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Par Carenews PRO - Publié le 17 novembre 2015 - 11:20 - Mise à jour le 24 novembre 2015 - 10:12
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[ENTRETIEN] Stéphane Martinez, président de la Fondation Mécène et Loire

La Fondation Mécène et Loire dirigée par Stéphane Martinez présente une double originalité : elle est collective et territoriale puisque financée par un ensemble de petites et moyennes entreprises d’un même département le Maine et Loire. Une initiative permettant la promotion d’un territoire par la mise en oeuvre d’actions d’intérêt général. Et qui pourrait faire des émules.

[ENTRETIEN] Stéphane Martinez, président de la Fondation Mécène et Loire

Pouvez-vous nous raconter votre expérience à la tête de la Fondation Mécène et Loire

J’ai été élu à la chambre de Commerce et d’Industrie du Maine-et-Loire en 2001 tout en étant patron de Marty Sports, une entreprise spécialisée dans les équipements sportifs pour collectivités. En 2005, une convention a été signée entre le Ministère de la Culture et les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) pour le développement du mécénat culturel auprès des petites et moyennes entreprises. Nous avons alors réfléchi aux moyens à mettre en oeuvre pour agir directement en collectant des fonds et en les redistribuant sur le territoire. La fondation d’entreprises nous a semblé le meilleur moyen d’y parvenir en l’absence de fonds de dotation à l’époque. Un montage original dans la mesure où cette fondation créée en 2007 concerne plusieurs entreprises au lieu d’une seule. Il s’agit d’une nouvelle forme de mécénat à la fois collectif et territorial.

Il s’agit d’un engagement très fort d’initiative privée pour l’intérêt général pour un montant minimum de 150 000 euros sur cinq ans que nous avons souhaité fixer à 750 000 pour Mécène et Loire 1re session. Pour les cinq premières années, la fondation comptait 24 entreprises  avec un budget annuel de 160 000 euros. En 2013, la fondation était reconduite avec 28 entreprises et un budget annuel de 200 000 euros, soit 1 million d’euros sur cinq ans.

Je suis depuis le début président élu de cette fondation dans laquelle les décisions sont prises de façon collégiale dans une ambiance amicale pour l’intérêt général des entreprises. Et je suis donc plutôt animateur que président.

C’est une belle aventure dans laquelle il est plus difficile d’entraîner d’autres chambres de Commerce et d’Industrie aujourd’hui malmenées par les évolutions réglementaires et fiscales.

 

Comment la Fondation fonctionne-t-elle ?

La Fondation a pour vocation de générer des fonds et de les utiliser pour le développement et le rayonnement culturel du Maine-et-Loire en soutenant des actions d’intérêt général. Elle intervient de deux façons. 

En lançant chaque année un appel à projets d’une part. Pour le dernier appel à projets 99 dossiers ont été examinés et 17 sélectionnés pour l’année 2015/2016. Ce sont des projets à forte implication culturelle (82%) où le domaine musical occupe cette année une place de choix avec sept actions (Chorale Diapason, Le Rivage des Voix, Les concerts de Pierric…), deux étant consacrées à la solidarité (Compagnie RAConte, Unité Mobile Premiers Secours de Maine et Loire). La Fondation participe au financement de ces projets.

D’autre part la Fondation entreprend aussi chaque année à travers la Bourse Mécène et Loire une action différente. En finançant intégralement un projet qui prendra son envol et fera rayonner le territoire et la Fondation. Une bourse de 20 000 euros est allouée à un jeune artiste pour produire une oeuvre. Le concours lancé en 2015 ayant pour thème « Art, Innovation, Économie » a été remporté par la « Bande Passante ». Il s’agit d’une oeuvre sonore exposée au théâtre LE QUAI à Angers. C’est un projet innovant permettant à une personne du public de vivre une expérience nouvelle en entrant physiquement dans le son. 

 

Quel est l’avenir du mécénat pour les petites et moyennes entreprises ?

Nous avons travaillé avec le pôle régional du mécénat des Pays de Loire qui rassemble cinq départements et que je préside également avec l’objectif de créer des structures comme la nôtre, la Fondation Mécène et Loire étant impliquée dans cette création. Je suis optimiste pour l’avenir, le mécénat étant de mieux en mieux perçu par les porteurs de projets, les dossiers présentés de plus en plus structurés. Une professionnalisation s’installe avec des dossiers très bien renseignés sur une vingtaine de pages comme demandé sans propositions excentriques.

Un des dangers est que chacun tire dans son sens il est pour cela important que le pôle régional soit avant tout un lieu d’échanges. La Mayenne va bientôt s’engager dans la voie du mécénat, la Loire-Atlantique aussi, les autres peuvent très bien s’y mettre aussi. En tout cas, j’y crois, car une fois que l’on a fait connaissance avec le mécénat on ne peut que constater à quel point il fait tomber les barrières entre culture et entreprise. Et les patrons ont souvent envie que leur lieu de travail et d’habitat se développe grâce à la culture. 

 

Crédit photo : Marty Sports

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