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Par Carenews PRO - Publié le 7 mai 2020 - 15:03 - Mise à jour le 7 mai 2020 - 16:30
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Covid-19 : une opportunité pour l'investissement socialement responsable ?

Pour Thibault Le Boudec, consultant chez Square, la crise que nous traversons doit être l'occasion pour les investisseurs de changer de stratégie. Plus résilients et performants à long terme, les fonds d'investissement socialement responsable (ISR) sont une solution pour créer un cercle économique vertueux.

Crédit photo : champc.

L’arrêt presque total d’une multitude de secteurs a paralysé notre économie. Toutes les Bourses mondiales ont chuté d’une manière impressionnante. De telles baisses de valeurs n’avaient pas été observées depuis 2007-2008 lors de la crise des subprimes

Paradoxalement, du point de vue d’un investisseur, que ce soit un épargnant ou un investisseur institutionnel, ces temps de crises constituent une opportunité. En effet, il existe plusieurs types de stratégie d’investissement. Néanmoins, l’objectif reste globalement le même : sécuriser son investissement et en tirer profit au maximum, que ce soit à court, moyen ou long terme. 

La crise actuelle constitue une chance potentielle d’investir à des niveaux de valeurs très faibles comparés aux valeurs d’il y a quelques mois à peine. Dans ce contexte, chacun devrait se poser la question suivante : comment, en cette période de crise, investir son argent ? Et si, pour maximiser son profit sur le long terme, le choix idéal était d’investir de manière responsable ?

des fonds durables qui résistent mieux aux crises  

Les crises font partie des aléas des marchés financiers. Au-delà de leur effet humain, sociétal et économique dévastateur, il existe aussi d’importantes conséquences sur les investissements. Toutefois, elles n’ont pas le même impact pour toutes les valeurs. 

Si en 2008, les fonds durables étaient encore trop peu nombreux pour faire l’objet d’études sur leur résistance face à la crise, il est possible d’en faire l’analyse aujourd’hui. Mi-mars, le média de la finance durable Novethic a effectué une première estimation. Celle-ci a montré que sur la période du 1er janvier au 13 mars 2020 (dates des premiers impacts liés au Covid-19), il existait un écart de performance de 1,5% en faveur des fonds durables comparé à leurs indices. 

Si ces chiffres restent à confirmer puisque la crise n’est pas terminée, ils nous offrent un début de réponse. Ils montrent le potentiel des investissements responsables. En plus de favoriser les entreprises prenant en compte les critères extra-financiers (tels que les critères ESG pour Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), ils auraient la possibilité de mieux résister aux chocs que leurs indices de référence. Cet avantage serait particulièrement rassurant pour les investisseurs, en leur permettant de sécuriser leurs placements.  

une approche qui séduit les gestionnaires d'actifs

Les opportunités sur le court et moyen termes seront sûrement nombreuses dans la sortie de crise liée au Covid-19. L’Europe a déjà prévu un plan de relance de 500 milliards d’euros. Cependant, il faut faire attention aux solutions à court terme. C’est le message qu’ont voulu faire passer, le 10 avril, 13 ministres européens de l’environnement et du climat. Ils se sont réunis pour s’engager à relancer l’économie mais de manière durable afin de « réduire les risques et les coûts de l’inaction dans les domaines du changement climatique et de la perte de biodiversité ». 

Le court terme reste flou et difficile à prévoir. Cependant, sur le long terme, les investissements durables ont de quoi séduire. En effet, c’est la conviction de plus en plus de gestionnaires d’actifs. En France, la Banque Postale avait annoncé en 2018 vouloir passer l’intégralité de ses fonds de gestion en Investissement Socialement Responsable (ISR). Si les autres banques n’ont pas été aussi  unilatérales, elles ont presque toutes, a minima, une stratégie de recherche sur les impacts ESG. 

Lyxor montre l’exemple en France en proposant des ETF (fonds indiciels) qui suivent les indices MSCI Climate Change en prenant en compte les principaux objectifs de la nouvelle réglementation européenne. L’investissement responsable et durable a des racines européennes et françaises. Cependant, cette pratique est mondiale et d’intérêt public. C’est d’ailleurs l’avis de Larry Fink, PDG de BlackRock, la plus large société de gestion d’actifs au monde. Il a adressé dans sa lettre aux actionnaires ses ambitions d’investissements dans les valeurs prenant en compte le risque climatique. Il explique vouloir doubler la part durable de ses fonds indiciels d’ici à 2021 et augmenter la gamme d’offre ETF ESG pour sa clientèle. 

Son ambition est aussi de créer des portfolios à la fois durables, résistants aux chocs et transparents. En parallèle, BlackRock a été nommé par la Commission européenne pour travailler sur des nouvelles règles environnementales pour les banques [ce qui a fait l’objet de critiques en raison d’un potentiel conflit d’intérêt, NDLR ]. 

un cercle économique vertueux

L’investissement durable est une nécessité pour atteindre les objectifs climatiques, que ce soit les objectifs pour 2050 fixés lors de la COP21 au niveau mondial, ou ceux pour 2030 établis dans le cadre du Green Deal au niveau européen. 

Au-delà d’être une nécessité, il s’agit ici d’une opportunité de faire partie d’un cercle vertueux dans la mise en place d’une nouvelle économie responsable : 

- Les investisseurs (privés, épargnants, institutionnels) peuvent diriger leurs fonds vers des entreprises avec des valeurs durables pour y chercher de la sécurité, du profit sur le long terme et participer aux efforts collectifs pour le climat ; 

- Les entreprises, quant à elles, peuvent adopter une stratégie pour produire de façon responsable, en toute transparence ; 

- Les banques, enfin, peuvent prendre le pas en étant des liens entre l’épargne qui se veut responsable et les entreprises respectant les normes d’investissement responsables. 

Les entreprises et les banques doivent encore affiner leurs stratégies, leurs reportings, et les recherches sur les critères extra-financiers. Cependant, comme l’a annoncé le président de l’Autorité des marchés financiers Robert Ophèle lors d’entretiens organisés par cette dernière sur le thème de la finance durable : « Ceux qui s’engagent aujourd’hui auront un avantage certain sur les années à venir.»

Thibault Le Boudec, consultant chez Square 

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