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[CHIFFRE] 83 % des personnes handicapées ou malades souffrent de solitude

[CHIFFRE] 83 % des personnes handicapées ou malades souffrent de solitude
À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre dernier, la Fondation de France a dévoilé les résultats de son étude 2018 sur les solitudes en France, consacrée cette année aux personnes handicapées ou souffrant de maladies chroniques. Une étude d’une ampleur inédite, qui vient analyser les raisons de cet isolement et ses conséquences sur le quotidien des personnes touchées, qui subissent une véritable double peine : la solitude des personnes en situation de handicap ou malades est source de souffrance pour 83 % d’entre elles.


Un quotidien accaparé par la maladie ou le handicap

 

Après une édition consacrée en 2017 à l’isolement des 15-30 ans, la Fondation de France s’intéresse cette année à l’isolement des personnes handicapées ou souffrant de maladies chroniques. Une démarche inédite, puisque c’est la première fois qu’une étude d’une telle ampleur met en lumière le lien entre la solitude, et le handicap ou la maladie grave. L’étude fait état d’un sentiment de solitude plus important que la moyenne : 50 % des personnes isolées en situation de handicap ou de maladie chronique se sentent fréquemment seules (contre 41 % des personnes isolées n’ayant ni handicap ni maladie) ; et la grande majorité des personnes concernées (83 %) déclare souffrir de cette solitude.

 

Pour mieux comprendre la situation critique de ces personnes, l’étude s’intéresse en profondeur aux causes de cet isolement, souvent invisible, ignoré par la société et même par l’entourage direct (collègues, famille) des personnes concernées. Trois explications principales sont avancées selon les témoignages : la douleur, la fatigue et les difficultés de mobilité.

 

65 % des personnes avec un handicap ou une maladie sont en effet limitées dans leurs capacités physiques (12 % dans leurs capacités psychiques et 16 % dans d’autres capacités), et consacrent une importante partie de leur temps et de leur énergie aux soins ou à des démarches administratives ; à tel point que les autres moments du quotidien (en famille, entre amis, au travail) sont fortement impactés, jusqu’à amener ces personnes à renoncer à entretenir ou à démarrer une vie sociale.


 

Le cercle vicieux de l’isolement

 

Les personnes isolées et touchées par le handicap ou la maladie entrent bien souvent dans une véritable “spirale infernale” de l’isolement : le handicap ou la maladie affecte la scolarité ou la vie professionnelle des personnes touchées (73 % des personnes déclarant un handicap ou une maladie et isolées ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat), ce qui les place dans une situation économique fragile (31 % ont des bas revenus). En conséquence, les moments de sociabilité (sorties, rencontres, accueil) peuvent se voir réduits, ce qui accentue davantage l’isolement.

 

Certaines personnes victimes de handicap ou de maladie entrent dans une attitude de renoncement : 48 % des personnes isolées en situation de handicap ou de maladie ont souvent le sentiment d’être “un poids pour leurs proches” (contre 33 % pour l’ensemble des personnes isolées). 51 % limitent donc leurs relations pour ne pas avoir la sensation d’être un poids pour leur entourage, une attitude identique déclarée par seulement 35 % des personnes isolées sans handicap ou maladie.

 

Cette étude permet à la Fondation de France, qui soutient des programmes dédiés à l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées ou malades, en accompagnant des associations, des EHPAD, ou en aidant des partenariats, de comprendre plus finement leurs problématiques et leurs besoins, alors que dans plus de 8 cas sur 10, le handicap ou la maladie sont invisibles, dissimulées ou difficilement détectables.

 

 

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