’est que l’aide sociale à l’enfance protège, mais qu’elle peut aussi coller une image au jeune qui limite ses perspectives. Le système est sécurisant, mais il peut freiner l’ambition.

 

Oui, ce risque existe, en particulier dans les dispositifs institutionnels comme les foyers. Lorsqu’on regroupe des enfants placés dans les mêmes lieux, il y a un effet de stigmatisation possible si l’on n’y prend pas garde. D’où l’importance de parcours aussi inclusifs que possible : scolarisation ordinaire, diversification des lieux, éviter les regroupements systématiques.

Dans la vie quotidienne, ces enfants se retrouvent vite singuliers : inviter des camarades chez soi, fêter un anniversaire, expliquer où l’on vit… autant de situations banales qui deviennent compliquées et peuvent exposer à la stigmatisation, voire au harcèlement. En même temps, ces jeunes bénéficient souvent d’un accompagnement éducatif et psychologique soutenu, qui leur permet de développer une capacité de réflexion sur eux-mêmes parfois plus forte que chez d’autres enfants. Lorsque la relation de confiance avec les adultes est là, cela peut devenir un vrai levier. Mais les statistiques restent préoccupantes : très peu de jeunes passés par l’ASE accèdent à l’enseignement supérieur. Cela pose clairement la question de l’ambition éducative et du risque d’auto-limitation dans les parcours.

 

Adolescence, autonomie et santé mentale

 

  • On arrive alors à une autre étape, celle de l’adolescence et du passage vers l’autonomie, à partir de 15 ou 16 ans, quand il s’agit de trouver un chemin vers l’intégration, la formation, le travail.

 

Oui, et cette phase est particulièrement complexe. On y retrouve à la fois des jeunes placés depuis l’enfance et d’autres qui arrivent plus tard dans les dispositifs, lorsque leurs parents ne parviennent plus à faire face. Les relations se tendent, la violence peut apparaître, et les placements interviennent parfois trop tard, faute d’anticipation.

Ce qui marque fortement les dix à quinze dernières années, c’est l’augmentation des situations mêlant difficulté éducative et problématiques de santé mentale, notamment des troubles psychiques. Cela place les parents dans une grande impuissance et rend l’accompagnement beaucoup plus complexe. Cette dimension, encore insuffisamment prise en compte, renforce à la fois la difficulté de prise en charge et le risque de stigmatisation de ces jeunes.

 

Dispositifs institutionnels et diversité des réponses

 

  • Concrètement, où vont ces jeunes ?

 

Ils peuvent être orientés vers différents types de dispositifs selon la nature de leurs besoins : hébergement et accompagnement éducatif en familles d’accueil ou en  foyers, besoins thérapeutiques dans des structures médico-sociales comme les ITEP besoins pédagogiques dans des établissements de l’Education nationale ou des établissements spécialisés comme les IME .

Avançant en âge et sortant du système scolaire, Ils seront accompagnés vers la formation, l’insertion et l’emploi, via tout l’écosystème existant : missions locales, contrats d’engagement jeune, dispositifs du ministère du Travail ou de l’Éducation nationale, qui viennent compléter l’accompagnement éducatif de la protection de l’enfance.

 

  • Des institutions comme Apprentis d’Auteuil sont-elles des cas isolés ou existe-t-il un ensemble plus large de structures de ce type ?

 

Il existe un paysage assez diversifié d’acteurs de la protection de l’enfance qui ont chacun leur spécificité.

Ce que l’on observe, c’est que ces jeunes, souvent très fragilisés, ont surtout besoin d’un cadre clair, sécurisant et bienveillant. Lorsqu’ils se sentent en sécurité, ils peuvent consacrer leur énergie à l’apprentissage d’un métier, mais aussi de la vie sociale. C’est cette combinaison entre protection et exigence qui permet de se construire malgré les difficultés.

Il y a un bon nombre d’acteurs locaux, de centres départementaux (association « la sauvegarde » notamment) mais aussi des acteurs nationaux comme SOS Villages d’Enfants, la Croix-Rouge ou le Groupe SOS, Action Enfance, l’Armée du Salut, et bien d’autres qui ont développé des pratiques éducatives solides et structurantes.

Mais la spécificité Apprentis d’Auteuil est sa capacité à intervenir simultanément dans quatre champs : la protection de l’enfance, le scolaire, la formation professionnelle et le soutien à la parentalité.

 

Santé mentale, prévention et limites du système

 

  • Il y a un volet que nous n’avons pas encore abordé : la montée très forte des difficultés de santé mentale chez les jeunes, qui semble s’être accentuée depuis le Covid. Mal-être, troubles du comportement, difficultés de positionnement...

