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Par Carenews PRO - Publié le 9 juillet 2020 - 17:05 - Mise à jour le 13 juillet 2020 - 09:57
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Maud Sarda (Label Emmaüs) : « Faire de bonnes affaires tout en étant solidaires »

Pour ce 11e épisode de la saison 3 de Changer la norme, Flavie Deprez reçoit Maud Sarda, cofondatrice et directrice de Label Emmaüs. Créée en 2016, cette marketplace de produits d’occasion emploie des personnes en situation d’exclusion.

Maud Sarda (Label Emmaüs) : « Faire de bonnes affaires tout en étant solidaires ».

 

Consultante chez Accenture durant quatre ans et demi, Maud Sarda a découvert le secteur de l’ESS et l’association Emmaüs par le biais d’un dispositif de mécénat de compétences proposé par la Fondation Accenture France. 

J’ai eu un véritable coup de cœur pour Emmaüs. Ça a coché toutes les cases pour moi : un mouvement militant et de terrain, qui s’attaque aux formes les plus dures d’exclusion et propose un modèle économique permettant de donner un travail aux personnes.

En 2010, Maud Sarda intègre Emmaüs en tant que responsable nationale de l’économie solidaire. « Je découvre un mouvement d’une grande puissance, avec un maillage de 450 points de vente en France mais avec une grande absente : la dimension digitale », raconte-t-elle.

Maud Sarda s’est alors lancée dans la création de la filiale d’e-commerce solidaire d’Emmaüs : Label Emmaüs, une plateforme d’achat de produits d’occasion qui recrute des personnes exclues de l’emploi. Constituée en société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), elle compte aujourd’hui plus de 500 sociétaires.

Un million de produits référencés

La plateforme Label Emmaüs est ouverte aux différentes boutiques Emmaüs, aux structures de l’ESS ou encore aux particuliers pour qu’ils y vendent leurs produits d’occasion.

Un million de produits y est aujourd’hui référencés : des livres à deux euros, des vêtements au prix moyen de dix euros, ou encore des produits high tech reconditionnés vendus en moyenne trois fois moins chers que sur les plateformes de e-commerce classiques.

Avec un tiers des clients qui n’avaient jamais acheté dans les magasins Emmaüs auparavant, Maud Sarda aspire véritablement à ce que Label Emmaüs devienne « un relai de croissance pour les espaces de vente [d’Emmaüs] ». 

Une plateforme solidaire

Agréée entreprise d’insertion en 2018, Label Emmaüs forme et emploie des personnes éloignées du monde du travail. Sur les trente salariés du label, la moitié est en parcours d’insertion professionnelle.

Forte de ses convictions, la coopérative a également ouvert Label École, qui propose des formations de e-commerce gratuites et qualifiantes aux personnes exclues de l’emploi. Cette année, cent demandeurs d’emploi ont pu y être formés.

Attirer de nouveaux consommateurs

L’un des enjeux de Label Emmaüs est de rompre les préjugés sur les produits de seconde main et sur Emmaüs afin d’attirer de nouveaux consommateurs, comme le détaille Maud Sarda :

Emmaüs n’est pas uniquement réservé à des personnes en situation de précarité. On est d’abord là pour eux, mais tout le monde peut aller dans un bric-à-brac. Il n’y a pas de honte à aller chez Emmaüs.

Avec une estimation de trois millions de produits vendus en 2020, Label Emmaüs n’est pas encore rentable. Selon Maud Sarda, il faudrait vendre six millions de produits par an pour voir les comptes à l’équilibre. Un objectif qui devrait être atteint d’ici deux ans.  

* Changer la norme est soutenu par la Fondation Entreprendre.
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