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Par Carenews INFO - Publié le 17 mars 2014 - 14:15 - Mise à jour le 24 janvier 2017 - 11:02
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Chômage: quand la solidarité passe par l’écoute

Etre plus qu'un simple dossier. Ne pas se sentir seul. Prendre confiance en soi. Découvrir ses compétences inconnues. Et à terme, retrouver un travail. Voilà ce qu'offre Solidarités nouvelles face au chômage et ses centaines d'accompagnateurs bénévoles, persuadés que dans la recherche d'emploi, le mental et la motivation sont essentiels.

Chômage: quand la solidarité passe par l’écoute

Chômage: quand la solidarité passe par l’écoute

Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) a été créée en 1985 par le haut fonctionnaire Jean-Baptiste de Foulcaud. Convaincu que le monde des travailleurs et celui des chômeurs étaient trop cloisonnés, son idée était de recréér des liens entre les deux. Loin des associations ou des entreprises qui proposent des suivis dits de "coaching", SNC ne promet pas aux personnes de trouver un emploi tout de suite mais de se mettre en conditions pour, sereinement. Hélène X, ancienne bénévole aujourd'hui salariée nous explique: " On ne cherche pas de résultats rapides donc on prend le temps et sort de la rentabilité habituelle. L'idée c'est qu'en France, les aides à la recherche d'emploi sont très techniques alors qu'il faut y ajouter un volet plus psychologique. ".

Les personnes en recherche d’emploi - 2500 en 2012 - sont suivies par un binome complémentaire de bénévoles. Ils offrent alors écoute et conseil pour une période indeterminée. Lors des premiers rendez-vous, les accompagnateurs font l'exercice des talents: parlent beaucoup avec la personne pour découvrir ses compétences et talents cachés. Hélène nous raconte l’un des nombreux résultats positifs de l’exercice " C'était un homme qui avait fait toute sa vie dans l'industrie et avait été licencié parce que son entreprise fermait. Après plusieurs rencontres, le binome s'est rendu compte qu'il était passionné d'art, il en parlait tout le temps. Il lui ont fait remarquer et comme l'éducation nationale recrute beaucoup de vacataires, il est devenu professeur d'art plastique."  

Des histoires comme cela, SNC en a plein: " L'équipe de Versailles suivait une femme venue de Thaîlande qui invitait toujours ses accompagnateurs à manger chez elle. Il lui ont ouvert les yeux, fait remarquer qu'il n'y avait pas de restaurant thaîlandais dans le quartier et elle a ouvert le sien!" Hélène nous explique que les bénévoles essayent d'avoir une vision large de la personne et de ne pas la cloisonner: " C'est pervers mais quand on est au chômage, on se raccroche à ce que l'on connaît alors que ce n'est peut-être pas la solution". Cette technique d'accompagnement semble avoir fait ses preuves puisque 62% des accompagnés trouvent une issue positive: un emploi, une formation ou une création d'entreprise.

Des frontières poreuses entre bénévoles et chômeurs

Présent dans toutes les régions, SNC s’organise en groupes de solidarité locaux. La personne suivie fait donc partie de toute une communauté , profite de l’ensemble du réseau et non seulement celui des binomes, c’est le rôle démultiplicateur de ces comités. Cours d’anglais, d’informatique, simulation d’entretiens, formation au CV, sophrologie, plusieurs ateliers sont aussi proposés. Des occasions de plus de partager son ressenti “ Le principal est de rencontrer, parler de son chômage puisque souvent on a du mal à le faire avec son entourage, étant mal à l’aise. C’est fou comme six mois de chômage peuvent suffire à dérégler les relations humaines; il faut savoir digérer un licenciement.

SNC fait aussi de la création d’emplois dits solidaires. Le dispositif visant les personnes de chômage de longue durée - plus de un an - leur permettent d’avoir un revenu alors qu’elles n’ont souvent plus droit à aucune allocation. Le poste est créée dans une association ou en entreprise ESS qui n’a pas les moyens d’employer. C’est SNC qui rémunère la personne, à hauteur de 115% du smic.

Mon avenir s'éclaire Et puis, quand ma situation sera bien stable, je serai bénévole à mon tour. “ confie Antifata, qui termine en ce moment sont CAP dans la restauration. Il y a beaucoup de belles histoires d’accompagnés devenant accompaganateurs mais Hélène nous fait redéscendre sur terre et ajoute : “ les frontières sont très poreuses, malheureusement il y a aussi des accompagnateurs qui se retrouvent au chômage et donc accompagnés”. La tendance actuelle n’est en effet pas à l’amélioration et l’association s’en inquiète : “ La durée de chômage s’allonge alors même si certains bénévoles suivent cinq ou six personnes à la fois, il y a moins de turn over. On recherche donc de nouveaux bénévoles, pour atteindre notre volonté d’être présents dans tous les départements notamment ”.  A bon entendeur.

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