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Par Carenews PRO - Publié le 3 décembre 2015 - 09:34 - Mise à jour le 29 janvier 2016 - 15:39
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[ENTRETIEN] Chantal Larcade, déléguée générale de la Fondation Mustela

Chantal Larcade est déléguée générale de la Fondation Mustela après avoir occupé le poste de directrice de la communication, de la RSE et du mécénat du groupe Expanscience. Lors de cet entretien, elle a livré une vision très professionnelle du mécénat, celui de la fondation s'appuyant sur un collège de professionnels de la santé et de l’enfance. Pour elle, les métiers de la philanthropie sont faits d’humilité et d’engagement, mettant en lumière les actions plutôt que l'engagement personnel. 

[ENTRETIEN] Chantal Larcade, déléguée générale de la Fondation Mustela

Quel parcours vous a menée à devenir déléguée générale de la fondation Mustela ?

J’ai été directrice de la communication, de la RSE et du Mécénat chez Expanscience pendant de nombreuses années.  Aujourd’hui, jeune retraitée, ce poste de déléguée générale de la fondation Mustela, c’est le fruit de la volonté du Président d’Expanscience, comme pour ce type de poste bien souvent.

Dans les années 90, la fondation était gérée par un conseil extérieur et elle se consacrait à seulement deux opérations. Le rôle qui m’a alors été confié était non seulement de la diriger mais aussi de la faire évoluer. Beaucoup de personnes veulent faire du mécénat, mais ça ne s’improvise pas. Il faut l’abnégation de ce qu’on est, faire preuve d’humilité, de don de soi, d’écoute et ne pas être dans la mise en lumière.

 

Comment fonctionne la fondation Mustela ?

La fondation Mustela a été créée en 1982, et à l’époque il n’y avait pas pléthore de fondations d’entreprise comme aujourd’hui. Ce qui a marqué dès sa création la fondation, c’est qu’elle a été placée sous l’égide de la Fondation de France par le père de l’actuel président, Jean-Paul Berthomé.  C’est donc une fondation sous égide et sa spécificité c’est qu’elle est dédiée aux professionnels de santé de l’enfance. Ce n’est pas à proprement parler une fondation « grand public ». La finalité est bien sûr l’enfance, mais par le biais des professionnels de ce secteur. La fondation s’appuie toujours sur des professionnels de santé ; on ne passe que par eux. Par exemple concernant les guides que nous éditons, la thématique est toujours choisie avec un comité de professionnels en obstétrique ou en puériculture. Ensuite, la fondation s’occupe de la coordination du comité et de la mise en forme, sous format web et papier.

Une autre caractéristique de la fondation, c’est que bien que portant le nom de Mustela, elle a toujours été gérée à côté. Ses actions sont déconnectées des actions de la marque.

La fondation a une petite équipe. Le président bien sûr, qui valide les orientations. Je m’occupe de piloter la stratégie, de tous les contacts avec les professionnels de santé et du suivi des projets primés. Une personne est dédiée à la communication. Enfin, deux personnes sont chargées de l’aspect administratif et du suivi des appels à projets.

Le budget de la fondation est de 450 000 euros par an. C’est une enveloppe globale qui est répartie selon trois axes :

- soutenir la recherche,

- favoriser la prévention et l'information pour la santé de l'enfant et

- financer la mise en place d'actions de terrain en France et à l'international.

La Fondation Mustela se développe également au plan international avec au niveau de la recherche la déclinaison du prix de maïeutique français dans certaines pays d’Europe (Belgique et Pologne en 2015, Italie et Portugal en 2016) et le financement d’actions de terrain dans bien d’autres pays.

 

Pouvez-vous nous livrer votre regard sur le mécénat ?

Beaucoup de personnes veulent être acteurs dans le mécénat. Je pense qu’il faut d’abord être capable de faire du bénévolat. Il faut être à l’écoute des réels besoins et intégrer la pérennité dans les actions étudiées. On ne fait pas du mécénat pour soi mais pour aider les autres.

Ma deuxième conviction c’est que c’est un milieu où il faut être prudent. On ne peut pas faire du mécénat n’importe comment. Par exemple, lorsque nous sommes sur des sujets humanitaires à l’étranger, nous nous rapprochons de la Fondation de France. Quand on intervient dans ces domaines, il faut être accompagné de grandes institutions qui détiennent l’expertise ou d’associations qui agissent depuis longtemps localement et connaissent les spécificités des pays.

Enfin, la pérennité est importante ainsi que le transfert de savoir. Il faut former et s’installer dans la durée plutôt que d’intervenir ponctuellement. C’est ce que nous avons fait par exemple à Madagascar, il faut que les populations locales acquièrent et gardent leur autonomie.

Pour conclure, je souhaite dire que le mécénat est de plus en plus répandu. Ainsi, les collaborateurs et les parties prenantes des entreprises veulent voir que les entreprises sont capables de reverser quelque chose. C’est très important. Il faut aller vers un partage des richesses, dans les pays pauvres, mais en France aussi il y a besoin d’aide.

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