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Par Le RAMEAU - Publié le 9 juillet 2026 - 12:30 - Mise à jour le 9 juillet 2026 - 12:30
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TERRITOIRES : JUSTE PLACE, JUSTE TEMPS !

Le mois de juin a été l’occasion d’une préparation intense des Rencontres Nationales de la Coopération Territoriale. Elles ont eu lieu le 7 juillet. Ainsi s’achève la Gazette de l’ODD 17 en pratiques lancée en septembre 2021. Le temps n’est plus à la pédagogie, mais à l’action. Expliquons nous…

Sans surprise les Rencontres Nationales de la Coopération Territoriale ont été un grand succès. 21 partenaires co-organisateurs, 72 intervenants représentants tous les profils d’acteurs et les échelons territoriaux, 201 Territoires représentés. Ce fut un grand moment de valorisation de la diversité des Territoires, et des dynamiques pour conduire le changement au plus près des réalités locales. Un constat partagé : les envies d’engagement ne manquent pas… mais la valorisation de cette capacité à co-construire des réponses pertinentes tarde à venir.

Les 4 sessions plénières et les 3 parcours-ateliers sont disponibles en replay dès à présent sur la plateforme « L’innovation territoriale en Action » : 2e Rencontres Nationales de la Coopération Territoriale. Analysons en les points clés.

Depuis 2023, le fait que les Territoires sont la « juste place » pour les transitions a été objectivé. Concluant la pédagogie des résultats de l’étude d’impact 2018-2022 du faire alliance en France, le cahier de recherche « ODD 17 : Economie(s) et Territoire(s) » en avait décrypté les 3 rôles stratégiques : ils sont les lieux d’incarnation de « l’intérêt général à portée de main » ; ce sont les « paillasses » d’innovation car il est impossible d’innover « hors sol » ; et peut-être plus encore, ils sont les espaces de confiance où il est possible de dépasser « l’entre-soi » pour prendre le risque de « l’entre-tous ». Déjà évoquée dans le rapport 2015 « Intérêt général : nouveaux enjeux, nouvelles alliances, nouvelle gouvernance », la place de l’innovation territoriale avait fait l’objet d’un rapport au gouvernement la même année par Akim OURAL, alors Maire-adjoint de la Métropole de Lille. CQFD !

Dès lors, la question posée en ce mardi était : sommes-nous au « juste temps » ? La réponse est aujourd’hui tout aussi claire : oui ! Nous pouvons objectiver cette affirmation par une triple démonstration : politique, technique… et stratégique.

Le « juste temps » politique !

La preuve politique d’abord. Dans une démocratie, le pilotage de l’intérêt général commence au lendemain des élections. Une fois le choix des citoyens exprimés, la légitimité institutionnelle s’impose à tous. C’est le fondement même du « contrat social ». Le faire Société repose sur cette confiance en notre capacité collective à accepter les « règles du je(u) » pour préserver notre unité et garantir le respect de tous, en premier rang desquels les plus fragiles d’entre nous.

Une Nation repose sur sa base, et c’est donc l’élection de proximité qui en est le socle. Sans nier l’importance symbolique et stratégique des élections nationales ; c’est au plan local, lieu de l’intérêt général « à portée de main » que se joue la conduite du changement vers des trajectoires plus justes, durables et équilibrées. Ce n’est pas nouveau, c’est au fondement même de notre pays depuis 496 lorsque la France a été créée, impulsant alors deux décennies après l’effondrement de l’Empire Romain, la création de ce qui deviendra l’Europe[1]. Ce sont donc bien les élections locales qui fixent l’indicateur démocratique de notre capacité de transformation. Au cap et au cadre communs fixés au plan national, ils sont les lieux où se (ré)inventent les trajectoires stratégiques de mise en œuvre, avec l’agilité de l’action correspondant aux spécificités territoriales, tant culturelles qu’opérationnelles.

