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Par Carenews PRO - Publié le 25 février 2021 - 16:15 - Mise à jour le 26 février 2021 - 09:36
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Rémy Companyo, cofondateur d'ilek : « Les enjeux écologiques et la crise du Covid ont accéléré le secteur des énergies renouvelables »

Nous avons rencontré Rémy Companyo pour en savoir plus sur la startup ilek qui a été lauréate de la catégorie « transition énergétique » du Top 50 des entreprises à impact de Carenews. Un échange éclairant sur les enjeux du secteur des énergies renouvelables aujourd'hui en France.

Rémy Companyo, cofondateur d'ilek sur les énergies renouvelables. Crédit : ilek
Rémy Companyo, cofondateur d'ilek sur les énergies renouvelables. Crédit : ilek

 

 

Le dernier rapport du syndicat des énergies renouvelables publié le 18 février 2021 dévoile que « la production d’électricité renouvelable a atteint son plus haut niveau historique en 2020 et couvre désormais un quart de la consommation d’électricité en France métropolitaine ». Autre chiffre conséquent, une hausse historique de 10,4 % de la production des énergies renouvelables en comparaison avec 2019. Un domaine qui fait de plus en plus parler de lui, notamment dans le débat actuel de la transition écologique, très agité depuis 2018, et l’idée d’une taxe carbone qui a mené à l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Dernier en date, le succès de l’Affaire du siècle et des quatre ONG pour faire condamner l’Etat pour inaction écologique. 

Nous avons voulu en savoir plus sur Rémy Companyo et Julien Chardon qui ont cofondé ilek en 2016. Aujourd’hui, 100 000 foyers ont changé de fournisseur d’énergie et opté pour ilek, entreprise sociale à impact dans le domaine des énergies renouvelables. Échange avec Rémy Companyo, directeur marketing de la startup ilek. 

 

  • Bonjour Rémy, pouvez-vous vous présenter et votre parcours ? 

 

J’ai un parcours d’école de commerce, j’ai travaillé dans la grande distribution agroalimentaire et j’ai monté une première entreprise dans la thématique agroalimentaire, deux ans avant de m'associer avec Julien Chardon pour le projet ilek. Nous avons uni nos compétences, Julien étant ingénieur dans l’énergie de formation. Au départ, nous avions dans l’idée de créer un modèle de circuit court des énergies, et pas tant de répondre à un sujet fort comme celui de la transition énergétique. Le projet a donc évolué, le contexte a changé et nous aussi avons changé dans le projet. 

 

  • Comment est née la startup ilek ?

 

ilek est une entreprise de fourniture d’électricité et de biogaz, métier réglementé par le ministère de l’Énergie. Le modèle que nous avons choisi se différencie de celui du fournisseur historique par le fait que nous achetons de l’énergie à des producteurs du secteur des énergies renouvelables en France. Nous proposons aux consommateurs de souscrire auprès d’un fournisseur d'énergie comme ilek qui va flécher les euros de la facture vers des producteurs d’énergie verte de leur choix en toute transparence. Nous favorisons de ce fait le développement des énergies renouvelables, que cela soit l’éolien, l’hydraulique et le solaire côté électricité et le biométhane pour la partie gaz. 

À l'origine du projet, nous voulions donner une réponse au circuit court de l’énergie, son évolution règlementaire, et nous avons souhaité insuffler également une évolution des mentalités et des usages. L’idée de départ était de permettre à des producteurs d’énergie verte de vendre directement leur produit, et ensuite nous avons permis de rapprocher le producteur et le consommateur. Autre objectif du projet, sortir du format d’une énergie perçue par les personnes résidentielles comme une commodité et se poser la question de savoir comment il devient un vrai service face à une vraie demande.  

Au lancement du projet, en 2016, le sujet des énergies renouvelables n’était pas très présent dans l’actualité et ne concernait pas encore les particuliers. Il y a eu des marqueurs assez forts autour du climat, ces dernières années, notamment des personnalités comme Nicolas Hulot ou Greta Thunberg, ou de certaines ONG sur les enjeux de l’énergie. Ces événements et la crise du Covid-19 en 2020 ont amené une prise de conscience forte. En fait, tous ces éléments ont accéléré la transition écologique et ont conduit à faire adhérer de plus en plus de particuliers à l’idée de changement pour un fournisseur d’énergie verte. ilek en a bénéficié en tant qu’acteur historique du secteur. Nous avions adopté ce positionnement assez tôt, il y a quatre ans.  

  • Quels impacts de la crise sanitaire sur votre activité et plus généralement sur le secteur de l'énergie renouvelable ? 

