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[DANSLESMURS] Valentine Goby & ses lectrices à la prison de Versailles

[DANSLESMURS] Valentine Goby & ses lectrices à la prison de Versailles
Il y a la culture "Hors les Murs "dans de nombreux festivals et expositions, à l'extérieur des lieux classiques comme les musées et les galeries. On en parle moins mais il y aussi en France une culture "Dans les murs", en prison, grâce à de nombreux professionnels du théâtre, de la musique. Lire pour en Sortir fait depuis peu partie de ces acteurs grâce à ses programmes d'accompagnement de la réinsertion des personnes détenues via la lecture et la littérature. Au niveau national (nous sommes présents dans huit établissements pénitentiaires et nous en visons 50 d'ici 202 - soit la moitié du parc carcéral) nous agissons pour faire davantage entrer les livres dans les prisons. Aux côtés de partenaires comme les bibliothèques municipales, les réseaux de visiteurs et d'intervenants en prison comme le Secours Catholique Caritas France ou l'ANVP, ou encore les personnels pénitentiaires, nous invitons chaque trimestre dans chaque prison un auteur pour aller à la rencontre des personnes détenues lectrices. Retour sur le dernier événement organisé le 24 février dernier à la Maison d'Arrêt des femmes de Versailles avec l'écrivaine Valentine Goby.


Si les auteurs qui vont à la rencontre des prisonniers sont très divers (dans le cadre de nos programmes de lecture comme au sein de d'autres associations plus ou moins locales), on peut souligner que Valentine Goby n'est pas tout à fait comme les autres. Écrivaine à temps plein depuis peu, elle fût professeur de lettres et bénévole dans l'humanitaire en Asie et va régulièrement à la rencontre de personnes détenues pour des ateliers d'écriture. Valentine Goby a donc une aisance, une empathie et un talent d'oratrice qui ont fait de cette rencontre avec les lectrices de la Maison d'arrêt des femmes de Versailles un moment riche en échanges très personnels sur le thème de la filiation, de la famille, mais aussi de l'histoire individuelle et de l'Histoire.

Pourquoi venir à la rencontre des personnes détenues ?

Pour Valentine Goby transmettre est "une vocation naturelle, dedans et dehors, pas de différences, on parle à des lecteurs". A des lecteurs, mais aussi à des  auditeurs - toutes les personnes présentes n'ont pas toutes lu le livre Un Paquebot dans les arbres (offert par Lire pour en Sortir), mais l'une d'elles, Laurence*, souligne à quel point "les détails du livre [sont] dingues quand lecture à voix haute de passages du livre!".

Faut-il de l'imagination pour écrire ?

Valentine ne croit pas qu'on ait besoin d'imagination pour écrire : "tout vient de nous à l'intérieur". Même lorque comme elle on écrit sur l'Histoire et souvent à partir de témoignages, on met aussi des morceaux de soi qui enrichissent le roman. Les personnes détenues témoignent presque toutes de leur envie d'écrire pour exprimer ce qu'elles ressentent, leur expérience de la prison. Mettre de son vécu dans un récit évite selon Valentine Goby "le côté biographique" et permet de témoigner de manière plus large et toucher davantage de gens. La jeune Iris* est par exemple touchée par la proximité géographique entre les lieux du livre et chez elle (environs de Mantes-la-Jolie).

Le moment dans la vie où la vie prend le dessus

Par son témoignage d'auteur en devenir, d'écrivaine professionnelle, mais aussi de mère, de fille de, Valentine Goby a su toucher les participantes à cette rencontre. Les livres sont un moyen de vivre...

* les prénoms ont été modifiés

Un paquebbot dans les arbres, éditions Actes Sud 2016 : Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

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