Ce nouveau mandat, initié en mars dernier est symbolique. En raison des élections nationales de 2032, ce n’est pas un mandat de 6 ans, mais de 7 ans qui s’écrit aujourd’hui. 7 ans, le temps d’un cycle complet d’innovation. Être aux côtés des Collectivités territoriales lorsqu’elles fixent leur Cap 2033 et les conditions de leur trajectoire 2026-2033 est donc le défi majeur de cette année 2026… y compris pour préparer les échéances Régionales et Nationales de 2027.

Le « juste temps » technique !

Si nous sommes au « juste temps » politique, la question est ensuite de savoir si nous sommes aussi au « juste temps » technique. Là encore, la réponse est oui !

En 2024, le cahier de recherche « ODD 17 : quelles trajectoires territoriales ? » rendait compte des résultats du programme 2019-2024 « Chef de projet innovation territoriale ». Il décryptait alors la nécessité de qualifier une triple (re)lecture des Projets de Territoire :

  1. La (re)évaluation du Cap et du cadre communs à l’échelle du Territoire,
  2. La convergence des pratiques entre les collectivités, des acteurs d’intérêt général et des entreprises au travers d’un Projet de Territoire partagé,
  3. L’expérimentation et la valorisation d’innovations territoriales qui permettent de réaliser ensemble ce qu’il est impossible à chacun de faire seul.

Depuis 7 ans, un travail en « Commun(s) » a été engagé pour permettre à chaque Territoire de co-construire des trajectoires fondées sur cette capacité à co-construire des réponses adaptées au « 1er kilomètre » de ses besoins, de ses ressources et de ses envies d’engagement. La Tribune Coopérer efficacement : vous voulez des preuves ? du Fonds ODD 17 du 2 juillet dernier a étayé les arguments qui en explique les modalités.

Lors des RNCT 2026, en ce 7 juillet, Brigitte GIRAUD a détaillé les réponses concrètes qui peuvent aujourd’hui être proposées aux 4 niveaux de maturité territoriale de la coopération locale. 63% des Territoires sont à leurs premiers pas, 25% ont développé une expertise qu’il convient de valoriser pour la pérenniser, 9% ont mis en place un dispositif dédié en « Commun(s) », et 3% des Territoires (ré)inventent les modèles de demain, notamment en terme d’équilibre socio-économiques. Comme en sport, chacun réinvente à son rythme sa capacité à « jouer collectif ». La Ministre Marina FERRARI a invité en introduction à le faire AVEC les jeunes, incarnant ainsi la valeur de cet engagement qualifié dans le programme « Jeunes & Territoires 2050 » dans la continuité de ses prédécesseurs depuis 2014.

Initiée AVEC les élus locaux de la mandature précédente dès leur prise de fonction en juillet 2020, la démarche apprenante du Fonds ODD 17 a permis de capitaliser durant leur mandat 2020-2026 les pratiques innovantes qui ont fait leurs preuves. Le programme 2024-2026 « Réussir ensemble la territorialisation des transitions » permet aujourd’hui d’en transmettre les fruits aux nouvelles mandatures qui viennent de se mettre en place.

… et le « juste temps » stratégique !

Est-ce suffisant ? Les RNCT 2026 ont mis en lumière que nous ne pouvions pas seulement analyser les conditions du changement avec un regard socio-politique (ie. les conditions d’une vision partagée) et politico-technique (ie. les systèmes de gestion). Nous devons y ajouter une dimension stratégico-dynamique, nécessairement incarnée dans un espace-temps.

C’est cette 3ème dimension du changement qui manque cruellement dans nos analyses actuelles. Aux méthodes classiques de compréhension géopolitique et géostratégique des conditions de (ré)invention de nos modèles d’action face aux transitions, nous devons ajouter un nouvel axe d’analyse du mouvement. Ce que Le RAMEAU qualifie dans ses travaux de recherche des « Trois corps en mouvement » : le « corps physique » de l’engagement, le « corps social » du projet, et le « corps sociétal » du Territoire, lieu d’incarnation de l’intérêt général dans un espace-temps donné. Après avoir été mise en débat lors du séminaire de recherche organisé avec l’Institut pour la Recherche le 9 avril dernier (cf. synthèse des travaux communs), cette théorie innovante a été étayée par les 3 parcours-ateliers des RNCT 2026.

