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[ENTRETIEN] 20 questions à Cyril Bruyelle, créateur de 20 Questions to the World

[ENTRETIEN] 20 questions à Cyril Bruyelle, créateur de 20 Questions to the World
Cyril Bruyelle sillonne la planète avec son matériel audiovisuel pour rencontrer les gens de toutes les cultures et ainsi rendre visible pléthore d'opinions différentes. Il mène avec ce projet intitulé « 20 questions to the world » un véritable effort d'ouverture et de tolérance d'utilité publique dans un monde où l'on tue parfois pour des idées.



 

 

1 - Peux-tu te présenter, toi, Cyril Bruyelle, quelle est ton histoire, quelle est ta formation ?

J’ai passé mes quatorze premières années à Chantilly avant de déménager au Touquet où mes parents habitent toujours. J’ai fait une prépa HEC à Saint-Jean de Douai où je passe sûrement les 3 années les plus stimulantes de ma vie (jusqu’à il y a un an !) et où je me fais mes meilleurs amis. J’entre à l’ESCP en disant en entretien de personnalité que je veux faire de l’humanitaire et je fais mon premier stage de césure en microfinance. Le deuxième en conseil de stratégie pour rassurer un peu papa quand même. Je choisis la spécialisation Entrepreneuriat pour ma dernière année et j’en sors avec une entreprise en création : Robin Food. Objectif : lutter contre le gaspillage alimentaire. Malheureusement, faute d’entente avec mes associées, je quitte le navire au bout d’un an. Cela s’appelle aujourd’hui Simone Lemon, c’est un restaurant. Un peu perdu après cela je retourne avec facilité dans le cabinet de conseil où j’ai fait mon stage. Intéressant intellectuellement et financièrement, mais cruel manque de sens pour moi. Au bout de 2 ans, je pars donc travailler dans la musique, par passion cette fois : grande et rapide désillusion. Un milieu pas très sain et un métier où je dois sur-vendre un produit dans lequel j’ai du mal à croire. Vite, il faut se sortir de là ! En faisant un rapide bilan de mes expériences professionnelles, il est clair que le moment où je m’amusais le plus était quand je créais mon entreprise. Je peux y laisser exprimer mes idées fortes, et y mettre tout le sens que je veux. Il n’y a donc plus qu’à trouver un nouveau projet !

 

2 - Comment as-tu eu l'idée ?

J’ai vraiment commencé avec une feuille de papier et un crayon. Je savais que je voulais monter un projet, il ne me manquait plus que l’idée. J’ai listé ce qui me préoccupait, ce que je voulais et ce que je ne voulais pas dans un potentiel projet futur. “Mieux comprendre le monde”, “avoir beaucoup d’interactions sociales”, et “voyager un peu” se sont retrouvés en haut de la liste. J’étais franchement préoccupé non pas par l’état du monde, mais par la vision que j’en avais en habitant à Paris. J’étais sûr qu’il y avait plein de choses que je ne pouvais pas comprendre en restant là. En mélangeant un peu toutes des idées, c’est 20 questions to the world qui est sorti. Quoi de mieux pour comprendre le monde que d’aller demander à chacun ce qu’il en pense. L’humain est la strate la plus fine (mais la plus nombreuse !). J’ai donc rapidement listé un nombre de thèmes que je voulais aborder : futur, éducation, religion… et puis j’ai essayé de trouver les questions les plus ouvertes possibles. Moi qui pensait que ma vision du monde était biaisée, je ne voulais pas que mes questions le soient aussi. Je voulais vraiment que les gens me parlent avec leur imagination, pas avec leur mémoire. La question qui illustre le mieux cela est celle sur le monde actuel : « si vous deviez décrire notre planète à un extraterrestre, qu’est-ce que vous lui diriez ? »

 

3 - Raconte-nous la mise en place, le financement participatif avec Ulule ?

