Réussir à l’école ne signifie pas ne pas avoir besoin d’être accompagné
Le 28 septembre, la Fondation Un Avenir Ensemble et le ministère de l’Éducation nationale ont renouvelé la convention qui les lie depuis 2008. Derrière ce partenariat, un enjeu parfois moins visible : identifier et accompagner des jeunes qui réussissent scolairement, mais dont l’environnement socio-économique peut limiter les perspectives, les rencontres et la capacité à se projeter dans leur avenir.
Ils sont sérieux, engagés et obtiennent de bons résultats scolaires. Boursiers sur critères sociaux et/ou au mérite et issus de milieux socio-économiques fragiles, ces jeunes ne rencontrent pas nécessairement de difficultés scolaires susceptibles d’attirer l’attention.
Et c’est précisément là que se situe l’un des enjeux.
Parce que leur scolarité se déroule bien, ils peuvent passer sous les radars alors même qu’un accompagnement peut leur permettre d’élargir leurs horizons, de découvrir des univers professionnels auxquels ils ont peu accès, de développer leur réseau ou simplement d’envisager des possibilités qu’ils ne s’étaient pas autorisés à considérer.

Accompagner au-delà de la réussite scolaire
C’est auprès de ces jeunes que la Fondation Un Avenir Ensemble intervient. Près de 1 200 filleuls sont aujourd’hui accompagnés sur l’ensemble du territoire par des parrains et marraines décorés de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire ou de l’ordre national du Mérite.
La particularité du dispositif tient notamment à sa durée : le parrainage débute en classe de seconde et se poursuit jusqu’à l’insertion professionnelle, soit pendant six à huit ans.
À l’occasion du renouvellement de la convention entre la Fondation et le ministère de l’Éducation nationale, Édouard Geffray a précisément souligné l’intérêt de cette continuité. Le ministre a rappelé que cet accompagnement permet de dépasser les frontières administratives de la scolarité et de maintenir un lien à des moments qui peuvent constituer des ruptures dans le parcours d’un jeune, notamment autour du baccalauréat et de l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Il a également insisté sur la complémentarité entre le rôle de l’école et celui d’un accompagnement extérieur :
« L’école ne peut pas tout, toute seule. »
Rencontres, savoir-être, découverte d’environnements professionnels diversifiés : autant d’apports que le parrainage peut offrir en complément de la formation scolaire et académique.
La transmission comme levier d’ouverture
Le parrainage proposé par la Fondation repose sur une autre particularité : l’engagement de femmes et d’hommes décorés de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire ou de l’ordre national du Mérite.
En partageant leur expérience, leurs connaissances et leur regard, ils accompagnent les jeunes dans leurs choix, les aident à prendre confiance dans leurs possibilités et leur ouvrent l’accès à des environnements qui peuvent être éloignés de leur univers familial ou social.
Lors de la cérémonie du 28 septembre, le général d’armée François Lecointre, grand Chancelier de la Légion d’honneur et président de la Fondation Un Avenir Ensemble, a résumé le sens de cet engagement en quelques mots :
« Une décoration, c’est autant une reconnaissance qu’une promesse. »
La décoration ne constitue ainsi pas seulement la reconnaissance d’un engagement passé. Elle peut aussi ouvrir la voie à une nouvelle forme d’engagement, tournée vers la transmission aux générations suivantes.

Un impact qui se mesure des deux côtés de la relation
Cette relation dans la durée produit des effets pour les jeunes, mais également pour celles et ceux qui les accompagnent.
L’étude d’impact 2025 réalisée par le cabinet Pluricité auprès des filleuls et des parrains et marraines de la Fondation montre ainsi que 77 % des jeunes interrogés déclarent que le parrainage a élargi leurs ambitions et 73 % qu’il a renforcé leur confiance en eux.
Du côté des parrains et marraines, 75 % indiquent que leur engagement leur a permis de redonner du sens à leur action citoyenne et de mieux comprendre les réalités vécues par les jeunes accompagnés.
Ces résultats illustrent la dimension profondément réciproque du parrainage : transmettre son expérience et ouvrir des perspectives à un jeune, mais aussi aller à la rencontre d’une génération et de réalités différentes des siennes.
Faire connaître le dispositif pour identifier ceux qui peuvent en bénéficier

Reste un défi : atteindre ces jeunes.
C’est tout l’enjeu du partenariat engagé depuis 2008 entre la Fondation Un Avenir Ensemble et le ministère de l’Éducation nationale, dont la convention a été renouvelée le 28 septembre au musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie.
Les rectorats, personnels de direction et équipes éducatives occupent une place déterminante. Au plus près des élèves, ils peuvent identifier ces jeunes dont les résultats scolaires ne laissent pas nécessairement apparaître le besoin d’un accompagnement supplémentaire et leur faire découvrir le dispositif.
Édouard Geffray a d’ailleurs résumé l’un des rôles de l’Éducation nationale dans ce partenariat : « Ce qu’on peut faire, évidemment, c’est faire connaître. »
Le ministre a également évoqué l’enjeu territorial, notamment pour atteindre des jeunes vivant dans des territoires ruraux, plus isolés ou issus de milieux socialement défavorisés.
Car l’égalité des chances ne se joue pas uniquement dans la capacité à réussir à l’école. Elle se joue aussi dans l’accès aux rencontres, aux codes, aux réseaux, à l’information et à la possibilité de se représenter un avenir plus large.
Accompagner ces jeunes, c’est donc moins répondre à une difficulté scolaire que leur permettre d’élargir le champ des possibles, quelles que soient leur origine sociale, leur situation géographique ou les opportunités auxquelles leur environnement leur donne spontanément accès.