 

Nous avons une croissance de l’activité en continu depuis le début du projet, et nous ne sommes pas dans un secteur touché par la crise économique due à la pandémie comme d’autres entreprises. Depuis la création de ilek, nous avons 100 000 particuliers qui ont fait le choix de l’énergie propre. La crise de la Covid-19 n’a pas affaibli notre développement. Dans les changements de comportement qui sont apparus, le sujet des énergies renouvelables en a fait partie. Les consommateurs veulent agir mieux. Par exemple, l’usage du vélo a fortement augmenté. Et nous, dans le secteur de l'énergie propre, on le constate également. Le secteur des énergies renouvelables reste très porteur malgré la crise. La production d’énergie est un secteur qui embauche bien, localement, car une construction nécessite des profils très précis pour la mise en service d’une installation. Cela doit représenter des dizaines de milliers d'emplois aujourd’hui. Chez ilek, nous sommes 80 collaborateurs. Et rien que l’année passée, une trentaine de personnes ont été recrutées et nous avons prévu pour 2021, une quarantaine de recrutements pour faire face à la hausse d'activité et le nombre toujours croissant de clients.

 

  • Quels impacts de l’offre verte d’ilek par rapport à d’autres fournisseurs ? 

 

Les fournisseurs dits historiques qui ont une offre verte n’ont pas que celle-ci. Il s’agit en général d’une part très faible de leur portefeuille d’énergie. À l’échelle d’ ilek, nous achetons l’énergie propre auprès de producteurs professionnels indépendants d’énergies renouvelables, donc directement auprès de parcs éoliens, de champs de panneaux solaires ou de centrales hydrauliques. Plus nous avons des demandes des particuliers, plus ilek en achète chez les producteurs et donc nous augmentons la part d’énergie renouvelable dans notre offre, et du coup on rentre dans une dynamique où on est client d’encore plus de producteurs indépendants et de nouveaux sites de production, ce qui permet aussi au secteur du renouvelable d'augmenter sa part de production. C’est un cercle vertueux.  Aujourd’hui, pour chaque souscription, ilek reverse en moyenne 300 euros à un producteur indépendant d’énergie verte. Depuis la création de notre entreprise, nous avons un portefeuille de 100 000 clients. Cela donne une idée assez précise de ce que cela représente en termes d’impact pour le producteur. Un client qui souscrit une offre chez ilek va pouvoir choisir le type d’énergie verte qu’il souhaite, d'une part, éolienne, hydraulique, et biométhane pour le gaz, et d’autre part le producteur qui se trouve près de chez lui. 

Autre impact, c’est l’ambition carbone à moyen terme affiché clairement sur notre site Internet, soit un objectif d’un milliard de kilos de CO2 économisés. À titre d’exemple, à l’échelle d’un foyer cela représente entre 500 kilogrammes et 1 tonne de CO2 économisés par an soit 20 % d’émission en moins.  

 

 

  • Où en est-on aujourd’hui sur le sujet des énergies renouvelables en France ? Que pensez-vous des aides en faveur de la transition écologique annoncées par l’État ces derniers mois ? 

 

Il y a deux sujets aujourd’hui quand on regarde le secteur de la transition énergétique pour les consommateurs résidentiels. Le premier est de diminuer la consommation d’énergie, notamment le chauffage. Aujourd'hui, 70 % de la consommation d’énergie provient en moyenne des équipements de chauffage à gaz ou électrique. On le sait, un logement bien isolé consomme moins. Dans les aides proposées, il y a surtout la question des logements dits “passoires énergétiques". C’est un enjeu national de répondre à ce type de logements énergivores.  Et le deuxième sujet est de savoir quelle énergie nous consommons et d’où elle vient. C’est la promesse de ilek de dire en toute transparence d’où provient l’énergie verte proposée. Nous sommes très optimistes par rapport à ce secteur. Nous ne sommes qu’au début de la transition énergétique. Nous sentons un réel emballement et espérons que cela va s’accélérer. Nous constatons un vrai changement chez les consommateurs qui se tournent de plus en plus vers ilek. C’est très positif. Le consommateur doit rester vigilant et exigeant dans ses choix dans le domaine de l’énergie, et les fournisseurs quant à eux se doivent d'être transparents. 

 

  • Que pensez-vous du débat actuel sur le sujet de la transition écologique et des objectifs en développement durable à 2030 ? La France en fait-elle assez ? 

 

Concernant l’énergie, il y a clairement quatre acteurs importants. Le consommateur, l’État, les producteurs et les fournisseurs qui jouent les intermédiaires. Il faut que tout le monde se mette en marche. Les consommateurs l’ont fait, on l’a vu dans les urnes, notamment, avec la vague verte en 2020. La réglementation du secteur évolue à un rythme plus ou moins long, c’est vrai, mais il y a des lois qui sont en train d'évoluer. Des fournisseurs comme nous et des plus gros, qui démarrent leur activité dans le secteur du renouvelable. Et des producteurs qui attendent des évolutions réglementaires plus favorables et que les fournisseurs leur achètent encore plus d'énergie verte. Cet ensemble d’éléments va permettre la transition énergétique. Un 100 % renouvelable n’est techniquement pas possible aujourd'hui, de par la présence du nucléaire en France dans le contexte énergétique actuel, mais l’objectif est plutôt de proposer une alternative durable avec l’énergie renouvelable le plus rapidement possible. L’objectif de 2030 est une première étape. Mais on en est loin. Finalement, le marché évolue dans le bon sens et nous en sommes très heureux, car en 2016, ce n’était pas le cas. 

 

Christina Diego 

 

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