J’ai commencé par interviewer mes amis et ma famille avec un simple téléphone ! Mes amis, le soir à Paris, et ma famille, le week-end, quand je rentrais chez moi. Il faut très vite tester quand c’est comme ça, même un peu à l’arrache. Cela permet de se rendre compte de plein de choses. De mon côté, cela m’a surtout permis de me rendre compte qu’il y avait un bon potentiel. J’ai donc vite acheté du matériel et appris à filmer et monter. Je n’avais jamais eu une caméra dans mes mains avant cela ! Très vite j’ai voulu sortir une vidéo, pour avoir quelque chose à montrer, pour la campagne Ulule bien sûr, mais pas uniquement. Quand j’ai quitté mon boulot en juillet 2016, mon objectif étant de ficeler le projet (concept et financement) pour partir en janvier faire des interviews pendant 1 an. Cela s’est très bien passé. Ulule sert surtout de vitrine dans ces cas-là. Cela t’oblige à bien présenter ton concept et à l’envoyer à tout ton réseau. Mais au final ce sont surtout tes proches qui participent ! Venait ensuite la recherche de sponsors. Le projet a ensuite été très bien accueilli partout où je l’ai présenté. En 6 rendez-vous j’ai eu 4, oui ! Après quelques voyages en Europe de septembre à décembre 2016 (Espagne, Grande-Bretagne, Turquie), j’étais prêt pour partir en janvier en Argentine !

 

4 - En quoi consiste ton partenariat avec Pandacraft ?

Pandacraft travaille dans le secteur de l’éducation créative pour les enfants de 3 à 12 ans. Ils font un travail magnifique pour stimuler la curiosité de manière enthousiaste et manuelle. Sans bien savoir ce qu’on pourrait faire ensemble, ils ont vite cru en mon projet. On s’est donc vu plusieurs fois pour essayer de trouver une idée de partenariat. Mes 20 questions n’étaient pas toutes adaptées aux enfants, par exemple : « Si vous étiez président des USA, quelle serait votre première réforme ? » On a donc décidé de faire un questionnaire adapté aux enfants. Comme le dit bien l’un des fondateurs de Pandacraft, ils représentent 25 % de la population mondiale, et 100 % de notre futur ! Je ne pouvais pas passer à côté. Certaines questions sont restées les mêmes, d’autres ont été adaptées. Le pendant de celle sur les USA est par exemple : « si tu étais président du monde, qu’est-ce que tu ferais en premier ? » J’ai ensuite fait des vidéos spéciales Pandacraft x 20 questions to the world, uniquement avec des enfants. Je les remercie encore de m’avoir permis de travailler avec les enfants, leurs réponses sont incroyables, et nous invitent souvent à la réflexion.

 

5 - Est-ce que les projets HUMAN de Yann Arthus Bertrand et Playing for change, Song around the world font partie de tes sources d'inspirations ?

Ce sont des projets que j’aime énormément, mais je ne m’en suis pas directement inspiré pour 20 questions to the world. En fait, je dirais davantage qu’ils font partie de mon inspiration inconsciente, car ce sont des projets qui ont façonné ma personnalité depuis plusieurs années. Mes deux principales inspirations pour ce projet sont sûrement Claude Levi-Strauss et JR. Claude Levi-Strauss, car j’adore sa double casquette d’aventurier et d’intellectuel. Quand on lit Tristes Tropiques, au-delà de la profondeur du livre, on se rend compte que cet homme est parti quasiment seul essayer de découvrir les dernières tribus inexplorées du Brésil : le courage mis au service d’une quête intellectuelle. Concernant JR, je trouve formidable la manière dont il arrive à mettre son art au service d’un message social fort. Son opération avec les portraits en Israël et en Palestine illustre parfaitement ce que je veux faire : faire des différences une source enthousiaste de curiosité plutôt qu’une source stérile de peur.

 

6 - Comment choisis-tu les personnes à qui tu poses des questions ?

