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Quand les filières pro se mettent au service de l’Opéra

Quand les filières pro se mettent au service de l’Opéra
L’art lyrique ne devrait pas être l’apanage de connaisseurs. Magnifique performance, l’opéra se révèle aussi un formidable tremplin pédagogique pour les lycées professionnels. C’est en tout cas le pari de La Fabrique Opéra.


Démocratiser l’Opéra jusque dans sa fabrication

Au commencement de La Fabrique Opéra, il y a l’urgence d’agir pour un art qui se meurt de ne pas réussir à renouveler son public. 4% seulement des français sont allés ou vont à l’Opéra. Une part qui n’a pas augmenté depuis 40 ans. Et la moyenne d’âge des spectateurs vieillit, inexorablement.

Pourtant l’Opéra est une fascinante machine. Autour des artistes et de l’orchestre fourmille une galaxie de métiers : maquilleurs, couturiers, menuisiers, charpentiers, coiffeurs et tant d’autres.

En 2006, à Grenoble, le chef d’orchestre Patrick Souillot décide de démarcher les lycées techniques. Si les filières professionnelles sont souvent dévalorisées, elles représentent de véritables viviers d’artisans en devenir. Six établissements s’engagent alors avec lui dans la réalisation d’un monument du genre : La Flûte Enchantée. Grand succès. Quatre représentations au Summum de Grenoble, un plateau artistique de très grande qualité, 7700 spectateurs… et une pluie d’applaudissements pour quelque 450 jeunes ayant travaillé d’arrache-pied pendant toute l’année scolaire. La moitié des spectateurs présents dans la salle découvre pour la première fois un concert classique !

Depuis onze ans, La Fabrique Opéra a monté, à Grenoble puis à Orléans, bien d’autres opéras, dits « coopératifs » : Aïda, Rigoletto, Carmen, La Bohème... Chaque fois, la même expérience fédératrice. Les jeunes assistent à l’accomplissement de leur propre travail, mais aussi à la rencontre du grand public avec les œuvres lyriques. Une alchimie rendue possible par un concept fort : l’implication des jeunes en amont, le choix d’une salle populaire, un financement par une billetterie aux prix attractifs, et une réelle narration en français sans surtitres.

Un prisme nouveau et valorisant pour les élèves des filières professionnelles

« Au travers de la réalisation d’un opéra, les jeunes peuvent s’intéresser autrement à leur métier. Ils construisent ensemble un projet dont ils sont fiers et dont ils sont devenus les ambassadeurs », explique Benjamin Molleron, directeur du développement de La Fabrique Opéra.

L’Opéra choisi pour l’année fait partie intégrante du programme d’enseignement des lycées partenaires. Le module n’est pas obligatoire, mais l’enthousiasme des élèves est tel qu’il ne souffre pas d’absentéisme. Les professeurs, heureux de pouvoir rassembler leurs élèves autour d’un projet grandiose, l’intègrent pleinement dans leurs évaluations de fin d’année.

Au fur et à mesure de cette gigantesque entreprise, les jeunes se transforment. Au départ plutôt en retrait (« monsieur, c’est obligé ou pas ? »), ils comprennent vite qu’ils y trouveront reconnaissance, dépassement de soi et épanouissement.

Et mesurent les enjeux : « on compte sur eux, raconte Benjamin Molleron. Les costumes et les décors doivent être prêts le jour J, pas trois jours après. Un opéra, c’est 450 jeunes qui comptent les uns sur les autres pour que tout le monde soit à l’heure et que la magie opère. C’est une aventure humaine comme il y en a peu et qui galvanise tout le monde. »

Y compris les professionnels. Car les solistes, l’orchestre et les équipes techniques sont eux issus du sérail, choisis pour leur talent et leurs compétences. Côté scène, l’ambition et la qualité artistique doit être au rendez-vous. Côté coulisses se tissent des liens privilégiés entre les jeunes et les artistes. Des liens de transmission, d’écoute, de partage : « Les professionnels viennent à La Fabrique Opéra pour ce supplément d’âme. »

Une action culturelle menée au cœur des territoires avec le soutien de la Fondation SNCF

Après Grenoble, la Fabrique Opéra a pu essaimer son beau projet dans d’autres grandes villes françaises avec le soutien de la Fondation SNCF : Orléans depuis 3 ans, et cette année, Angoulême et Bordeaux. Objectif affiché : ouvrir une à deux nouvelles structures chaque année !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le domaine Culture de la Fondation SNCF >  

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