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Par Fondation Bouygues Telecom - Publié le 11 février 2020 - 14:38 - Mise à jour le 11 février 2020 - 14:42
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L’accès à l’hygiène pour une présence sociale plus digne

Qu’elles vivent dans la rue, dans leur voiture ou dans un habitat très rudimentaire, les personnes en situation de grande précarité souffrent d’un manque d’accès aux soins et à la propreté. Or l’apparence physique peut être un facteur de disqualification sociale et ainsi aggraver l’isolement. Le Point Information Médiation Multi Services d’Antony a inauguré « La beauté est dans la rue », un programme qui va à la rencontre de ses bénéficiaires pour les inviter à reprendre soin de d’eux… dans tous les sens du terme. L’initiative a reçu le soutien de la Fondation Bouygues Telecom grâce au parrainage d’une collaboratrice, Delphine Pasquier, via l’appel à projets mené auprès des salariés engagés dans une association.

Le dispositif Mobil'Douche

Renouer avec le respect de soi pour oser se présenter au regard des autres

Le PIMMS d’Antony est un point d’accueil de proximité, pour toutes les personnes en difficulté sociale. Chacun peut y trouver une écoute, une explication, un conseil, une aide administrative, sans aucune condition. C’est aussi l’opportunité de renouer un lien avec des personnes totalement isolées, non prises en charge par les travailleurs sociaux. « On reçoit une centaine de personnes par jour », explique Patricia Paris, directrice de la structure.

Les équipes du PIMMS ont décidé l’année dernière de créer une initiative pour les personnes vivant dans la rue, les travailleurs sans domicile – dormant dans leur voiture ou sur leur lieu de travail – ainsi que les familles logeant dans des habitats précaires. Pour tous ces publics, l’hygiène et le soin de soi peuvent paraître des sujets secondaires mais il n’en est rien. Sans accès à une propreté de base, l’exclusion n’en est que renforcée. Repli sur soi, crainte du face-à-face, abandon des démarches, autant d’entraves à une possible réinsertion sociale. Sans compter sur la souffrance psychique que cela engendre.

C’est pourquoi le PIMMS a imaginé le programme « La beauté est dans la rue ». Un « Mobil’douche », véritable salle de bains itinérante, est mis à disposition de ceux qui en ont besoin. Le temps d’une demi-journée, cinq accueils sont organisés, de façon à laisser du temps à chacun. En complément, des ateliers de socio-esthétique sont proposés, soit en collectif, soit en individuel. Le programme prévoit également la distribution de kits d’hygiène, même sans utiliser le dispositif et l’accompagnement dans l’accès aux droits sociaux.

Delphine Pasquier, collaboratrice au Technopôle Bouygues Telecom est bénévole au sein du PIMMS d’Antony. Elle a souhaité parrainer le projet auprès de la Fondation de son entreprise. « Dès ma première rencontre avec Patricia Paris, j'ai immédiatement été très impressionnée par l'ensemble du travail réalisé par l'association. J'ai ensuite rencontré les principaux acteurs et actrices du projet "La beauté est dans la rue". Toutes et tous m'ont marquée par leur engagement et leur connaissance du monde de la rue. »

Une initiative appréciée, qui doit encore s’installer dans le temps

En avril dernier, le PIMMS obtient un premier Mobil’Douche et inaugure le programme. Il est remplacé par un véhicule neuf dès septembre. « La dotation de la Fondation Bouygues Telecom a permis de lancer le projet en finançant le Mobil’Douche », précise Patricia Paris. Pour les personnes accueillies, l’expérience est toujours très satisfaisante, notamment auprès des travailleurs dits « pauvres » ou des adolescents scolarisés au lycée et vivant dans un habitat précaire. Les ateliers socio-esthétiques ont été ouverts, plutôt de manière collective. Et les trousses de soin rencontrent du succès, particulièrement auprès des jeunes de la mission locale, plus timides pour demander un accueil en Mobil’Douche.

Mais le sujet est complexe et le projet se révèle plus difficile à mettre en place que prévu. Car la discussion peut être délicate avec ces publics qui abordent l’hygiène avec beaucoup de pudeur et de difficultés. « Je me suis aperçue que les médiatrices ont une réticence à aborder cette problématique, témoigne Patricia Paris. Donc le passage de l’information pose une difficulté. Notre action est plus ponctuelle que je ne l’imaginais, ça démarre tout doucement. »

La directrice du PIMMS le sait, les nouvelles propositions mettent du temps à être diffusées et acceptées auprès des bénéficiaires. Pour y remédier, elle cherche une formation spécifique qui donnerait des clés aux équipes. Le projet a également évolué vers une coopération avec les associations d’aide alimentaire, car « il y a un lien entre la précarité alimentaire et la précarité d’accès à l’hygiène ». Pendant la trêve hivernale, le PIMMS organise des permanences sur les lieux de distribution de repas ou de colis. Un partenariat est d’ores et déjà conclu avec les Restos du Cœur, et d’autres structures devraient suivre.

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