10 ans après la « théorie de l’alliance », modélisée à l’occasion des 10 ans du laboratoire de recherche, cette « théorie des 3 corps en mouvement » en explique les mécanismes. La « fin des arrogances » prédit dans le livre collectif des 10 ans[2] trouve ainsi une réponse stratégico-dynamique concrète annoncée en 2023 dans le livre « Commun(s) » : Discours de la méthode vers le Pari de la confiance[3].

Facile à dire, « légèrement » plus complexe à modéliser, mais extrêmement difficile à expliquer. Dans ce monde de « pitch » en 1,5 minute, comment faire comprendre que la transformation systémique que nous vivons n’est pas si compliquée à comprendre, et surtout à vivre… si nous changeons de regard ? Comme l’a remarquablement explicité Sylvain WASERMAN, le Président-Directeur général de l’ADEME, dans son intervention conclusive des RNCT 2026 : « nous vivons une inversion des pôles ». La référence est belle… et parlante !

Pour traduire opérationnellement cette théorie des « 3 corps en mouvement », Le RAMEAU a illustré depuis les résultats des élections municipales le cheminement des 10 profils d’acteurs qui constituent un écosystème territorial. De l’engagement citoyen, en valorisant plus particulièrement celui des jeunes, à l’impulsion institutionnelle et à ses effets durables, tous les profils ont été passés en revue dans leur capacité à participer au mouvement de co-construction qui s’accélère au cœur des Territoires.  Collectivités territoriales, associations, entreprises, fondations, investisseurs sociétaux et acteurs académiques se mobilisent avec l’aide d’une ingénierie de proximité qui évolue pour prendre en compte ce mouvement de coopérations territoriales. Emergent depuis trois décennies, ce mouvement est devenu un contributeur stratégique pour relever ensemble les défis qu’aucun seul ne pourrait affronter[4]. Pour en rendre compte de manière lisible et visible, la touche finale de ce « Tour d’acteur » a été de décrypter la difficile mission des médias dans le contexte actuel… et sa tension avec la recherche !

Tous impactés, tous engagés… alors Agissons ensemble en Territoire !

Qu’attendons-nous ? N’ayons plus peur. Mobilisons-nous aux côtés des Territoires qui incarnent « les transitions à portée de main ». Ils sont les lieux de résilience, de résistance et de réinvention. Mais attention, ne nous trompons pas sur les mots !

Il s’agit d’une résilience face à l’ampleur d’un changement qui nous dépasse tous, mais dont nous gardons confiance dans notre capacité à relever les défis en « Commun(s) », acceptant que la fragilité n’est pas une faiblesse individuelle, mais une force collective, et que l’anticipation du changement est le meilleur moyen de le vivre sereinement. Il s’agit de résistance non pas CONTRE certains, mais AVEC tous, acceptant que la pluralité est au cœur du faire Société, et le fondement même de la notion d’intérêt général, concept franco-français inventé en France pour répondre à nos spécificités. Enfin, il s’agit de réinvention non pas d’un modèle unique qui serait « l’idéal type », mais de trajectoires ancrées et incarnées grâce à la mobilisation de tous.

Une utopie ? Non, une réalité en émergence depuis déjà trente ans. Nous n’avons pas su le voir, car nous sommes tous trop absorbés par nos « couloirs de nage » ; laissant peu de place aux interactions entre tous qui sont pourtant au fondement même de notre vivre ensemble.

