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[ENTRETIEN] Yann Tanguy, Directeur Général de ShareIT.io

[ENTRETIEN] Yann Tanguy, Directeur Général de ShareIT.io
Encore trentenaire, Yann Tanguy affiche un CV déjà bien fourni dans le secteur de l’ESS. Passé par Accenture, Action contre la Faim et surtout SFR, où il a pris en charge un volume de dispositifs d’engagement considérable (La fondation et la politique d’engagement des collaborateurs puis, plus tard, la gestion de la politique d’innovation sociale (diversité, handicap), ou encore la coordination de la RSE pour le groupe), il est depuis quelques mois le directeur général de ShareIT, une association qui porte un programme d'accélération technologique à destination des entreprises sociales. ShareIT, grâce au mécénat de compétence de cabinets de conseil en technologies (comme Accenture et Intech), développe des solutions numériques à impact positif.


Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

 

Après avoir obtenu mon diplôme de Sciences Po Paris en 2006, j’ai rejoint Accenture en tant que consultant. Par le biais de la fondation, je me suis investi dans du mécénat de compétences pour deux missions, aux côtés de la Fondation Abbé Pierre et de Force Femmes. J’y ai découvert une énergie et des leviers de motivation nouveaux. Je suis ensuite parti en voyage autour du monde, et en revenant j’ai eu envie de prolonger cette expérience. J’ai travaillé pour Action contre la Faim dans un rôle de conseil interne sur des projets de réorganisation et de développement, pendant deux ans. J’ai ensuite rejoint SFR en tant que délégué général de la fondation. Cela me permettait de rester au contact de l’écosystème de l’ESS et de l’intérêt général, avec des projets très opérationnels, tout en découvrant une nouvelle responsabilité, celle du mécène. L’une de mes ambitions principales a été de développer les projets numériques. En quatre ans, nous avons lancé de nombreux appels à projets destinés aux acteurs utilisant le levier numérique pour permettre aux associations d’être plus efficaces et d’adresser de nouvelles cibles ou de nouveaux enjeux. Je suis ensuite devenu directeur de l’innovation sociale du groupe, et travaillé sur des questions RH et de RSE. Après quelques mois de conseil en innovation sociale, j’ai réalisé que l’opérationnel me manquait, tout comme l’écosystème de l’ESS. Je suis devenu directeur général de ShareIT en octobre 2018.

 

Pouvez-vous nous présenter l’action de ShareIT ?

 

C’est une association loi 1901, pour le moment nous pouvons déployer nos actions grâce aux subventions privées, notamment d’Accenture et du Groupe Arkea, et au pro bono. Nous accompagnons les entrepreneurs sociaux dans le développement de leurs projets technologiques. Notre force, c’est que nous proposons une vraie méthode d’accompagnement et une garantie de résultat. Nous sélectionnons nos partenaires sur plusieurs critères : ils doivent avoir identifié un besoin social urgent et important, offrir une réponse génératrice d’impact, et le projet autour du développement technologique doit être encadré par un vrai chef de projet. Nous avons par exemple réalisé le MVP (Minimum Valuable Product) de SINGA, qui a mis en place une plateforme de matching affinitaire, qui permet de créer du lien social entre personnes réfugiées et leur société d’accueil. L’idée est d’encourager une relation fructueuse de découverte, d’enrichissement culturel, accélérant l’insertion sociale et professionnelle.

 

Quel est votre regard sur secteur de l'intérêt général ?

 

La première chose, c’est que l’on a tout intérêt à poursuivre ce mouvement de coordination des acteurs de l’intérêt général, d’autant plus dans le contexte de raréfaction des ressources publiques et privées. Cela permet d’envisager des solutions d’un point de vue systémique, sans se priver de l’expertise des uns et des autres. Pendant longtemps, j’ai l’impression que les associations avaient trop tendance à développer et opérer leurs programmes seules. Ce n’est pas souhaitable et elle ont tout à gagner dans ce jeu à plusieurs en matière d’impact, car on apporte une réponse globale. Chez SFR, nous avions fait cette expérimentation en travaillant sur le thème de l’emploi avec d’autres entreprises (Accenture, Adecco, Vinci, AG2R La Mondiale) , et effectivement, cela permet d’imaginer des solutions qui vont beaucoup plus loin. Ensuite, je pense que l’on manque actuellement de coordination au niveau des appels à projets. Et bien que le volume d’offres soit très conséquent, il y a une perte d’efficacité économique. Par ailleurs, les entrepreneurs sociaux peuvent avoir tendance à se détourner de leur cœur de métier pour capter les ressources financières. C’est compréhensible, mais je suis pourtant convaincu qu’ils ne sont jamais plus performants et leur impact plus grand auprès de leurs bénéficiaires que lorsqu’ils sont focalisés sur leur cœur de métier et leur plus grande valeur ajoutée. Enfin, il faut que la technologie déploie tout son potentiel auprès des entreprises sociales et des acteurs de l’ESS. L’accessibilité aux ressources technologiques reste une difficulté important pour que les entreprises sociales puissent adresser des enjeux et des défis majeurs. Il faut continuer à trouver des solutions. C’est le combat de ShareIT.

 

 

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