J’ai deux listes. Une liste globale (au sens mondial) que j’ai toujours en tête : des personnes qui vivent en ville, des personnes qui vivent à la campagne, des emplois à faible qualification, des cadres supérieurs, des jeunes, des retraités, des représentants religieux, des artistes, des politiques… bref toute une liste de profils universels qui est, à quelque simplification près, représentative de notre société. Deuxièmement, une liste locale, qui se dessine quand j’arrive dans un pays. J’essaye de comprendre comment est organisée la société, quels groupes sociaux particuliers ne pas rater… Tout cela c’est la théorie. Dans la pratique, avant d’arriver dans un pays, je fais un appel à contacts sur mes réseaux. J’arrive en moyenne à trouver une dizaine de contact locaux. Très vite en arrivant, je les rencontre, souvent je m’entretiens avec eux et je leur demande s’ils peuvent m’aider à trouver d’autres personnes de ma liste. Après ça, cela va à une vitesse folle !

 

7 - La rencontre la plus émouvante ?

C’est difficile de personnifier la rencontre la plus émouvante. Il m’arrive souvent d’avoir les poils qui s’hérissent pendant les interviews. Cela ne vient pas de ce que dit spécialement une personne, mais plutôt du fait qu’elle vient confirmer des tendances que je commence à percevoir dans les 8 000 réponses que j’ai déjà collectées. Parmi ces tendances, il y en a une qui me touche particulièrement. J’ai interviewé beaucoup de personnes pauvres, voire très pauvres. Des personnes vivant dans les favelas à Rio de Janeiro ou dans les bidonvilles de Calcutta, des paysans colombiens, brésiliens, ou encore birmans... la liste est longue. Je ne peux cesser de m’émouvoir quand j’entends la générosité et la joie de vivre de ces gens. Je pourrais parler de certaines de leurs réponses en particulier, quand je leur demande par exemple ce qu’ils feraient si on leur donnait 1 million d’euros ou ce dont ils ont besoin, mais c’est en réalité l’intégralité de leur interview qui est empreinte d’humanité, et souvent bien plus que les autres catégories de personnes que j’interroge.

 

8 - La plus drôle ?

Un jeune artiste iranien de 23 ans que j’ai interviewé récemment. Je suis arrivé chez lui vers midi, je l’ai réveillé en sonnant et on a fait l’interview pendant qu’il prenait son café, lunettes de soleil sur le nez. Il a réussi à mettre une pointe d’humour dans quasiment toutes ses réponses, tout en étant profond et précis. Quand je lui ai demandé « qui est selon toi la personne la plus heureuse du monde ? », sa seule réponse a été de doucement lever sa main en l’air avec un sourire, sans dire un mot. Ensuite, quand je lui ai demandé ce qu’il ferait avec un million d’euros, il a dit qu’il achèterait “sûrement un kebab à 1 000 personnes”. Sa manière à lui de dire qu’il en re-distribuerait une partie.

 

9 - La plus incongrue ?

Avant une interview, même si je connais un peu le profil de la personne que j'ai en face de moi, je n'ai strictement aucune attente vis-à-vis de ses réponses, à part la grande curiosité de les entendre, bien sûr. De ce fait, il n'y a pas vraiment une interview que j'ai particulièrement trouvée incongrue. En tout cas, je me force à ne pas les trouver telles. Et c'est d'ailleurs le cœur même de mon projet : montrer un grand nombre d'avis différents dans une optique d'ouverture. Je veux que le spectateur de la vidéo en vienne à se demander pourquoi il trouve justement une réponse incongrue. Sur quelle base culturelle ou sociale se fonde-t-il pour trouver la réponse d'un autre incongrue ? À la question « que feriez-vous si on vous donnait 1 million de dollars ? », j'ai évidemment une grande majorité des répondants qui expriment leur générosité (« j'en donnerais à ceux qui en ont besoin », « je partagerais avec mes proches... ») mais je pense aussi aux réponses des trois personnes les plus aisées financièrement que j'ai interviewé : « cela ne changerait pas grand chose à ma vie ». Point final. Pas vraiment de générosité dans leur réponse. Trouvez-vous cela incongru ?

 

10 - Qu'est-ce qui t'a surpris au cours de ces rencontres ?

On est toutes et tous identiques, malgré tout ce qu’on peut penser. On se focalise sur les différences, souvent de manière négative. Mais nous avons beaucoup plus de similarités que nous le pensons. Sur tous les continents j’ai entendu les mêmes définitions du bonheur, les mêmes besoins, et la même volonté d’un monde plus harmonieux. Et croyez-moi cela venait de personnes très « différentes ».

