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Par Carenews PRO - Publié le 4 novembre 2014 - 08:30 - Mise à jour le 11 février 2015 - 13:53
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[REPORTAGE] Niger un internat pour redonner un sourire au Sahel

Il fait un soleil de plomb sur Zinder, petite ville située au sud du Niger, non loin de la frontière avec le Nigéria. Soudain des cris, des chants et des rires viennent troubler le silence pesant de la steppe désertique. Comme chaque jour, le miracle se produit: 85 enfants s'apprêtent à commencer leur journée à l'internat de Zinder, créé par la Fondation d'entreprise Les Nouveaux Constructeurs-Premier en partenariat avec l’association française Education et Santé sans Fontière (Esafro) et l’association nigérienne Matassa. Carenews vous raconte son histoire.

[REPORTAGE] Niger un internat pour redonner un sourire au Sahel

C'est en 2006 qu’un ancien collaborateur Les Nouveaux Constructeurs, travaillant pour un organisme de développement allemand au Niger, propose à l'entreprise de soutenir une association locale  œuvrant pour l'éducation, Matassa, et de créer un internat à Zinder, petite ville située à 800km à l'est de Niamey, la capitale, en plein milieu du Sahel, une région très aride en proie à une grande instabilité en termes de sécurité. L'objectif de cet internat est de favoriser l'éducation d'enfants issus de villages de brousse et de les accompagner jusqu'à leur entrée dans la vie professionnelle.

 

Le défi est de taille: avec 62% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, le Niger est l'un des pays les plus pauvres au monde. Le taux de scolarisation dans les villages de ce pays essentiellement rural atteint à peine 25%, et seulement 9% des filles ont la possibilité de suivre un enseignement secondaire.

 

Forte de ce constat, la Fondation d’entreprise et l'association Esafro décident de se lancer dans cette aventure, et dès 2006, accueille les 12 premiers enfants dans une maison de location. En 2007, sous la houlette de l'architecte Lionel de Segonzac, partenaire de l’entreprise Les Nouveaux Constructeurs, la construction de l'internat commence avec la mise en place d'un bâtiment pouvant accueillir 85 enfants. Un deuxième bâtiment de taille similaire vient d'être achevé, doublant la capacité d'accueil de l'établissement.

 

L'internat accueille filles et garçons à parts égales. Les élèves, encadrés par un personnel nigérien composé d'un directeur, de professeurs, d'éducateurs, d'infirmières, de cuisiniers et gardiens passent l'année entière à l'internat, vacances comprises. Les enfants y sont pris en charge du point de vue scolaire mais aussi social.

 

"Les effectifs s'étoffent chaque année, nous explique Anne-Isabelle Dauça, responsable de la Fondation d'entreprise Les Nouveaux Constructeurs-Premier. Chaque année, nous recrutons 12 nouveaux enfants, qui viennent de villages de brousse autour de Zinder, le plus éloigné étant à 150km. »

 

Comme dans de nombreux pays sahéliens où les traditions séculaires de travail aux champs rendent souvent la scolarisation des enfants difficile, l'adhésion au programme par les familles est l'un des défis majeurs pour l'internat de Zinder.

 

"On conserve un lien fort avec les villages d'origine des enfants, explique Mme Dauça. Les enfants ne rentrent pas chez eux durant l'année scolaire, mais nous essayons de faire venir les parents durant les vacances de Noël. Nous avons  également mis en place dans ces villages, avec l'association Esafro, des activités génératrices de revenus pour les femmes, des actions de soutien scolaire pour les enfants qui ne sont pas sélectionnés pour venir à l'internat, et un service de santé, qui permet aux villageois de venir se faire soigner à Zinder dans de bonnes conditions."

 

Et ce travail de sensibilisation, notamment chez les femmes, commence à porter ses fruits.

 

"La scolarisation des filles reste toujours un problème, poursuit Mme Dauça, en particulier pour les adolescentes. Comme toutes les adolescentes du monde, elles sont dans une tranche d'âge difficile. Voyant leurs sœurs se marier, elles pensent qu'il serait peut-être plus facile de gérer une maison que de poursuivre des études. Heureusement, les femmes des familles nous soutiennent, ce sont elles qui envoient leurs filles à l'école, et c'est déjà, en soi, une grande réussite."

 

Mais d'autres nuages viennent voiler le ciel de Zinder, à commencer par la sécurité. À l'heure où le Sahel s'embrase et où les menaces à l'encontre des étrangers deviennent de plus en plus pressantes, la Fondation poursuit son action.

 

"Nous continuons malgré les menaces, malgré les dangers. Nous venons de terminer la dernière phase de construction de l'internat, et avons pris toutes les mesures de sécurité nécessaires. Nous avons des relais avec les autorités du Niger, et suivons de très près la situation."

 

Et l'objectif est élevé: 144 enfants devraient être scolarisés en 2017, comme autant de nouvelles perspectives pour ces enfants du Sahel. Et de quoi, peut-être, susciter d'autres belles initiatives dans ces régions où, parfois, un sourire d'enfant peut changer beaucoup de choses.

 

Les Nouveaux Constructeurs maintiennent et développent leurs actions en afrique avec l'association Yara  qui organise ce soir son premier diner de Gala au Palais Brongniart voir l'invitation

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Là où bat le cœur du monde, découvrez les reportages d’Alexandre Brecher

Co-fondateur de Carenews, Alexandre Brecher est un infatigable voyageur. Après avoir travaillé en France en tant que journaliste, il s’engage pour la mission des Nations Unies en Afghanistan. Depuis, il parcourt ces zones de conflit où l’histoire s’écrit à toute vitesse, comme le Libéria, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Nord, le Mali, la Centrafrique et l’Irak. Aujourd’hui basé à Yaoundé, au Cameroun, il présente sur Carenews ses reportages, récit des petites histoires qui font la grande, portraits d’une monde en perpétuel changement qu’il ne cesse d’explorer, fidèle à sa devise : « Les hommes pensent qu’il font des voyages, en fait ce sont les voyages qui nous font – ou nous défont. »

 

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