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Par Carenews PRO - Publié le 3 octobre 2019 - 15:18 - Mise à jour le 7 octobre 2019 - 08:03
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[ON Y ÉTAIT] MÉCÈNES FORUM 2019 : faut-il en finir avec le mécénat ?

L’association de promotion du mécénat Admical a fait le choix d’interpeller son public en intitulant son « Mécènes Forum » : « faut-il en finir avec le mécénat » ? Cette journée de conférences, de rencontres et d’ateliers au Collège de France était en effet l’occasion pour les intéressés de prendre du recul sur une pratique qui n’a jamais été aussi florissante dans notre pays : le mécénat des entreprises représentait plus de trois milliards d’euros en 2017.

[ON Y ÉTAIT] MÉCÈNES FORUM 2019 : faut-il en finir avec le mécénat ?

Pourtant, il suscite aujourd’hui interrogations et critiques. Après la publication d’un rapport de la Cour des Comptes fin 2018 pour davantage l’encadrer, la polémique sur les dons des grandes fortunes de France pour reconstruire Notre-Dame, ou encore la tribune de l’économiste Thomas Piketty fustigeant « une idéologie de la philanthropie absolument scandaleuse », le secteur avait plus que jamais besoin d’un temps de réflexion et de débats sans langue de bois. Pari gagné : l’événement a affiché complet. La veille, la soirée de rentrée du Centre français des Fonds et Fondations au Théâtre du Châtelet faisait également salle comble. Des succès qui témoignent de l’envie forte des acteurs du secteurs de se mobiliser. 

Vers une réforme pour les grandes entreprises

Alors que le gouvernement prévoit une baisse du taux de réduction d’impôt du mécénat des entreprises de 60 % à 40 % à partir d’un seuil de deux millions d’euros, l’Admical s’est fermement positionnée contre cette réforme, dénonçant un « coup supplémentaire porté aux bénéficiaires des actions d’intérêt général ». Mais les panélistes à qui l’association a donné la parole n’ont pas tous partagé cette vision. C’est le cas de Jean-Michel Tobelem, professeur associé à l’Université Paris 1 pour qui « l’idée selon laquelle le mécénat ferait l’objet d’attaques ne remporte pas l’adhésion. On peut défendre la place du mécénat tout en se disant que la question fiscale est secondaire ». En clair, si le mécénat est bien « stratégique » comme le revendique un nombre croissant d’entreprises, ou bien « désintéressé » il n’y aurait pas particulièrement d’inquiétude à avoir. L’universitaire a d’ailleurs rappelé que plus de 90 % des entreprises en France ne pratiquaient pas le mécénat, mettant en lumière un chantier qu’il reste encore à relever pour les acteurs du secteur...

Mesurer la valeur sociale du mécénat

Au regard de ce débat sur la place de l’Etat et des initiatives privées, la question de la mesure de l’impact est plus que jamais d’actualité. Mathilde Lemoine, Chief economist du groupe Edmond de Rothschild a ainsi regretté le manque d’études disponibles sur la valeur sociale du mécénat, permettant de dire si oui ou non un euro dépensé par un mécène serait plus efficace qu’un euro dépensé par l’Etat. Alors la pérennisation du mécénat et son acceptation sociale viendra-t-elle d’une meilleure éthique du don et de la transparence ? Pour François Debiesse, le président d'Admical : « le mécénat est un outil au service de la démocratie participative ». Comment ne pas le défendre ?

Eux aussi y étaient : 

Sophie Faujour, représentante française de l’EVPA

« Notre réseau européen promeut des outils qui visent à rendre la philanthropie efficace et innovante. Cela fait quinze ans que nous partageons les meilleurs pratiques. Nous sommes absolument convaincus que le secteur privé a sa place pour accompagner le changement social. D’ailleurs, la question qui anime les entreprises aujourd’hui n’est plus « dois-je être mécène » mais plutôt « comment l’être ? » La collaboration publique privée doit se renforcer car tout le monde y gagnera. Les champions de la durabilité de demain seront les champions de la valeur sociale. »

Marc-Antoine Petit, attaché de mécénat aux Arts Florissants

« Il ne faut bien sûr pas en finir avec le mécénat, sinon on perdrait tous notre job (rires). Mais il est évident que les annonces du gouvernement font peur. Qu’adviendra-t-il de nos financements ? Ceci dit, la défiscalisation n’est pas le seul déclencheur du mécénat : l’engouement pour le projet, le besoin de motiver ses collaborateurs et de changer la donne comptent pour beaucoup dans les décisions des entreprises. Même si la réforme passe, le grand mécénat perdurera. »

Nilou Soyeux, déléguée générale de la fondation France Télévisions

« Tout le monde dit que les entreprises doivent être engagées et qu’il devrait y avoir un PIB de la bienfaisance et de l’intérêt général mais sur le terrain, je constate un manque, notamment en termes de ressources pour les associations. Mais le discours a progressé depuis cinq ans. Aujourd’hui les acteurs économiques mettent à égalité les enjeux économiques et sociétaux. Et en général, quand les discours changent, les actes suivent. »

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