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Gaspillage alimentaire: Obliger les grandes surfaces à donner aux associations?

Gaspillage alimentaire: Obliger les grandes surfaces à donner aux associations?
Pas si simple. Les Banques Alimentaires expliquent leur vision sur les récentes initiatives pour lutter contre le gaspillage alimentaire.


En juillet 2014, le député du Nord Jean-Pierre Decool publiait une proposition de loi dont l’objectif visait à lutter contre le gaspillage alimentaire en obligeant les grandes surfaces de plus de 1000m² à donner les denrées alimentaires sorties de leurs rayons mais toujours consommables, aux associations d'aide alimentaire. 

Depuis, les associations d’aide alimentaire sont fortement sollicitées par les politiques et les médias pour expliquer leur fonctionnement et donner leur avis.

La mobilisation n’est pas récente. 

Depuis décembre 2012, le gouvernement et Guillaume Garot, ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire, réunissent régulièrement les acteurs de la chaîne alimentaire pour réfléchir à des solutions. Les Banques Alimentaires sont particulièrement mobilisées dans la réflexion et dans le suivi de la future politique publique qui doit voir le jour. 

Toutefois, l’engagement contre le gaspillage alimentaire ne date pas d’aujourd’hui. De nombreux acteurs engagés se mobilisent au quotidien sur le terrain (lire la note de l’association DiscoSoupe). Quant aux Banques Alimentaires, depuis 30 ans, elles agissent tous les jours pour sauver une partie des denrées alimentaires destinées à être jetées. 

Nous ne pouvons pas être contre des solutions qui proposent de lutter contre le gaspillage alimentaire …

Les Banques Alimentaires soutiennent toute mobilisation pour une meilleure valorisation des denrées alimentaires issues des distributeurs. 

La lutte contre le gaspillage est l'un des principes fondateurs des Banques Alimentaires et au cœur de son engagement. Chaque jour, depuis 30 ans, elles sauvent des denrées de la destruction pour les mettre à disposition des personnes fragilisées. 

32 000 tonnes proviennent uniquement des 1 800 grandes surfaces partenaires des Banques Alimentaires. 

Au final, ce sont 52 000  tonnes de produits qui sont collectés chaque année auprès des industries agro-alimentaires, des agriculteurs et de la grande distribution (en savoir plus sur les actions de lutte contre le gaspillage des Banques Alimentaires).

… mais les réponses doivent être adaptées au terrain et aux personnes!

De nombreuses initiatives pour lutter contre le gaspillage alimentaires, tels que par exemple le mouvement des Gars’pilleurs ou celui d’Arash Derambash à Courbevoie, se développent notamment au niveau local. La prise de conscience évolue et tant mieux. Toutefois, certaines de ces initiatives oublient la réalité du terrain et apportent parfois des réponses qui s’éloignent des principes d’hygiène et de sécurité alimentaire, ainsi que du savoir-faire associatif nécessaire au bon fonctionnement.

 « Néanmoins, c’est sur la forme que nous sommes réservés. En effet, le don, déjà largement pratiqué par les grandes surfaces, s’effectue dans un esprit de partenariat. Il ne faudrait pas que le caractère obligatoire nuise à cet état d’esprit.

Dans le souci d’apporter une alimentation de qualité, variée et équilibrée aux personnes que nous accompagnons, il ne faut pas se focaliser uniquement sur la quantité de denrées », explique Joël Duc, Responsable Hygiène, Sécurité Alimentaire et Développement Durable à la Fédération française des Banques Alimentaires (pour aller plus loin : lire l’article de Terra Eco sur le sujet, dans lequel intervient Joël Duc).

En effet, l’obligation posera des problèmes logistiques pour les associations. Combien d’associations sont aujourd'hui organisées, avec les ressources humaines (bénévoles) et matérielles, pour accueillir de telles quantités de denrées ? Stockage, traçabilité, hygiène, sécurité des aliments, mais plus encore, financement, doivent être au cœur du débat. 

Et puis l’objectif n’est pas la quantité, mais la qualité des produits qui seront distribués aux personnes en situation de précarité alimentaire. L’approvisionnement en produits variés est indispensable pour offrir une alimentation équilibrée et de qualité aux personnes fragilisées.

Privilégions la concertation de tous les acteurs

Pour les Banques Alimentaires, il est nécessaire qu'une concertation s’effectue entre les différents acteurs concernés : associations, enseignes de la grande distribution et pouvoirs publics. Il faut définir, ensemble, les modalités de mise en œuvre pour que celles-ci soient accompagnées d’un financement adéquat permettant aux associations de répondre dans les meilleures conditions.

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