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Par Carenews PRO - Publié le 19 mars 2019 - 12:51 - Mise à jour le 21 mars 2019 - 09:11
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[HORS-FRONTIÈRES] Le Kenya, pays le plus généreux d’Afrique ?

Dans sa rubrique mensuelle Hors-Frontières, Carenews vous en apprend plus sur la philanthropie et l'organisation du mécénat dans un pays, en Europe ou ailleurs dans le monde. Cap aujourd'hui sur l'Afrique. Si le nom du Kenya peut d’abord évoquer les plaines du Parc National du Serengeti, ce pays d’Afrique de l’Est s’est imposé ces dernières années comme l’un des hubs de l’Afrique. Et comme le plus généreux ?

[HORS-FRONTIÈRES] Le Kenya, pays le plus généreux d’Afrique ?

 

 

 

Le Kenya, un poid lourd économique

 

Grand comme la France (580 000 km2), le Kenya est néanmoins bien moins peuplé (42 millions d’habitants). Indépendant depuis 1963 après plusieurs décennies de tutelle perse, portugaise, allemande puis britannique, la jeune république est secouée dans les années 1990 puis 2000 par plusieurs attentats suivis de cycles de violence pré et post-élections.

Malgré cette instabilité, le Kenya s’impose comme le poids lourd économique de l’Afrique de l’Est. Sans ressources naturelles importantes, le pays s’est bâti une économie diversifiée : industrie, tourisme, agriculture ou encore services permettent au pays de faire face plus facilement aux différentes crises et retournement de conjoncture.

 

La population la plus généreuse d’Afrique

 

Malgré un contexte local mouvant, le Kenya s’est imposé l’année dernière comme le pays d’Afrique le plus généreux selon le CAF World Giving Index (8e mondial) devant le Nigeria et le Liberia. Les Kényans déclarent ainsi à 72 % avoir aidé un étranger, 46 % avoir donné de l’argent, 45 % avoir donné de leur temps. Si le pays a été touché par d’importantes sécheresses et inondations en 2018, ces bons résultats sont loin de n’être que conjoncturels : le Kenya se classait 3e en 2017. Une dynamique qui explique que le premier Giving Tuesday s’est tenu en 2015 dans le pays.

En plus de cette générosité partagée, le Kenya, 3e économie d’Afrique subsaharienne a vu une classe supérieure se développer. Ayant parfois fait des études aux USA ou au Royaume-Uni, ces entrepreneurs ont été sensibilisés aux questions de philanthropie. En 2012, Forbes identifiait ainsi plusieurs philanthropes comme Naushad Merali ou Manu Chandaria (avec des dons estimés à 1,2million de dollars chacun pour la construction de deux hôpitaux).

 

Une RSE et un mécénat d’entreprise à géométrie variable

 

Si les Kenyans sont généreux, il est en revanche beaucoup plus difficile de jauger de la maturité des acteurs économiques sur le sujet. En effet, les quelques études à disposition indiquent clairement un manque de structuration. Un article de recherche de 2009 sur les pratiques de publicités des démarches RSE des entreprises cotées au Nairobi Stock Exchange pointait plusieurs axes d’amélioration. « Extrême diversité dans la forme et la nature » des informations mise à disposition du public, « publicité des démarches RSE sur mesure et de nature auto-promotionnelle », les auteurs ne sont pas tendres.

Il faut pourtant nuancer le tableau : plusieurs entreprises ont créé une fondation alors même qu’il n’existe pas de cadre légal spécifique pour la philanthropie d’entreprise au Kenya : les incitations fiscales sont les mêmes pour les individus que pour les entreprises. Cependant, certains secteurs (industrie minière, paris et loteries) doivent, de par la loi, donner une partie de leurs revenus. Au-delà d’un contexte moyennement incitatif, les avantages existants sont mal connus, plusieurs rapports pointaient que « peu d'organisations connaissent les dispositions légales de base concernant l'exonération fiscale ».  

 

Une structuration balbutiante et des données encore éparses

 

Au final, la générosité au Kenya reste largement informelle ce qui pose problème lorsque l’on souhaite, comme le voudrait cet article, donner une vision d’ensemble de la philanthropie du pays. Ainsi, le travail d’organisations de référence comme le East Africa Philanthropy Network est avant tout tourné vers la collecte de données et la structuration d’un complexe philanthropique encore largement dans les limbes dans la région. L’Ouganda, la Tanzanie ou le Rwanda sont peu outillés tandis que le Kenya Philanthropy Network revendique le chiffre honorable de 60 organisations membres.

Il existe pourtant de belles histoires et des initiatives de pointe : la Kenya Community Development Foundation (KCDF), créée en 1997, a notamment développé un modèle de « community development ». La KCDF accompagne les communautés dans la structuration de programmes de développement locaux via la mobilisation des ressources locales et le conseil stratégique. La fondation revendique l’accompagnement de 20 communautés dans la constitution d’endowment funds pour une dotation cumulée d’environ 1,3 million de dollars.

 

Dans un pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté et qui devrait voir sa population urbaine tripler d’ici 2050, les défis sont nombreux. Néanmoins, une culture du don partagée et quelques acteurs en pointe sur la question de la philanthropie seront des éléments clés à mobiliser dans la transformation du Kenya.

 

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