 

Je serais prudent sur l’idée d’une catégorie entièrement nouvelle. Il ne s’agit pas toujours de pathologies psychiatriques lourdes, mais plutôt d’un faisceau de difficultés relevant de la santé mentale : troubles du comportement, fragilités psychiques, parfois situations de handicap. Et surtout, ce phénomène est antérieur au Covid. Une étude du Haut Conseil à la Famille, à l’Enfance et à l’Âge (HCFEA) montrait déjà, entre 2010 et 2020, une hausse très marquée des prescriptions de psychotropes chez les mineurs bien plus rapide que chez les adultes. On ne sait pas encore s’il s’agit d’une meilleure détection de situations auparavant invisibles ou d’un phénomène véritablement nouveau. Probablement un peu des deux. Mais certains facteurs aggravants sont aujourd’hui largement reconnus comme l’addiction aux écrans.

 

  • On évoque aussi beaucoup l’éco-anxiété ou l’angoisse face aux transformations du monde.

 

Je serais là aussi mesuré. Ces inquiétudes existent, mais elles sont difficilement quantifiables. Lorsqu’on regarde les jeunes dont nous parlons, ceux pris en charge par la protection de l’enfance ou les décrocheurs scolaires, les premières sources d’angoisse sont autres  comme les violences conjugales dont l’enfant est témoin, les violences intrafamiliales dont il est victime et plus généralement l’insécurité affective. Un enfant exposé à ces situations est durablement marqué. Ces réalités pèsent, à mon sens, bien davantage que des angoisses, pour l’instant plus abstraites parce que plus lointaines, liées à l’avenir ou à l’environnement.

 

Débordement des dispositifs

 

  • Face à tout cela, les dispositifs existent. On a l’impression que l’État remplit globalement son rôle, mais que le système est débordé et mal coordonné.

 

J’ajouterais un troisième point : l’insuffisance de la prévention. Le soutien aux parents, la prévention des violences intrafamiliales, l’intervention en amont restent trop faibles. Il faut entendre l’État au sens large : collectivités locales, départements, services sociaux. C’est un monde qui est aussi très créatif, qui invente des solutions : tiers dignes de confiance, parrainage, mesures intermédiaires pour éviter les placements quand c’est possible. Le système évolue et c’est positif. Mais il est clairement engorgé, notamment faute de professionnels : familles d’accueil, éducateurs, travailleurs sociaux. Et comme souvent, la prévention est la première sacrifiée.

 

  • On dit souvent que ce sont des métiers peu reconnus et mal rémunérés.

 

Je nuancerais. Le secteur s’est fortement professionnalisé. Les qualifications sont clairement identifiées : éducateurs spécialisés, moniteurs éducateurs, psychologues, animateurs avec des niveaux Bac+3 ou Bac+5. Mais malgré cela, ces métiers peinent à attirer, ce qui contribue directement aux tensions actuelles du système.

 

Rôle structurant des associations et fondations

 

  • Dans ce champ, le rôle des associations et des fondations semble central. Elles gèrent des établissements, sont présentes sur tout le territoire, développent des dispositifs d’aide. Est-ce simplement structurant, ou est-ce devenu, d’une certaine manière, une bouée de sauvetage du système ?

 

C’est avant tout un choix historique et politique. Ce monde de l’accompagnement de la jeunesse en difficulté existait avant la structuration des services sociaux publics, notamment avant 1945 et plus encore avant leur organisation dans les années 1970-1980. L’État a donc fait le choix de s’appuyer sur ces acteurs, en leur demandant progressivement de se structurer et de se professionnaliser. Aujourd’hui, on a un système articulé : les pouvoirs publics (judiciaires, conseils départementaux au travers de leurs services d’Aide Sociale à l’Enfance) définissent les cadres et prennent les décisions, et les associations assurent une grande partie de la mise en œuvre opérationnelle. C’est un ensemble cohérent, même s’il est complexe. Personne n’imagine sérieusement que ce travail puisse se faire sans les associations. Mais cette organisation suppose une gouvernance exigeante, car les logiques ne sont pas les mêmes : le ressort démocratique de l’action publique et le ressort associatif obéissent à des dynamiques différentes. Et parfois, cela crée des incompréhensions.

 

  • On a le sentiment que les associations et les fondations disposent aussi de marges de manœuvre plus importantes en matière d’innovation ou de souplesse. Est-ce compatible avec le fonctionnement du système public ?

 

Oui, largement. Cette capacité d’innovation est reconnue et acceptée. Le dialogue entre acteurs est réel et, dans l’ensemble, de bonne qualité. Mais nous sommes entrés dans une période de contraintes budgétaires durables. Et là, la relation change de nature : il ne s’agit plus de développer, mais de faire mieux avec moins.

Cela exige beaucoup d’intelligence collective et de rigueur. Le risque serait de tomber dans un rabotage uniforme, sans discernement. On sait malheureusement le faire, comme on a su autrefois saupoudrer les financements. La vraie question aujourd’hui, c’est celle des choix : comment les assumer, comment les expliquer, comment préserver le sens de l’action tout en tenant les contraintes économiques. Pour moi, c’est là que se joue l’enjeu principal.

 

  • Donc, au fond, une question de gouvernance globale du système.

 

Exactement.

 

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