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Par Initiatives pour l'Avenir des Grands Fleuves - Publié le 27 mai 2020 - 11:12 - Mise à jour le 27 mai 2020 - 11:12
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Covid-19 – « Ce que nous révèle la crise actuelle sur notre agriculture et notre alimentation » d’Anne-Claire Vial, Présidente d’Arvalis-Institut du Végétal et membre d’IAGF

La crise sanitaire nous a dévoilé les failles de l’hypermondialisation de l’agriculture. La dépendance de certains pays envers les importations s’est révélée au grand jour, de même que l’insuffisante production locale des denrées alimentaires. La fermeture des frontières et la restriction des déplacements à l’intérieur même des pays ont provoqué une désorganisation des marchés agricoles mondiaux et plongé les pays les plus pauvres dans l’insécurité alimentaire. Dans une interview accordée à Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), Anne-Claire Vial, Présidente d’Arvalis-Institut du Végétal, analyse ce que révèle la crise de la Covid-19 sur notre agriculture et notre alimentation, et propose des pistes pour demain.

Anne-CLaire Vial, présidente d'Arvalis-Institut du Végétal et membre IAGF
    Anne-Claire Vial 

Dans l’urgence de la crise, l’évidence de l’impératif de la sécurité alimentaire est apparue comme celle de la santé.

En quelques semaines seulement, nous avons pu observer à l’échelle mondiale un dérèglement des systèmes agricoles et alimentaires en place : rupture des chaînes logistiques d’approvisionnement ; destruction de certaines productions faute de débouchés ou de main d’œuvre ; vulnérabilité des populations des pays du Sud confrontées à la crise sanitaire, à la sécheresse et à l’insuffisance des productions  locales ; précarisation accrue des agriculteurs ; émergence d’une consommation par les circuits courts…

Cette crise nous amène à redécouvrir notre interdépendance et les enjeux stratégiques de l’agriculture et de l’alimentation pour notre sécurité et notre souveraineté. Pour Anne-Claire Vial, « la souveraineté alimentaire doit être une priorité de premier plan. Beaucoup l’avait oublié ou instrumentalisé comme un enfermement, ce qu’elle n’est pas. »

Elle nous propose d’entreprendre autrement pour entrer dans une phase plus responsable. Pour cela, il faut mettre en place une politique de territorialisation de la production pour renforcer la souveraineté alimentaire. Cette dernière ne doit pas être vue comme une mesure protectionniste, mais la volonté de valoriser une agriculture locale et respectueuse de l’environnement, capable aussi de récréer un lien entre producteurs et consommateurs. Œuvrer pour une « agroécologie pragmatique » en plaçant l’innovation au cœur de l’agriculture et en renforçant la transversalité des recherches, ce qui permettra de conjuguer plus harmonieusement agriculture et nature. Enfin, il s’agit de sécuriser les échanges multilatéraux pour garantir une solidarité entre pays.

 

 

Rien de ce qui vient d’être dit n’était ignoré avant la crise mais délibérément enfouis face à des enjeux jugés bien plus « innovants » ! Ce qui peut changer aujourd’hui, c’est l’approche du sujet et l’appropriation qui en est faite par tous. En premier lieu, cette crise nous donne à voir l’inventivité et l’adaptation d’individus, d’associations, d’acteurs locaux pour faire face aux manques et aux défis. La mobilisation de citoyens partout dans le monde peut localement bouger les lignes. Enfin, dans le domaine agricole, il faut sortir d’une vision utopiste de la nature et construire une agroécologie pragmatique. Anne-Claire Vial, Présidente d’Arvalis-Institut du Végétal et membre d’IAGF

 

Le journal de bord-COVID-19 d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) a été créé pendant le confinement pour participer à la réflexion générale sur un avenir durable et une vision intégrée de la santé des écosystèmes. Comme nous le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il n’existe qu’une santé, « One health ». Pour mieux appréhender le monde de demain, Anne-Claire Vial nous exhorte à penser de manière systémique et multisectorielle. La population mondiale ne cesse de croître, ce qui augmente le nombre de personnes à nourrir. Or, l’eau représente un élément essentiel pour l’agriculture. L'agriculture irriguée représente 70% de l'ensemble des prélèvements d'eau dans le monde (eau de surface et souterraine). Comment le monde peut-il garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, compte tenu de la raréfaction des ressources en eau dans certaines régions, de la concurrence croissante entre les différentes utilisations de l'eau et de la détérioration des sols ?

 

Lire son interview ici

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