[EN IMAGES] #RévolutionSenior : la campagne inclusive célèbre l'amour à tout âge

[EN IMAGES] #RévolutionSenior : la campagne inclusive célèbre l'amour à tout âge
"Aimer et être aimé·e en 7 positions, quel que soit mon genre, mon âge ou mon orientation sexuelle" : c'est le leitmotiv de la campagne #RévolutionSenior, qui les met en scène dans différentes positions du Kamasutra. Des visuels colorés, drôles et inclusifs, qui invitent à se questionner à propos de la vieillesse, de sa propre vieillesse, et de la place que peut y occuper le rapport au corps, à l'affect, et à la sexualité. L'association Grey Pride, à l'initiative du mouvement, lutte pour réhumaniser la personne âgée, y compris lorsqu'elle appartient à une minorité de genre ou d'orientation sexuelle, en intégrant notamment ses besoins affectifs et sexuels, fondamentaux à l'équilibre de chacun.



 

#RévolutionSenior : "Je crois que c'est une révolution, un soulèvement de la masse âgée !"


 

La campagne #RévolutionSenior célèbre l'amour sous toutes ses formes et à tous âges. Le point de départ ? Le constat amer de l'invisibilité de toutes les minorités ayant une identité sexuelle ou de genre différente, mais aussi de la difficulté, voir du déni, d'évoquer la sexualité des seniors. "Je me dis qu'en fin de compte, on considère plus les vieux comme des objets de soin, et non pas comme des personnes. Parler de sexualité, c'est réhumaniser le regard qu'on porte : un vieux, ça n'existe pas, c'est Marc ou Sylvie qui vieillit", explique Francis Carrier, fondateur du collectif Grey Pride, qui évoque aussi l'image de la "vieille dame", assise à côté du pot de fleurs, objet asexualisé et aseptisé, "qui ne nous ressemble pas."

 

"On pathologise, on parle d'Alzheimer... On les met à l'écart, on construit des lieux pour les rassembler, dans une logique toute carcérale. On considère que c'est une identité. On n'arrive pas à comprendre que si ce n'est pas aujourd'hui, on accepte pour nous-même notre maltraitance."


 

"Un vide sidéral sur le sujet" de la sexualité des personnes LGBT vieillissantes


 

Si le sujet des minorités sexuelles ou de genre devient de plus en plus évoqué, il subsiste encore un désert d'information à propos de la communauté LGBT vieillissante. Un tabou qui s'enracine, aussi, dans la pathologisation de la personne âgée, mais aussi de sa sexualité.

 

Francis Carrier évoque la désinhibition sexuelle, "tabou des tabous" : lieu de contention physique ou chimique, il questionne la capacité des structures à y faire face sans violence. "Pourquoi une veille dame qui veut se masturber ou un vieux monsieur qui veut toucher des seins est-il un vieux vicieux qui doit se calmer ?" Un sujet difficile qui nécessite du dialogue, et un minimum de bienveillance.

 

Un déni que l'on retrouve aussi dans la prévention du VIH, qui ne comprend pas de réel volet gérontologique malgré le fait qu'aujourd'hui, la majorité des personnes séropositives soient âgées de plus de 50 ans, souligne aussi le militant.


 

Grey Pride bienvenue : un label inclusif pour le respect de l'identité


 

"Il est impossible de parler de sexualité minoritaire si l'on ne parle pas de sexualité en général", martèle le fondateur de la Grey Pride. Collectif porté par les seniors LGBT, il mène son combat pour toutes les vieillesses : "si on veut améliorer la qualité de vie des personnes vieillissantes, il faut les respecter pour ce qu'elles sont, point."  

 

Anne Hidalgo, Maire de Paris, compte déployer prochainement le label "Grey Pride bienvenue" dans les établissements parisiens, une charte d'engagement et de bonnes pratiques destinée à prendre en considération les besoins affectifs et sexuels des personnes accueillies quel que soit leur identité sexuelle ou de genre.


 

 

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