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Par Carenews PRO - Publié le 23 janvier 2013 - 08:27 - Mise à jour le 11 février 2015 - 13:14
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[EXCLU] Interview du co-fondateur de Canibal, la machine qui dit merci à la pause café!

Une machine qui permet un recyclage ludique dans les entreprises, ça existe! Lancée en 2009 par deux entrepreneurs français, Canibal permet un tri sélectif des déchets hors-domicile, tout en incitant au recyclage par un système de jackpot extrêmement ludique. Une belle aventure d’entreprise rendue possible par la progression forte de l’engagement sociétal des citoyens. Carenews a rencontré Stéphane Marrapodi, l'un des co-fondateurs.

[EXCLU] Interview du co-fondateur de Canibal, la machine qui dit merci à la pause café!
Carenews: Mr Marrapodi, merci de nous accorder un peu de votre temps. Tout d'abord, racontez-nous votre parcours d'entrepreneur. Stéphane Marrapodi: Tout commence avec la rencontre de mon associé Benoît Paget, au début des années 2000. Nous étions alors deux entrepreneurs évoluant dans le domaine de la régie publicitaire et des médias, et nous explorions chacun de notre côté les "médias tactiques", c'est-à-dire les nouveaux supports de communication. Très vite, nous avons monté ensemble l'agence publicitaire "Tapages Communication". On a alors eu l'idée de développer un système d'affichage innovant dans le monde étudiant. Par le hasard des rencontres, on est venu en 2009 nous proposer le réseau "Canibal", qui était en gros une poubelle placée dans les universités, et dans laquelle vous mettiez une canette. Chaque canette déclenchait un principe de jackpot, et si vous étiez gagnant, vous récupériez un petit cadeau du type stylo ou clé USB. Forts de notre expérience de publicitaires, nous avons repris le concept avec un principe simple: on met les machines gratuitement dans les universités, et on trouve des annonceurs qui mettent de la pub dessus et offrent les cadeaux. Nous avons alors rencontré le principal sponsor de Canibal, le leader mondial de l'aluminium, Constellium. Le groupe nous a fait part du fait que les matières premières se raréfient de plus en plus et que les coûts d'extraction de l'aluminium vierge sont de plus en plus élevés, alors que si l'on triait nos déchets hors-domicile, on pourrait recycler cette matière, comme on le fait notamment dans les pays d'Europe du Nord. On parle là de plusieurs milliers de tonnes par an. Nous avons donc revu le modèle économique et la machine, et rencontré toutes les parties prenantes dans le tri des déchets. Le Grenelle de l'Environnement, qui se tenait à ce moment-là, nous a permis de réunir un tour de table composé d'industriels qui nous ont fortement encouragés, nous suggérant de traiter également les gobelets et bouteilles en plastique. Au fil de l'eau, nous avons écrit le cahier des charges de la machine idéale et universelle, qui permettrait non seulement un tri efficace mais aussi une traçabilité des déchets, ainsi que de la meilleure organisation filière pour le traitement et le recyclage. Il fallait aussi responsabiliser les consommateurs, faire en sorte qu'ils prennent la responsabilité du recyclage. Carenews: Quelle est la base de votre concept? S.M.: Le concept a aujourd'hui comme fondamentaux l'outil de collecte, un outil à la fois performant et ludique, qui a la capacité d'accueillir plusieurs déchets, de les trier, de les compacter, tout cela dans une démarche de pédagogie et d'incitation avec le côté "jackpot", qui créée à la fois un lien entre le consommateur et l'outil, le consommateur et l'entreprise, le consommateur et la marque qui sponsorise. A travers la machine on peut diffuser un message. L'autre élément primordial est la capacité à prouver dans une politique RSE que l'outil que nous avons mis en place est une solution qui donne des résultats, en démontrant que les déchets collectés ont été recyclés dans le cadre d'une économie circulaire performante d'un point de vu économique