En synthèse, pourquoi maintenant ? Parce que nous sommes au « juste temps ». Sur le plan politique d’abord parce que les Territoires ont maintenant 7 ans devant eux, et qu’ils sont le socle de notre Nation pour (ré)inventer notre Avenir en « Commun(s) ». Sur le plan opérationnel parce que nous savons maintenant comment identifier et outiller les différents niveaux de maturité des Territoires. Sur le plan stratégique enfin, dans la mesure où « l’envie d’alliance » est réelle, qualifiée et mesurée. La « recette » pour faire le « Pari de la confiance » est maintenant connue, partagée… et largement illustrée.

Le Président-Fondateur du RAMEAU déclarait donc aux RNCT 2026 : « Tous concernés, tous engagés ! C’est pourquoi nous pouvons affirmer aujourd’hui que nous bénéficions de 101% d’espérance : 90% de résilience, 10% de résistance, et 1% de confiance pour réinventer nos modèles ; telle est la recette de la co-construction du bien commun. Elle nous permet de faire objectivement aujourd’hui le Pari de la confiance. Il ne s’agit pas de semer les graines d’un changement qui serait à venir, mais de vendanger les fruits de ce qui est déjà là ; mais que nous ne conscientisons pas encore. C’est sur les Territoires que ces 101% d’espérance se vivent plus qu’ils ne se disent. Ecoutons les, apprenons à les valoriser. ».

Après les Rencontres Nationales de la Coopération Territoriale du 7 juillet, personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas qu’il existait des réponses alternatives positives aux récits bien souvent volontairement alarmistes pour justifier une radicalisation des positions. Saurons-nous être à l’écoute de ces « trois corps en mouvement » dont la résonnance perturbe nos systèmes de pensées et de gestion, où continuerons-nous de faire la « sourde oreille » alors que les « preuve de concept » se cumulent ? L’avenir seul nous le dira…

Une chose est certaine : la charge de la preuve a changé de camp ! C’est maintenant à nous de prendre notre Avenir en main, au cœur des Territoires, nous pas contre tous, mais AVEC chacun ! 35% des Territoires sont déjà expérimentés, et 63% se questionnent pour se mettre en Action. Alors qu’attendons-nous pour accompagner ce mouvement ? Rien… et heureusement car c’est bien l’engagement qui est le moteur de ce mouvement de co-construction du bien commun déjà bien ancré dans nos vies quotidiennes.

Seule exigence : prenons soin de celles et ceux qui s’engagent, en prenant garde de ne pas juger d’une maturité dont nous même ne saurions garantir la mesure au regard de l’ampleur des changements que nous vivons. Mais c’est là la saveur du message contre-intuitif de la nouvelle philosophie d’Action politique que les Territoires les plus fragiles nous ont indiqués dès 2015 avec le 17ème Objectif de Développement Durable : c’est parce que nous prenons conscience que nous sommes trop fragiles pour inventer seuls une solution, qu’alors de nouvelles alliances peuvent émerger et se forger durablement pour en inventer ensemble les réponses pertinentes.

N’est-ce pas là une preuve des chemins d’Espérance qui s’écrivent aujourd’hui ? La Newsletter « Les Territoires passent à l’action » vous propose d’en comprendre les « preuves par l’exemple ». Alors bonne lecture… et bel été !


[1] Rapport « Intérêt général : nouveaux enjeux, nouvelles alliances, nouvelle gouvernance » (H. ALLIER & CB. HEIDSIECK, 11/2015)

[2] Bien commun : vers la fin des arrogances ! (Editions DALLOZ, collection JURIS Associations, décembre 2016)

[3] La double référence philosophique du titre, rappelle les « tensions » à l’œuvre lors de l’écriture de ces deux textes de référence. Le contexte géopolitique et géostratégique du XVIIème n’est pas sans rappeler des radicalités non pas moins fortes d’aujourd’hui… Depuis la « dispute philosophique » de Platon et Aristote, la tension créative de la philosophie est le moyen le plus cohérence de (ré)concilier transcendance et immanence... Avec le « bon sens paysan » auquel nous a invité le Ministre Michel FOURNIER, cette tension se traduit plus simplement par « l’œuf et la poule » !

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