 

11 - Quelle vision portes-tu sur le monde ? "Ferme les yeux : nous sommes en 2100. Qu'est-ce que tu vois ?"

Ce projet m’a rendu très optimiste. Toutes les personnes pauvres que j’ai interrogées m’ont dit qu’elles vivaient mieux que leurs parents, qu’elles avaient de meilleures conditions de vie ou opportunités (avant tout grâce à un accès à l’éducation). Evidemment j’ai vu beaucoup de misère ou de pollution, mais j’ai aussi vu énormément d’amour, de gentillesse et de volonté d’avancer dans le bon sens. Je crois fortement au bon sens de l’humanité. On a découvert le pétrole il y a quelques siècles, c’était une révolution qu’on ne pouvait pas ne pas exploiter. On se rend compte depuis quelques décennies des effets négatifs et le processus de sortie du pétrole est en cours. Simplement cela prend un peu de temps, il y a des industries en place et tout un cycle de production impliqué. Mais je n’ai aucun doute que d’ici quelques décennies on utilisera 100 % d’énergies renouvelables. De même pour le plastique et autres aberrations ; je ne crois pas qu’un produit qui n’ait pas de sens puisse durer. Mon seul vrai point d’inquiétude est la vitesse à laquelle la population mondiale augmente. Je pense que c’est la source de beaucoup de problèmes et la courbe n’est vraiment pas partie pour s’inverser…

 

12 - Comment envisages-tu la suite de l’aventure ? Que feras-tu à la fin du projet ?

C’est un projet sans fin ! Je l’ai construit tel quel depuis le début. Je n’ai pas de business plan à 5 ans, mais déjà plein de concepts et d’idées liés à 20 questions to the World. Une opération artistique grand public est par exemple en cours de discussion avec la SNCF, un film est en cours d’écriture… Et j’espère que la visibilité donnée par ces projets en fera naître d’autres. En parallèle, je recherche actuellement une équipe pour partir faire la saison 2 (partir quelques mois, continuer à poser les questions), et j’ai commencé à constituer une équipe d’ambassadeurs locaux qui se sont dit prêts à interviewer des gens dans leur entourage. Il y a 7 milliards d’humains, on n’est pas prêt d’avoir fini !

 

13 – Tu es revenu quelques fois en France depuis le début de ton voyage. Comment perçois-tu les préoccupations, parfois futiles (problèmes de transports, temps changeant par exemples) ?

Comme vous le dites si bien, ce sont des préoccupations futiles, j’essaye de ne pas m’encombrer avec ça. Je pense en effet que ma personnalité et mes préoccupations ont beaucoup changé pendant cette année. Mon objectif en rentrant sera de garder mon état d’esprit actuel : ouverture bienveillante vis-à-vis d’autrui, prendre les choses avec légèreté, savoir se focaliser sur les choses importantes... Quand on voyage pendant un an avec quasiment les mêmes affaires qui tiennent dans un gros sac à dos et qu’on change de lit environ tous les 5 jours, cela change pas mal son rapport au matérialisme. Il y a très peu d’objets auxquels je tiens vraiment, pour ne pas dire aucun, et j’accorde beaucoup d’importance aux relations humaines.

 

14 - Avons-nous un/des préjugé(s) sur une population ou un pays qui n'a pas lieu d'être ?

Je pense à l’Iran, où j’étais encore il y a 2 semaines. C’est un pays magnifique, avec une hospitalité comme j’en ai peu vu (à part en Mongolie, mon coup de cœur). Un Iranien m’a dit une fois (et cela a été confirmé par d’autres) : « nous sommes un peu racistes envers les arabes, car ils ont amené la religion musulmane chez nous ». Cette phrase à elle seule brise tellement de préjugés… Les Iraniens, qui sont donc des Perses et non pas des Arabes, ont une culture bien à eux, extrêmement riche et raffinée, qui est malheureusement étouffée par toutes les informations politiques qu’on entend sur le pays. Cette phrase montre aussi que la peur d’autrui est partout...

