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Par Carenews PRO - Publié le 27 janvier 2017 - 08:55 - Mise à jour le 10 février 2017 - 10:25
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[ENTRETIEN] Fabienne Ernoult, déléguée générale RSE et Fondation APRIL

Convaincue qu’une entreprise ne peut continuer à se développer dans un environnement social dégradé, Fabienne Ernoult mène avec conviction son engagement dans la responsabilité sociale du groupe APRIL. À la tête de la RSE comme à la Fondation.

[ENTRETIEN] Fabienne Ernoult, déléguée générale RSE et Fondation APRIL

Quel parcours vous a menée à cette double responsabilité ?

Après une double formation en commercial marketing et ressources humaines, j’ai démarré ma vie professionnelle dans une société de conseil qui m’a permis d’apprendre le métier de commercial sur le terrain pendant trois ans. Ce qui m’a été bien utile lorsque j’ai été confrontée aux courtiers chez APRIL. En 1999 le groupe m’a proposé de créer une filiale de télémarketing destinée aux grands comptes et grands courtiers. C’était ma première expérience de management. Deux ans plus tard je suis passée à la communication interne puis au pôle développement humain. 

Cela a été une formidable rencontre entre le groupe et mon parcours professionnel. Le groupe APRIL était en effet récent par rapport à tous ceux installés de longue date et en forte croissance. Pour se démarquer, il a voulu changer l’image de l’assurance en la rendant accessible à tous, y compris les exclus du champ. Il a ouvert le recrutement à ceux n’ayant pas de formation en assurance, mais aussi aux personnes ayant un handicap. Avec une conviction forte: développer l’humain dans l’entreprise. C’est pourquoi le premier guide du management a été fait avec les managers. En 2004 un coup d’accélérateur a été donné avec la création de la Mission Handicap et l’Université d’entreprise.

En 2011, alors que j’allais amorcer ma troisième année de congé parental, j’ai été rappelée pour créer la direction RSE. J’ai toujours aimé les créations et suis donc revenue comme déléguée générale de la RSE, mais aussi de la Fondation.

C’est à ce moment qu’a été créée au sein de la RSE une école d’insertion destinée à des jeunes peu ou pas diplômés, mais à fort potentiel. En cinq ans 70 jeunes ont ainsi été intégrés.

 

Quels sont les rapports entre la RSE et la Fondation APRIL ?

Beaucoup d’actions que nous menons aujourd’hui existaient déjà en 2011, mais en regroupant celles de la RSE et de la Fondation nous leur avons donné plus de sens. Depuis sa création en 2008, la Fondation APRIL qui dispose d’un budget de 200 000 euros vivait sa vie en s’engageant sur les grands enjeux de responsabilité et équité en matière de santé. Elle essaie d’éclairer les grands sujets comme la survie du système de santé. Elle édite des livres diffusés chez les médecins ou auprès des associations de patients pour aider la société civile à prendre sa santé en mains. Elle soutient des projets à travers une dizaine d’associations renouvelées en partie chaque année. Elle a édité pour la deuxième fois fin 2016 un Baromètre des aidants avec BVA. Pour mieux cerner cette communauté, ses difficultés, ses besoins. Elle est encore très mal connue alors qu’elle concerne 20% de la population.

Mais si la RSE s’intéresse à la société civile, il doit y avoir une cohérence avec la Fondation (c’est particulièrement vrai dans le cadre du mécénat de compétences). Il ne doit plus y avoir les « bonnes oeuvres » de la Fondation d’un côté et l’action des salariés en interne. Nous menons donc avec les salariés de l’entreprise (250 sont aujourd’hui engagés dans des associations) des actions en direction de la société civile qui sont lancées par la Fondation. C’est la cas de la campagne STAND UP ! pour lutter contre la sédentarité qui tue plus cinq millions de personnes dans le monde chaque année. C’est un enjeu de santé publique qui en appelle à la mobilisation de tous. 

La Fondation a donc sa propre gouvernance  et lance les appels à projets dans le cadre d’orientations générales concertées avec la RSE.

 

Comment voyez-vous le mécénat évoluer ?

Le mécénat est à l’image de la société. Le digital y est désormais très présent. Le collaboratif avec le crowdfunding est une vraie nouvelle donne avec un engagement immédiat, mais aussi le risque du zapping. 

Le mécénat de compétences me semble aussi de plus en plus présent et représente environ 10% du mécénat d’entreprise. 

Il est aussi plus territorial et sert de trait d’union entre l’entreprise et le territoire.

La mise en commun des moyens par les fondations est aussi un nouvel aspect du mécénat. Nous menons avec les fondations Seb, Olympique Lyonnais, Caisse d’Épargne et Agefos PME une action en faveur de l’insertion des jeunes pour améliorer l’employabilité par l’orthographe dans les associations aidées. Cette opération à laquelle chaque fondation a consacré 15 000 euros est menée en partenariat avec le Projet Voltaire permettant à 500 jeunes d’obtenir le certificat Voltaire.

Dernière remarque: il me semble que de plus en plus le monde associatif rejoint le monde du business.

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