Ukraine : « la guerre se poursuit pour les enfants déplacés à l’intérieur du pays », alerte l’Unicef
Dans un communiqué publié le 17 février, l’organisation humanitaire aborde les conséquences de la guerre en Ukraine sur les enfants, notamment sur leur santé physique et mentale.
« Des millions d'enfants et de familles ont fui leur foyer en quête de sécurité, et un enfant sur trois est toujours déplacé après quatre ans de guerre incessante. Pour les enfants ukrainiens, la protection est de plus en plus difficile à trouver, car les attaques contre les zones civiles se poursuivent dans tout le pays. À bien des égards, la guerre poursuit ces enfants », avertit Regina De Dominicis, directrice régionale de l'UNICEF pour l'Europe et l'Asie centrale dans un communiqué publié le 17 février.
Dans ce document, l’agence des Nations unies dédiée à l’enfance rappelle que « plus d’un tiers des enfants ukrainiens, soit 2 589 900, sont toujours déplacés à l’aube de la cinquième année de guerre en Ukraine. » Parmi eux, 1 798 900 vivent en tant que réfugiés à l’étranger et 791 000 se trouvent dans le pays. L’Unicef souligne que « les attaques continuent de frapper les grandes villes et de détruire les services essentiels dont [les enfants] dépendent. »
Pour les enfants ukrainiens, la protection de plus en plus difficile à trouver, car les attaques contre les zones civiles se poursuivent dans tout le pays", Regina De Dominicis - directrice régionale de l'UNICEF pour l'Europe et l'Asie centrale.
Impact de la destruction des infrastructures énergétiques
« Les bombardements, y compris les frappes à longue portée intensifiées, ont tué ou blessé plus de 3 200 enfants depuis le 24 février 2022 », déplore l’organisation. Cette dernière note une augmentation de 10 % du nombre d’enfants victimes en 2025 par rapport à 2024.
Les nombreuses entraves à la scolarité sont abordées : « plus de 1 700 écoles et autres établissements d'enseignement ont été endommagés ou détruits, ce qui empêche un enfant sur trois de suivre un enseignement en présentiel à temps plein ». L’organisation revient aussi sur les récentes frappes qui ont touché les infrastructures énergétiques. Ces dernières « ont laissé des millions d'enfants et de familles confrontés à des températures extrêmement basses, luttant pour leur survie, contraints de passer plusieurs jours chez eux sans chauffage, électricité ni eau », pointe l’Unicef.
L'organisme des Nations unies met en avant les nombreuses conséquences sur la santé physique des bébés et des jeunes enfants ukrainiens qui « sont les plus exposés aux maladies respiratoires et à l’hypothermie, alors même que les infrastructures médicales peinent à fonctionner en raison des attaques et de la réduction de l’approvisionnement en énergie. » Leur santé mentale est « mise à rude épreuve » par le conflit, ajoute l’organisation.
« La peur constante des attaques, le confinement interminable dans les sous-sols et l'isolement à la maison avec des relations sociales limitées ont plongé les adolescents dans une situation difficile. Une enquête récente a révélé qu'un jeune de 15 à 19 ans sur quatre perd espoir en l'avenir en Ukraine », peut-on lire.
« Les obligations découlant du droit international humanitaire doivent être respectées et toutes les mesures possibles doivent être prises pour protéger les enfants et les infrastructures civiles dont ils dépendent. Chaque enfant a le droit de grandir en sécurité et ce droit doit être respecté sans aucune exception », réagit Régina De Dominicis.
Léanna Voegeli 