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Par Carenews PRO - Publié le 9 décembre 2019 - 12:10 - Mise à jour le 9 décembre 2019 - 17:16
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Play International : « le sport peut être un véritable levier pour l’intérêt général »

Cette année, l’association PLAY International, qui développe des programmes d’éducation et d’intégration par le sport, fête ses 20 ans. David Blough, directeur général de Play International, a répondu à nos questions sur la stratégie pédagogique de l’association et ses projets pour les deux prochaines décennies.

Crédit photo : PLAY International

Créée en 1999, l’association PLAY International (anciennement Sport Sans Frontières) fête cette année son vingtième anniversaire. Agréée par le Ministère des Sports et reconnue d'intérêt général, elle utilise le sport comme un outil éducatif et thérapeutique, ainsi que comme un moyen d'intégration.

En plus de développer des programmes d’éducation par le sport pour les publics marginalisés victimes de la guerre et de la pauvreté dans le monde, l’ONG intervient également depuis 2011 dans les pays dits « développés » : en France, au Royaume-Uni ou encore au Brésil. Et son constat reste le même qu’il y a 20 ans : « le sport est sous-utilisé en matière d’impact éducatif et social. »

David Blough, directeur général de Play International, revient sur les deux premières décennies d’activité de PLAY International, absorbée par le Groupe SOS en 2009, et nous parle de ses projets pour les deux prochaines.

  • Vous fêtez vos 20 ans d’existence. De quoi êtes-vous le plus fier ? 

J’aime beaucoup le fait que nous ayons su nous réinventer à plusieurs reprises et ne pas nous reposer sur nos acquis. L’ONG a énormément évolué. Nous avons d’abord amené le sport dans le secteur de l’humanitaire en proposant des activités éducatives dans des contextes compliqués. Puis nous sommes passés de cette logique d’opérateur dans les pays en voie de développement à l’idée que notre valeur ajoutée était d’être un créateur de solutions et un producteur de contenus pédagogiques. Aujourd’hui, l’association est davantage dans une logique d’impact collectif : nous nous reposons non seulement sur les méthodologies que nous avons créées, mais également sur des dynamiques d’incubation, d’accélération, de recherche d’action.

Il s’agit de l’une des méthodes pédagogiques que nous avons créée au fil des années. Nous l’avons développée à l’étranger avant de la standardiser en France. Cette approche permet à des professionnels de l’éducation de sensibiliser les enfants à des thématiques de société en jouant. C’est une séance de sport différente des cours d’EPS : une mise en jambes va d’abord permettre aux enfants d’intégrer les règles et de se défouler, puis la thématique va être traitée directement dans le jeu, à travers des symboles, du vocabulaire, des mises en situation. Enfin, un temps de débat encourage les enfants à verbaliser ce qu’ils ont compris pendant le jeu, et faire le lien avec leur vie. 

Nous avons récemment ouvert le Playlab pour formaliser et créer de nouvelles méthodes, et travaillons notamment sur le programme Clé. L’objectif : créer de nouvelles méthodes d’apprentissage des mathématiques par le jeu sportif.

  • Quel est le plus grand défi que PLAY International a dû dépasser ?

Cela semblait assez incongru de faire le lien entre sport et humanitaire à la création de l’ONG. Il a fallu prouver la pertinence du modèle, montrer que le sport a sa place dans les programmes de prévention du choléra ou encore dans la lutte contre les violences faites aux filles. C’est un grand défi, qui demande encore du travail. Le sport reste généralement associé à l’EPS, à une simple pratique motrice, alors qu’il peut être un véritable levier pour l’intérêt général. 

  • Quels sont les projets de l’association pour les 20 prochaines années ?

Notre objectif est de démocratiser l’usage du sport en matière d’éducation et d'inclusion sociale, grâce à une logique de création d’outils et de formation des professionnels qui n’ont pas forcément l’habitude d'utiliser le sport. Actuellement, nous travaillons sur un projet qui sortira en janvier pour les personnes réfugiées. L’idée est de collaborer avec les associations intervenant auprès de ce public et de faire en sorte qu’elles puissent incorporer le sport à leurs activités. Le but est d’innerver l’ensemble des secteurs de l’éducation, de l’action sociale et de l’action humanitaire. 

Nous sommes également mobilisés pour les Jeux Olympiques de 2024. Nous avons travaillé sur leur héritage avec le comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO) pendant la phase de candidature. Pour que les JO ne laissent pas uniquement une trace matérielle, des logements ou des piscines, nous avons créé un programme pédagogique avec des professeurs des écoles français autour des compétences de vie associées aux valeurs de l’olympisme. Déployé en France et adapté au Kosovo, au Burundi ou encore en Haïti, il vise à organiser des activités éducatives autour du vivre ensemble, de l’égalité filles-garçons ainsi que pour changer de regard sur le handicap. Le but est de déployer le programme avant 2024, notamment dans les territoires où auront lieu les épreuves, comme la Seine-Saint-Denis. 

Propos recueillis par Mélissa Perraudeau 

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