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Par Carenews PRO - Publié le 5 novembre 2020 - 08:00 - Mise à jour le 10 novembre 2020 - 12:35
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Marie Vernier : « Je crois que les réponses citoyennes locales sont l’une des clés de la relance de demain »

À l’occasion du mois de l’ESS, nous avons rencontré Marie Vernier, la nouvelle déléguée générale du Labo de l’ESS depuis mai 2020. L’association est un think tank, un laboratoire d’idées et de réflexions sur comment irriguer l’économie sociale et solidaire dans les territoires en allant à la rencontre des acteurs qui s’engagent concrètement au service d’initiatives à impact. La crise actuelle met en exergue certaines priorités dans le fonctionnement du Labo de l’ESS.

Marie Vernier du Labo de l'ESS. Copyright : Lucien Lung

 

  • Comment le Labo de l’ESS a-t-il vécu cette année singulière ?   

Marie Vernier : L’année 2020 est une année particulière. Nous avions initié, comme beaucoup, de nombreux projets dès le début d’année. La crise sanitaire nous a imposé de repousser une partie d’entre eux. Je suis arrivée au Labo de l’ESS en plein déconfinement, et nous avons, en équipe, tout mis en œuvre pour profiter de la période et notamment nous déplacer dans les territoires. 

Nous avions décalé la célébration de nos 10 ans de juin à octobre, date à laquelle nous avons fait le choix difficile d’annuler ce moment festif, malgré la mobilisation de tous, et à quelques heures de l’imposition de nouvelles restrictions avec le couvre-feu. Ensuite, à la rentrée, nous avons retrouvé une actualité dense : les suites des élections municipales en vue desquelles le Labo avait publié un “Manifeste” en février dernier, et l’arrivée de la nouvelle Secrétaire d’État à l’Économie Sociale, Solidaire et Responsable, Olivia Grégoire, que nous avons rencontrée et avec qui nous initions des travaux.

 

  • Quels impacts de la crise sanitaire sur votre activité ?   

M.V. : Nous menons une méthode de travail ascendante depuis les territoires, par conséquent , toute la phase de recherche sur le terrain a été perturbée par le confinement. Les rencontres avec les acteurs et les visites de terrain ont dû être reportées. Depuis l’été, nous sommes allés à la rencontre des partenaires, des acteurs de l’ESS et des élus locaux, qui s’étaient engagés lors de la campagne des municipales à mettre en place des initiatives de l’économie sociale et solidaire. Nous avons été heureux de pouvoir participer aux Universités d’Été de l’Économie de Demain qui ont eu lieu fin août, dans le cadre du collectif Nous Sommes Demain, dont nous sommes membres.

Parmi les initiatives que nous avons pu visiter entre l’été et ce nouveau confinement que nous vivons, nous avons fait avancer nos travaux sur la santé, et entrons dans la phase rédactionnelle d’une étude-action sur cette thématique. C’est donc une phase de travail moins impactée par le re-confinement.

En dehors du Labo en tant que tel, le confinement du printemps a nécessité de mettre en œuvre un plan de secours pour certains secteurs, coordonné par les pouvoirs publics. Certains acteurs de l’ESS sont très touchés par la crise économique qui découle de la situation sanitaire, le secteur culturel, où les acteurs de l’ESS sont nombreux, est touché de plein fouet. Et en même temps, certains ont été très mobilisés, ont fait preuve de beaucoup de résilience pour se mettre en ordre de marche et répondre socialement à des besoins spécifiques. Je pense notamment aux centres de santé, très fortement impactés. Ceux qui ont un modèle économique fondé sur des tarifications à la prestation connaissent des difficultés économiques, alors même que leur mission est éminemment fondamentale dans le contexte.  

 

  • Comment l'ESS, en irriguant le plan de relance économique, peut-elle aider à surmonter la crise sociale et économique ?  

M.V. : Les initiatives et valeurs portées par le secteur de l’ESS sont un excellent levier pour permettre une relance responsable, à travers des projets collectifs, conciliant intérêt général et viabilité économique. Je crois que les réponses citoyennes locales sont l’une des clés de la relance de demain. Au Labo de l’ESS, nous sommes témoins des dynamiques locales à l’œuvre dans les territoires. Nous sommes aussi convaincus de l’importance de favoriser les alliances entre les acteurs de l’ESS. Nous incitons ces derniers à coopérer ensemble, entre entreprises inter-ESS, comme avec les acteurs de l’économie plus traditionnelle : c’est l’« ESS sans rivage » que le Labo appelle de ses vœux.  L’ESS doit de plus garantir que l’on ne s’arrête pas aux seules questions éminemment urgentes et de court terme comme la crise sanitaire actuelle car elle apporte aussi des réponses aux crises écologiques et sociales qui nous menacent à plus long terme. Elle doit en ce sens  contribuer pleinement à une transition utile pour lutter contre les inégalités.

 

  • Quelles sont les missions du Labo de l’ESS dans cette relance ?  

M.V. : Le Labo continue avant tout son travail de construction d’axes structurants, de conceptualisation et de diffusion des meilleures initiatives, pour les porteurs de projets, les décideurs et pour continuer à faire connaître et reconnaître l’ESS auprès du grand public. Nous avons pu participer à deux auditions parlementaires sur les sujets de la coopération économique et de la place de l’ESS dans le Projet de Loi de Finance 2021, des consultations ayant eu lieu depuis la rentrée. Nous sommes très satisfaits que l’ESS ait sa place dans le plan de relance, la Secrétaire d’État Olivia Grégoire se donne les moyens d’agir et de porter les valeurs de l’ESS. 

 

  • Quels sont les prochains événements du Labo de l’ESS ?  

M.V. : Malgré ce contexte de crise, le Labo ESS a prévu certaines étapes importantes dans les mois à venir. Nous allons continuer à valoriser et enrichir nos travaux sur les « Dynamiques collectives de transition dans les territoires ». Nous avons notamment pu organiser un événement en septembre dernier à Dole, où l’Yonne Républicaine a mis en avant les travaux du think tank. Nous espérons pouvoir participer à un même format en Occitanie, et Haut-de-France d’ici début 2021. Autre moment fort de cette rentrée, nous venons de publier deux études, l’une sur l’autoconsommation énergétique et l’autre intitulée “Agir contre la précarité alimentaire en favorisant l’accès de tou·te·s à une alimentation de qualité”, accompagnée d’une tribune collective parue dans le magazine Alternatives Economiques, signée par Emmaüs, UGESS et le réseau VRAC.

Nous travaillons actuellement à un diagnostic et à des préconisations pour simplifier et relancer la dynamique des Pôles Territoriaux de Coopération Economique (PTCE). 

Enfin, nous travaillons notre feuille de route pour 2021 malgré le contexte difficile pour toute prospective !  

 

Christina Diego 

 

 

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