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Par Carenews PRO - Publié le 8 novembre 2017 - 18:41 - Mise à jour le 24 novembre 2017 - 10:11
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[OBJECTIFS MONDIAUX] L’ODD5, une promesse d’égalité entre les sexes pour 2030

17 objectifs de développement durable (ODD), également nommés Objectifs mondiaux, sont un appel international à horizon international qui vise à éliminer la pauvreté, protéger l'environnement  et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité. À l'horizon 2030, c'est d’intérêt général qu'ils soient atteints. Tous les mois, l'association Convergences livre pour carenews.com une chronique. Ce mois-ci, l'article aborde l'égalité femmes-hommes, un sujet transversal et prioritaire pour les Nations-Unies au même titre que la lutte contre la pauvreté.

[OBJECTIFS MONDIAUX] L’ODD5, une promesse d’égalité entre les sexes pour 2030

Selon les Nation-Unies, les causes de la non-durabilité et de l’inégalité entre les genres sont profondément liées. Assurer la participation des femmes dans les sphères publiques signifie aussi augmenter les probabilités d’investissements sur des priorités de développement. De même, l’amélioration de l’accès à l’éducation et à l’emploi des femmes est non seulement un sujet d’égalité entre les sexes mais a également un impact direct sur le développement économique : le savoir-faire et l’action des femmes ont un énorme potentiel pour créer des économies plus durables et résilientes.

 

L’importance et la transversalité du sujet de l’égalité entre les sexes sont largement reconnues et prises en compte par les Objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015 et qui constituent le nouvel agenda mondial de développement. Avec un objectif spécialement dédié à l’égalité des genres, l’ODD 5,  l’égalité femmes- hommes se trouve dès lors placée au même niveau de priorité que l’éradication de la pauvreté ou que la promotion de la paix et de la justice.

 

Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles : quels défis ?

Le Forum Economique Mondial (FEM) estime qu’au rythme actuel, les inégalités entre les femmes et les hommes ne disparaîtront pas avant 2234.

La situation du marché du travail est révélatrice. En France par exemple, à un écart salarial entre les femmes et les hommes de 9,9 % s’additionne la sous-représentation dans les postes à responsabilité, avec seulement 31,7% de femmes parmi les cadres dirigeants.

À ces inégalités socio-économiques et aux discriminations s’ajoutent les violences de genre dont sont victimes de nombreuses femmes, sous différentes formes (violences physiques, psychologiques, et sexuelles). En  témoigne notamment la viralité de la campagne #MeToo lancée sur les réseaux sociaux.

Toujours à l'échelle de la planète, elles sont 14 fois plus touchées par les effets du changement climatique : accès à l'eau, la nourriture, épidémies, conséquences de catastrophes naturelles, ... Face à ces défis, les efforts à fournir d’ici 2030 pour réduire ces inégalités restent considérables.

 

Égalité femmes-hommes : quels outils et quelles solutions ?

L’autonomisation des femmes est l’un des premiers leviers d’action pour la réalisation de l’ODD 5. Les projets d’empowerment sont de plus en plus fréquemment inclus dans les projets de développement, signe d’une appropriation des problématiques d’égalité femmes-hommes et d’autonomisation de ces dernières par les ONG et la société civile. Les bailleurs de fonds se montrent également plus vigilants sur cette dimension. Au niveau international, la Stratégie genre et développement (2013-2017) participe sur un plan politique de cette volonté d’action.

Sur le plan national, les cadres législatifs peuvent fournir un cadre favorable à davantage d’égalité. La France s’est par exemple dotée d’outils pour promouvoir l’égalité homme-femme. La dernière loi du 4 août 2014 sur l'égalité réelle, met ainsi en place des mesures concrètes de lutte contre les inégalités où qu'elles se trouvent : au travail, dans la sphère familiale, ou encore au sein de l’espace public. Pour un réel impact de ces dispositions législatives, il faut premièrement s’assurer de l’application des lois existantes. L’Islande est ainsi devenue le 1er pays à imposer l’égalité de salaires pour les entreprises de 25 salariés ou plus, sous peine d’amende. L’impact est aussi conditionné à une meilleure appropriation par tous des enjeux de l’égalité hommes-femmes : les dispositifs de sensibilisation et la lutte contre les stéréotypes et attitudes sexistes sont donc complémentaires des dispositifs législatifs.

Au-delà des états, les entreprises peuvent aussi être leaders dans la lutte pour l’égalité entre les sexes. Les formations et les pratiques salariales égalitaires, les actions de sensibilisation via une communication interne et externe ciblée, les évènements ad hoc… sont autant d’actions qui se multiplient et qui doivent continuer à être répliquées. À l’instar de L’Oréal, entreprise la plus égalitaire au monde selon le Gender Equality Global Report & Ranking, les grands groupes s’engagent de plus en plus dans des projets de développement en faveur des femmes à l’international. Les incitations gouvernementales et le regard de la communauté internationale ont également un impact direct sur l’investissement des entreprises dans la réalisation de l’ODD 5. Le label européen pour l’égalité professionnelle par exemple, qui est décerné pour une durée de 3 ans, encourage les entreprises aux bonnes pratiques.

La prise en main des enjeux du développement durable par les femmes elles-mêmes reste sans doute l’un des moyens les plus efficaces d’accéder à l’autonomie et à plus d’égalité. Les exemples de femmes qui innovent et entreprennent pour un développement durable sont nombreux. Pour n’en citer qu’une, Saran Kaba Jones, fondatrice de FACE Africa, agit pour répondre aux difficultés d’accès à l’eau au Libéria. Face aux freins socio-économique et à l’autocensure, elle n’hésite pas à dire « Une des raisons pour lesquelles FACE Africa est un succès est qu’elle a été fondée et est dirigée par une femme! ». Les femmes se saisissent également des espaces de représentation : parmi les initiatives récentes pour pallier le manque de femmes dans les espaces de décision on peut citer le Forum des Expertes de l’ESS (économie sociale et solidaire) en Ile de France, qui vise à favoriser la place des femmes dans la prise de décision dans ce secteur ESS.

La société civile a donc sa part à jouer dans la motivation de la réalisation de l’ODD 5. C’est à travers l’appropriation de l’objectif par tous les acteurs que l’on peut mener des actions efficaces et parvenir à une égalité réelle entre femmes et hommes. Il y a 30 ans la révolution c’était l’entrée des femmes dans la sphère économique. La révolution aujourd’hui c’est d’appréhender les inégalités entre femmes et hommes dans leur globalité. Plus qu’une nécessité, il faut penser cet objectif d’égalité comme une opportunité : permettre l’égalité femmes-hommes c’est libérer une immense ressource pour penser le monde de demain.

 

« When you invest in a woman, you invest in the future ».

 

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