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Par Carenews INFO - Publié le 10 septembre 2019 - 07:53 - Mise à jour le 10 septembre 2019 - 10:35
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Le BAAM festival invite 700 migrants à Aubervilliers

« Le festival du BAAM [bureau d’accueil et d’accompagnement des migrant·e·s], ce n’est pas le festival de Cannes », prévenait le communiqué de presse. L’évènement organisé par l’association éponyme, qui œuvre depuis 2015 auprès des migrant·e·s, entre actions d’accompagnement et plaidoyers, a réuni 5 000 festivaliers et militants ce samedi 7 septembre 2019 aux Docks de Paris (Aubervilliers).

Le BAAM festival invite 700 migrants à Aubervilliers

 

« Comment elle s’appelle maintenant, la scène parking ? », disserte un groupe de régisseurs près de l’entrée. Scène de vie ordinaire des festivals, où durant l’espace de quelques jours, le métro/boulot/dodo se transforme en concert/bières/pogo. Vu de loin, le BAAM festival ressemble à tous les autres : des groupes de jeunes aux visages pailletés s’attroupent près des bars à bières, quelques mètres plus loin, une file d’attente se forme devant la grand salle. La fondatrice de l’évènement, Héloïse Mary, revendique pourtant fièrement sa singularité. « Nous ne recevons aucune subvention privée et avons dû mobiliser les fonds propres de notre association. Si le festival a vu le jour, c’est grâce à la seule force de notre réseau de partenaires et à la bonne volonté de nos militants. » L’une des priorités était de pouvoir inviter les migrants avec lesquels la structure travaille au quotidien. Mission accomplie : 700 bénéficiaires de l’association assistent aujourd’hui gratuitement aux concerts et conférences proposées par le BAAM. 

 

« Le contexte festif est capital, car danser, c’est retrouver sa dignité. Mais nous ne pouvions concevoir cet évènement sans des temps de parole et de réflexion. » Sur la scène « Liberté », le débat entre l’écrivaine Grace Ly (Kiffe ta race), la productrice Laurence Lascary (De l’autre côté du périph) et le reporter Raphaël Krafft, qui interrogent la responsabilité des médias dans le traitement de l’information liée aux problématiques migratoires, attire des centaines de jeunes. « On est aussi venus pour ça. C’est un festival militant, la moindre des choses, c’est de s’intéresser au message qu’il veut nous délivrer », commente l’une des participantes. Comme elle, les festivaliers présents sur le site ont payé leur billet d’entrée 15 euros, un tarif bien inférieur à ceux pratiqués dans le secteur, pour venir applaudir des gros noms de la scène rap comme Nekfeu, Roméo Elvis ou encore Oxmo Puccino. Tous les artistes ont renoncé à leur cachet, afin que l’intégralité des bénéfices soit reversée à l’association. « Cela va nous permettre de dégager des revenus pour mener de futures actions, mais l’essentiel n’est pas là, ajoute Héloïse Mary. Ce festival, c’est de la politique. Nous voulons montrer que l’on peut faire la fête tous ensemble, dans l’harmonie. Et bien sûr, éveiller des vocations. » 

 

À 19 heures, la lumière commence à décliner mais les ateliers de langues proposés par les membres du BAAM ne désemplissent pas. Les food corners, tenus eux aussi par d’anciens migrants, sont pris d’assaut. À quelques mètres de là, les festivaliers et les drag queens de la troupe des Douze Travelos d’Hercule improvisent un match de foot sous le regard bienveillant des membres de l’association Équipe Sans Frontières, fondée il y a deux ans par… des anciens du BAAM. Loin d’être un simple festival familial, le BAAM a néanmoins su trouver sa famille : celle de la solidarité.  

 

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