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#STOPILLETTRISME : faire tomber les barrières dans les entreprises

#STOPILLETTRISME : faire tomber les barrières dans les entreprises
On ne le crie pas sur tous les toits, mais en France, 7 % de la population est touchée par l’illettrisme. C’est deux fois plus qu’en Allemagne ou en Corée ! Depuis cinq ans, l’association #STOPILLETTRISME milite pour briser le tabou. Son originalité ? Elle œuvre directement auprès des entreprises, auxquelles elle propose un double dispositif mêlant formation professionnelle et tutorat assuré par des salariés volontaires. Forte du succès de ses interventions, elle espère étendre son action auprès de tous les secteurs d’emplois concernés par les problèmes de l’illettrisme et de l’analphabétisme.


 

 

#STOPILLETTRISME voit le jour en 2013, dans les locaux de L’Oréal. Baptisée d’abord B.A.ba, puis B.A.ba Solidarité, l’association naît du constat d’une DRH du groupe : plusieurs employés des prestataires de ménage peinent à suivre les consignes laissées sur les tableaux blancs par les collaborateurs, et effacent les notes prises durant les réunions. “C’est compliqué de faire reconnaître à des gens qu’ils ne maîtrisent pas la langue, ou ne comprennent pas les consignes”, note la déléguée générale de l’association, Nadine Gredy. Après concertation avec le prestataire de services, le projet est soumis à la direction de L’Oréal : offrir une formation professionnelle qualifiante de longue durée, soutenue par un tutorat assuré directement par les salariés. “Le dispositif a été mis en place sur un premier site, et les bénéficiaires comme les tuteurs se sont montrés enthousiastes. Le projet a donc été installé sur un deuxième site, puis L’Oréal Group a décidé de monter une association.”

 

Bingo ! Le géant cosmétique entraîne très rapidement dans son sillage TF1, Orange, Manpower, le Groupe La Poste et Publicis Groupe, rapidement rejoints par la SNCF. Aujourd’hui, son réseau d’entreprises a permis de former plus de 220 salariés illettrés ou analphabètes. “Le dispositif fonctionne aussi bien avec les prestataires des entreprises que directement auprès de leurs salariés. Un organisme de formation expert intervient pour 150 heures, et chaque bénéficiaire est accompagné par deux tuteurs qui apportent, en plus d’un soutien, une vraie dimension sociale à l’expérience.” Pour le moment, les frais de formation ainsi que la gestion administrative sont assurés par l’OPCATS, l’organisme paritaire collecteur faisant également office de conseiller, en passe d’être relayé pour les collectes par les URSSAF, via la Caisse des Dépôts.  

 

 

Agir dans tous les secteurs  

 

 

À l’heure actuelle, la grande majorité des bénéficiaires du programme est constituée d’employés de prestataires de ménage. Les choses devraient toutefois évoluer rapidement, puisque le Groupe ADP (Aéroports de Paris) vient de rejoindre le mouvement afin de former ses bagagistes. “À terme, nous espérons nous adresser à plus de secteurs”, ajoute Nadine Gredy. Sont particulièrement concernés, selon une récente enquête CSA, les secteurs de l’entretien et du nettoyage, où 67 % des organisations ont déjà été confrontés à des difficultés d’écriture ou de lecture chez un employé, ainsi que les services à la personne (60 %). “On peut supposer que les secteurs du bâtiment, de l’agriculture ou encore de la sécurité sont aussi touchés, ajoute-t-elle. Notre objectif est de nous adresser à tous, sans distinction.” Et pour cause. Une organisation sur deux est touchée par l’illettrisme en France (51 %), et déplore des difficultés de compréhension des consignes, ce qui augmente les risques professionnels physiques et psychologiques. En réponse, #STOPILLETTRISME a dévoilé en septembre 2018 sa charte à destination des entreprises désirant s’engager, leur proposant notamment d’intégrer des clauses spécifiques dans leurs appels d’offres ou de mener des actions de repérage. L’Oréal, Manpower, Orange, TF1, Crédit Agricole Assurances, Bayard, Armonia, ICTS Europe, City One, Groupe ADP, Mulliez-Flory, La Poste, GSF Trévise et GSF Grande Arche, Samsic et Accentonic en sont les premiers signataires.

 

 

Briser les tabous autour de l’illettrisme

 


Si l’illettrisme donne tant de fil à retordre aux associations, c’est qu’il reste en France un tabou, tant à l’échelle du grand public qu’au sein des entreprises. “Les personnes illettrées utilisent parfois des stratégies de contournement, tandis qu’au sein des entreprises, les actions de repérage sont loin d’être répandues”. #STOPILLETTRISME compte sur les cotisations annuelles des entreprises de son réseau pour financer ses campagnes de communication et soigner ses opérations de prospection. “Nous nous appuyons notamment sur une étude menée par le délégué interministériel dans plusieurs secteurs de l’industrie, mais aussi les administrations. Nous savons que des chefs d’entreprises sont conscients du problème et nous souhaitons que le mouvement se globalise.” L’heure est désormais à l’expérimentation et au changement d’échelle. “Notre dispositif fonctionne très bien dans les grandes entreprises, nous aimerions désormais le tester sur des zones géographiques, cela permettrait de rassembler les bénéficiaires et de fluidifier la logistique”, explique Nadine Gredy. La Poste s’y est essayée, et Publicis Groupe sera le prochain à se lancer. Quant aux formations, un niveau supérieur est déjà proposé à certains bénéficiaires.

 

 

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