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Par Geres - Publié le 23 juin 2020 - 12:04 - Mise à jour le 23 juin 2020 - 12:56
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Des Alpes à la Provence, plus d’effet de serre pour moins de CO2

Manger plus de légumes, c’est bon pour la santé et bon pour la planète nous dit-on ! C’est aussi du travail pour les agriculteurs et le confinement nous a montré combien la demande en produits alimentaires de proximité est forte. Mais produire des légumes dans des serres chauffées est consommateur en énergies fossiles, le plus souvent du gaz. Pour sortir de ce dilemme, le Geres, ONG basée à Aubagne, s’associe avec des acteurs régionaux privés et publics pour promouvoir les serres bioclimatiques. Une recette pour réconcilier alimentation, agriculture et crise climatique ?

Exemple de serre bioclimatique en région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Des serres bioclimatiques ou serres solaires passives

Une construction bioclimatique est un bâtiment adapté à son environnement, sa consommation d’énergie est optimisée le plus naturellement possible. Le Geres intervient dans ce domaine depuis 1986 dans les régions froides d’Asie (Ladakh au nord de l’Inde, Mongolie, Afghanistan, Tadjikistan). En Mongolie, où les sécheresses et la surexploitation des pâturages provoquent la sédentarisation des nomades, il accompagne la sédentarisation des éleveurs en diffusant des serres bioclimatiques dites aussi serres solaires passives.

Ces structures comprennent une longue face sud recouverte d’un matériau transparent (film plastique ou plexiglass) et des côtés nord et latéraux en matériaux sombres et lourds, pour une forte inertie thermique. L’énergie du rayonnement solaire est stockée la journée, c’est l’effet de serre, elle est absorbée par les matériaux épais, qui la restituent en se refroidissant la nuit ou quand il y a des nuages. Plus de 1000 de ces serres sont aujourd’hui utilisées en Asie.

Une aventure collective en région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Fort de cette expérience, le Geres s’est associé au bureau d’études Agrithermic[1] (créé par un ancien collaborateur) et au GRAB[2] (Groupe de Recherche en Agriculture Biologique) pour diffuser cette technique low-tech auprès des maraîchers des Alpes du sud et de Provence. En 2014, une opération de crowdfunding permet de collecter les fonds nécessaires aux premières études et à la mobilisation de quelques paysans motivés pour tester cette solution. Puis un mécène, le « fonds de dotation Itancia pour la protection de la nature »[3] basé dans le Var, et des financeurs publics, l’ADEME et la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, acceptent de s’engager dans l’aventure. 

Pour Marie Moyet, productrice de plants maraîchers à Aubagne, le concept de serre bioclimatique est "un super outil qui apporte du confort et moins de stress, les plants poussent mieux et sont plus robustes".

Six maraîcher.es, installé.es à Avignon, Aubagne, Mane, Mont-Dauphin … donc à des altitudes très différentes (de 22 à 1130 m), participent à partir de 2015 à la première phase de ce projet, avec plusieurs  types de serres et un stockage thermique qui se fait soit dans des bidons noirs remplis d’eau soit avec des murs peints en noir. Le monitoring mis en place permet une analyse fine des impacts thermiques, agronomiques et économiques.

Des résultats très encourageants, une technique à disséminer

Avec une différence de température de +8 à +20°C entre l’intérieur et l’extérieur des serres lors des nuits d’hiver et aucune température négative enregistrée à l’intérieur, même à 1130m, on comprend que les six agriculteurs aient abandonné l’idée d’un chauffage d’appoint. Sur le plan économique, selon le type de serre (modèle, rénovation ou construction, matériaux neufs ou récupérés), l’investissement initial varie de 18 à 123 €/m², principalement à la charge de l’agriculteur en sus de son travail d’autoconstruction.

Au total près de 700 m² fournissent aujourd’hui des jeunes plants et des légumes bio de qualité, ils permettent la sécurisation et la diversification de la production, un approvisionnement autonome en plants de qualité (charge la plus lourde pour les maraîchers), l’allongement de la saison culturale pour résister à la concurrence (et ce, sans énergies fossiles ni électricité) et le maintien d’activités en montagne. A cela s’ajoute pour Marie Moyet, productrice de plants maraîchers à Aubagne, le fait qu’une serre bioclimatique est "un super outil qui apporte du confort et moins de stress, les plants poussent mieux et sont plus robustes".

Le Geres a d’ores et déjà identifié des besoins auprès de lycées agricoles et des collectivités engagées dans les projets de Projets Alimentaires Territoriaux. Ces collectivités sont porteuses de projets d’installations d’agriculteurs pour la mise en place de circuits courts d’approvisionnement en produits frais et locaux.

L’enjeu est maintenant de disséminer largement cette technique sur la base des résultats mesurés et des retours d’expérience de ces six premiers agriculteurs[4] et de façon à répondre à la demande en alimentation durable des territoires. La diffusion de l’information est facilitée par une vidéo[5] réalisée avec le soutien du fonds de dotation Itancia et les rencontres organisées avec le GRAB et Agrithermic chez ces agriculteurs pilotes remportent un grand succès et attirent la presse locale.

Le Geres a d’ores et déjà identifié des besoins auprès de lycées agricoles et des collectivités engagées dans les projets de Projets Alimentaires Territoriaux. Ces collectivités sont porteuses de projets d’installations d’agriculteurs pour la mise en place de circuits courts d’approvisionnement en produits frais et locaux.

Tandis que des agriculteurs et agricultrices sont à la recherche de solutions durables pour sécuriser leur activité, à la fois en termes économiques et face aux changements climatiques, les acteurs du territoire s’impliquent, notamment par l‘aide à l’adaptation aux contraintes de marché et aux enjeux énergétiques et climatiques et pour le renforcement de l’offre locale.

Agir pour une transition énergétique juste, pour un monde désirable, c’est ici accepter d’avoir un nouveau regard sur les techniques utilisées, de revoir les outils dont nous disposons pour nous adapter à un monde en grande transformation. C’est aussi agir ensemble et selon ses moyens, publics et privés, associations, professionnels, collectivités et consommateurs.

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