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Paris 2024, quels engagements pour des Jeux durables et inclusifs ?

Paris 2024, quels engagements pour des Jeux durables et inclusifs ?
La ville de Paris a été sélectionnée, en septembre 2017, pour recevoir l’édition 2024 des Jeux olympiques et paralympiques (JOP). Pour la première fois, il a été décidé de faire des Jeux un exemple en matière d’évènement international durable, inclusif et solidaire. Avec plusieurs milliards de téléspectateurs à chaque édition, les Jeux olympiques sont l’évènement vitrine par excellence. Au centre du projet Paris 2024, la notion d’héritage : un héritage matériel, avec des infrastructures conçues pour être réutilisées ou recyclées, et un héritage humain, avec la volonté de faire de ces Jeux un vecteur d’intégration sociale et économique. Pour Tony Estanguet, Président de Paris 2024, “Le sport doit permettre de renforcer la cohésion sociale, de créer une société meilleure”. Un débat sur ce sujet a eu lieu à Convergences en septembre 2018. Des Jeux à trois zéros (zéro pauvreté, zéro chômage, zéro carbone), c’est possible ?



 

Des Jeux porteur de l’Accord de Paris : zéro carbone, zéro déchets

 

Dès la phase de sa candidature, l’un des objectifs de la ville de Paris pour ces Jeux 2024 a été d’en faire le premier évènement d’ampleur mondiale aligné sur les exigences de l’Accord de Paris sur le climat de 2015. L’ambition de permettre aux athlètes olympiques de nager dans la Seine en est l’un des symboles forts. Le projet Paris 2024 s’inscrit ainsi dans ce qui est, désormais, la philosophie du Comité International Olympique (CIO), celui-ci ayant fait part de sa volonté dans son Agenda 2020 “d’inclure la durabilité dans tous les aspects des Jeux olympiques” et de mettre fin aux gouffres financiers et écologiques que représentent, à chaque édition, les Jeux olympiques et paralympiques. Le CIO privilégie désormais les projets écologiquement et socialement responsables, et financièrement raisonnables.

 

Dans cette perspective, le premier volet de l’aspect durable de ces Jeux 2024 est évidemment le “zéro carbone”. Se basant sur les retours d’expériences des Jeux de Londres en 2012, et de Rio en 2016, le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) de Paris a pu fixer ses propres objectifs carbone : son ambition est de réduire l’empreinte carbone de 55 % par rapport aux précédentes éditions. Quant aux émissions résiduelles, il est prévu qu’elles seront compensées grâce à une enveloppe de 31 millions d’euros. Le COJO affiche une claire volonté de maîtriser les dépenses en énergie et de lutter contre toutes les formes de pollution, carbone, mais aussi sonore et  lumineuse. À cette fin, l’ensemble des sites sportifs sera doté d’outils de mesure et de contrôle de la qualité de l’air, des nuisances sonores et de la pollution lumineuse. Par ailleurs, il est prévu que 100 % des énergies utilisées avant et pendant les Jeux seront des énergies renouvelables et de récupération.

 

En matière de déchets, en plus d’opérations de ramassage et de tri des déchets pendant toute la durée des Jeux, l’objectif est de réduire la production même de déchets, d’organiser des “Jeux frugaux” selon les mots d'Elisa Yavchitz, présidente de la maison des Canaux à Paris, avec “moins de consommation, et plus de réutilisation”. La Solideo, une société EPIC créée spécialement pour les Jeux de Paris et en charge de la livraison des villages olympique et paralympique et du village médias, entend faire de ces structures des objets permanents et 100 % réutilisés ou recyclés, en les transformant en éco-quartiers. Dans la phase de préparation des Jeux, la priorité sera mise sur des achats “durables”, pour atteindre 95 % de réutilisation ou de recyclage des déchets, et 80 % pendant le déroulement des Jeux.

 

 

Des Jeux pour le développement économique et social des quartiers sensibles

 

Les JOP Paris 2024, soutenus par Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, se veulent également inclusifs et solidaires. Le Yunus Centre, Paris 2024, la Solideo et la maison des Canaux ont donc signé en novembre 2016 une convention pour les premiers Jeux olympiques et paralympiques inclusifs et solidaires, ”Impact 2024”, qui définit des programmes facilitant l’insertion sociale et professionnelle des personnes éloignées de l’emploi. Pour Georgina Grenon, directrice environnementale de Paris 2024, “L’objectif est d’intégrer les principes d’inclusivité dans tous les actes économiques liés à la mise en place des Jeux”. Alors qu’il est estimé que les Jeux emploieront 250 000 personnes, majoritairement en contrats saisonniers, Etienne Thobois, Directeur Général du COJO 2024, souhaite des “retombées concrètes pour les habitants”.

 

De quels habitants parle-t-on ? Des habitants d’Ile-de-France bien sûr, mais plus particulièrement des habitants du département de la Seine-Saint-Denis, territoire francilien sensible, composé à 40 % Quartiers Politique de la Ville (QPV) et où le taux de chômage est particulièrement élevé. Mais la Seine-Saint-Denis est également un “territoire extrêmement jeune” et donc “plein d’opportunités” pour François Dechy, fondateur de l’entreprise sociale Baluchon et ambassadeur de la marque territoriale “In Seine-Saint-Denis”, qui vise à favoriser le développement de nouveaux projets économiques en Seine-Saint-Denis. Soumise volontairement au droit des marchés publics, la Solideo pourra insérer des clauses d’insertion dans ses appels d’offre et ainsi favoriser les entreprises d’insertion et les structures de l’ESS, sans pour autant pouvoir privilégier une zone géographique ni réserver les marchés à certaines structures. Au total, plusieurs dizaines de milliers de marchés devraient être passés jusqu’en 2024, dans tous les secteurs relatifs à l’organisation des Jeux (sécurité, accueil, propreté, équipements, restauration...).

 

Le COJO a publié une charte sociale pour affirmer l’ambition de faire du sport “le moteur d'un développement économique, social et solidaire”, à travers deux grands objectifs : 10 % des heures travaillées pour les Jeux seront dédiées à l’insertion, et 25 % du montant des travaux destinés aux PME et TPE, et aux entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS). Reste à voir comment ces entreprises réussiront à se positionner sur les marchés d’appel d’offres, face aux grands groupes, alors qu’aucune discrimination, même positive, n’est possible, en application du droit des marchés publics. Pour Mathieu Cornieti, CEO d’Impact Partenaires, une solution pourrait être trouvée dans la mise en place de partenariats de co-traitance ou de sous-traitance entre les PME, TPE et entreprises de l’ESS, et les grands groupes, partenariats dont l’équilibre serait assuré par des clauses contractuelles.

 

 

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