 

15 - Comment les gens que tu interroges accueillent-ils ton projet ?

Avec beaucoup d’enthousiasme. Et heureusement car sinon le projet n’existerait pas ! C’est parce que les gens comprennent très rapidement le caractère humaniste et actuel du projet qu’ils acceptent de se prêter au jeu. Je suis d’ailleurs très heureux de voir une telle unanimité quant au but de mon projet, cela prouve qu’il est au service de l’intérêt général !

 

16 - Quel conseil donnes-tu aux gens à qui tu poses les questions pour les faire lâcher prise ?

J’ai deux techniques.

Dans l’approche, d’abord, j’arrive toujours avec un grand sourire, je m’intéresse beaucoup à la personne avant de l’interviewer et je la mets autant en valeur que possible. Mais ce n’est pas vraiment une « technique », c’est très naturel car je suis toujours très curieux de ce qu’une personne va m’apprendre pendant l’interview, je mets tout le monde sur un même pied d’égalité pour ça. Juste avant de commencer, je dis toujours que les gens peuvent prendre tout le temps qu’ils veulent pour réfléchir avant de répondre, et qu’ils peuvent passer toutes les questions qu’ils veulent. Je pense que cela les rassure car ils ne passent finalement pas souvent de questions. Ensuite, les deux premières questions sont faites pour mettre à l’aise et pour que les gens comprennent qu’ils vont parler d’eux, de leurs sentiments, et avec beaucoup de simplicité. En quelque sorte je veux que ce soient eux qui aient le dessus pendant l’interview. Ces deux questions sont : "qu’est-ce que vous vouliez faire quand vous étiez enfant ?" et "avec qui aimeriez-vous boire un café (ou un thé, en fonction des régions) ?"

 

Cyril Bruyelle se prête à sa propre expérience, nous lui posons ses propres questions :

17 - Qu'est-ce qui devrait être enseigné dans toutes les écoles ?

Pour celle-ci, je vais répondre comme beaucoup des personnes interviewées. Je ferais une classe qui enseignerait le respect de l’autre et l’idée peut-être d’une conscience globale. Expliquer qu’on est tous sur le même bateau et que le seul moyen de lui faire prendre la bonne direction est de tous ramer dans cette direction. C’est compliqué car l’idée d’un humanisme universel est un concept assez européen, mais je pense qu’il est de plus en plus nécessaire. Le monde est tellement interconnecté que tout est lié, et que n’importe quelle action peut avoir une répercussion de l’autre côté du globe.

 

18 - Que vouliez-vous faire comme métier quand vous étiez enfant ?

Tennisman professionnel sans aucun doute. Et quand j’étais plus réaliste, je voulais être chirurgien. Quand on m’a dit qu’il fallait 11 à 14 ans d’étude cela m’a découragé. À l’époque je pensais que c’était 14 ans derrière un bureau à apprendre et faire des rédactions, j’étais sûrement mal renseigné.

 

19 - Selon vous, quelle serait la principale caractéristique commune à l'être humain ? 

Je pense qu’on a tous la capacité d’être bon, d’éprouver de la compassion. Même l’homme le plus méchant en apparence aiderait une vieille dame qui vient de tomber par exemple. C’est un exemple bateau mais qui illustre bien cette sorte de gentillesse innée et spontanée qu’il y a chez l’humain. Ce serait juste bien que certains n’attendent pas qu’une vieille dame tombe pour l’exprimer ?

 

20 – De quoi avez-vous peur ?

J’ai peur de l’effet de groupe. Pris individuellement, très peu d’hommes sont mauvais ou enclins à la méchanceté. Mais quand on est en groupe, on se dédouane facilement de la responsabilité personnelle. La responsabilité reposant sur le groupe et non plus sur les individus, ces derniers sont alors capables des pires atrocités. Sinon, de rien, j’ai une confiance folle dans la vie.


 

La citation de la fin par Carenews : « le problème du monde, c'est que les imbéciles sont présomptueux et les gens intelligents bourrés de doutes. » Bertrand Russel.
 

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