et environnemental. Et puisque tout cela est traçable et mesurable, on peut l'évaluer sous forme de crédit carbone. Avec Canibal, on va donner une deuxième vie à des ressources naturelles, préserver la nature, et générer moins d'émissions de CO2. Nous faisons générer par deux organismes indépendants un certificat carbone qui peut être ensuite utilisé dans le bilan RSE des entreprises. Carenews: Quelle est votre porte d'entrée dans les entreprises? S.M.: Aujourd'hui, on a de plus en plus affaire aux responsables de la RSE qui cherchent à la fois à améliorer la politique déchets, à avoir des économies financières, du crédit carbone, et des arguments à faire valoir dans leur communication. Nous avons aussi pour interlocuteurs les responsables du développement durable, des services généraux, mais aussi le marketing, pour certaines enseignes, compte tenu de l'attractivité du support et à la capacité de générer du chiffre d'affaire supplémentaire. Carenews: Comment votre produit a-t-il été accueilli dans les entreprises? S.M.: Globalement très bien, de nombreuses entreprises ont accepté la machine en test, notamment Nestlé Waters, qui partage les mêmes valeurs que nous: l'éducation du consommateur et le recyclage de la matière, si possible dans le cadre d'une économie circulaire. Nous avons monté avec eux une opération à Roland-Garros, durant le tournoi, en plaçant une machine en plein milieu de la place des Mousquetaires. Du matin au soir, il y avait la queue devant la poubelle! Cette réussite montre bien que l'environnement doit s'enseigner de manière ludique, notamment avec cette notion de jeu, dont les gens sont très friands. Carenews: Et au niveau des collectivités? S.M.: Notre produit s'adresse avant tout aux entreprises. Demain, il se peut que les collectivités nous suivent, même si aujourd'hui, la priorité est donnée aux ordures ménagères et à l'amélioration des taux de collecte de recyclage sur ce type de déchets. Les collectivités n'ont pas encore véritablement abordé le hors-domicile. Carenews: Pensez-vous que vous auriez pu lancer un tel produit il y a une quinzaine d'années? S.M.: Non. Il y a une prise de conscience du citoyen, qui est à la fois consommateur, directeur du développement durable dans son entreprise, chef d'entreprise, contribuable, etc.. Le même individu a plusieurs rôles dans la société. C'est lui qui évolue et prend de plus en plus conscience des enjeux environnementaux. En quinze ans, la société a évolué, aujourd'hui, cela ne suffit plus de faire du "vert", il faut faire du développement durable. Il y a une prise de conscience incontestable, on la voit vraiment évoluer, notamment au niveau de nos interlocuteurs, de la qualité du discours. Mais on note aussi que l'entreprise est devenue responsable de ses déchets, et que la pression de contraintes financières augmente. Ces deux aspects ont conduit à un changement des mentalités et à une certaine maturité, que l'on retrouve chez nos clients. Aujourd'hui, nous sommes surtout sollicités par les grands groupes, très impliqués dans le développement durable. Carenews: Selon vous, cet engagement est-il authentique? S.M.: Oui, je pense qu'il y a une véritable volonté de progresser. Je ne vous aurais peut-être pas dit ça il y a quatre ans, mais aujourd'hui, on retrouve chez nos interlocuteurs une certaine maîtrise du sujet et la volonté de bousculer les choses établies. Carenews: Quels sont vos projets de développement? S.M.: A très court terme, nos souhaitons installer au plus vite la centaine de machines que nous avons vendues, puis de continuer à nous déployer, densifier notre maillage national. Nous voulons que ce déploiement soit mixte, entre des machines dédiées au tertiaire, et des machines dédiées aux lieux grand public. Nous voulons être présents dans un maximum de lieux de vie. L'autre aspect de notre développement, c'est l'international. Notre solution est exportable, et nous sommes aujourd'hui sollicités par de nombreux pays.
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