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Par Soqo* - Publié le 20 juillet 2026 - 15:12 - Mise à jour le 20 juillet 2026 - 15:20
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Don des particuliers en baisse, fondations en hausse : le double visage de la générosité 2026

À un mois d'écart de publication, deux baromètres dessinent deux réalités opposées de la générosité française en 2026. D'un côté, les dons des particuliers reculent, freinés par l'inquiétude économique. De l'autre, les fondations et fonds de dotation poursuivent leur croissance. Plutôt qu'une crise de la générosité, ce contraste révèle une transformation plus profonde des modes de financement de l'intérêt général, et appelle associations comme entreprises à revoir leurs modèles.

Don des particuliers en baisse, fondations en hausse : le double visage de la générosité 2026  - Crédits : Soqo* - Carenews
Don des particuliers en baisse, fondations en hausse : le double visage de la générosité 2026 - Crédits : Soqo* - Carenews

Les particuliers, fragilisés par l'incertitude

Le Baromètre de la solidarité 2026 d'Apprentis d'Auteuil/Ipsos est sans appel. 92 % des Français se disent préoccupés par le contexte international, une anxiété qui pèse directement sur le don. 47 % des Français déclarent avoir fait un don financier à une association ou à une fondation en 2025, soit le niveau le plus bas enregistré depuis la création du baromètre en 2019, pour un montant moyen de 336 euros, en baisse de 28 euros sur un an.

51 % des Français déclarent avoir déjà donné ou compter donner en 2026, un niveau au plus bas depuis 2020, et la baisse du pouvoir d'achat demeure le premier motif de réduction des dons.

 

Les fondations et fonds de dotation, eux, accélèrent

Le Baromètre de la philanthropie 2026 de la Fondation de France raconte une histoire différente.

6 040 fondations et fonds de dotation sont en activité en 2025, en progression de 3 % en un an et de 59 % sur dix ans. Plus de 18,4 milliards d'euros ont été engagés pour l'intérêt général en 2024, en hausse de 5,4 %, pour des ressources qui atteignent 19,8 milliards d'euros, en progression de 6,2 %, largement au-dessus de l'inflation.

Le nombre de fonds de dotation (3 023) égale désormais celui des fondations (3 017), et 2024 marque une progression des ressources des fondations d'entreprise, jusque-là plutôt stables.

 

Un recul public ancien, qui rebat les cartes

Ce contraste s'explique en partie par une tendance structurelle bien documentée : le désengagement progressif de la puissance publique. Selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental, la part des subventions publiques dans les ressources des associations a chuté de 41 % entre 2005 et 2020, passant de 34 % à 20 %. Une tendance qui s'est encore accentuée depuis, dans un climat d'instabilité budgétaire.

Ce vide se comble en partie par d'autres flux : la philanthropie privée, les entreprises engagées, ou des modes de don plus diffus.

C'est précisément le sujet qu'a creusé Morgan Meunier (Stratégie, partenariats et financement, ONG climat & océan), lors d'un récent atelier organisé par Le Qlub, la communauté d'associations à impact de Soqo* : faut-il parler de crise du financement associatif, ou plutôt de mutation de ses modes d'accès ?

L'hybridation, nouvelle grammaire du financement associatif

Le concept d'hybridation, théorisé par l'Avise, invite à dépasser la logique d'un financeur unique : combiner ressources publiques, mécénat, philanthropie individuelle et ressources marchandes (vente de services, adhésions) pour construire un modèle économique équilibré. L'objectif n'est pas d'empiler les financeurs, mais de réduire la dépendance à une seule source, un changement de logique plus que de volume.

Cette hybridation est portée par plusieurs dynamiques de fond :

  • Une nouvelle génération de philanthropes : la part des fondateurs de fondations de moins de 35 ans est passée de 4 % à 11 % entre 2001 et 2022, avec des priorités marquées pour le climat, la jeunesse et l'innovation sociale.
  • La montée des entreprises à mission : fin 2025, plus de 2 400 sociétés à mission sont actives en France, en progression de 17 % en un an, un vivier de mécènes potentiels qui ne cesse de s'élargir.
  • La fluidification du don individuel : arrondi en caisse, arrondi sur salaire, épargne salariale solidaire... le don devient plus diffus et mieux intégré au quotidien, même si son volume global reste sous tension.

La territorialisation, point de convergence

Une tendance traverse à la fois la philanthropie privée et le mécénat d'entreprise : l'ancrage territorial. De plus en plus de fondations et d'entreprises mécènes concentrent leur soutien sur leur territoire d'implantation plutôt qu'à l'échelle nationale ou internationale.

Ce mouvement répond directement au constat du Baromètre Apprentis d'Auteuil, qui souligne que les besoins sociaux explosent justement là où les financements publics se contractent, au plus près des territoires.

Vers de nouvelles règles du jeu

Cette mutation s'accompagne d'un changement de critères. Les financeurs ne demandent plus seulement « quel est votre projet ? » mais « pourquoi êtes-vous finançables aujourd'hui, et le serez-vous encore demain ? ». On finance davantage des trajectoires de transformation que des actions ponctuelles, des coalitions d'acteurs que des structures isolées, des preuves d'impact que des intentions.

Pour les associations, l'enjeu n'est donc pas tant de multiplier les financeurs que de fidéliser les partenaires existants et de structurer une véritable capacité à démontrer leur impact dans la durée.

Deux leçons, pour deux publics

  • Pour les associations : la dépendance au don grand public et aux subventions publiques devient un risque à part entière. L'hybridation des financements n'est plus une option, mais une condition de résilience.
  • Pour les entreprises et leurs dirigeants : la progression des fondations d'entreprise et des sociétés à mission montre qu'une philanthropie structurée peut offrir une alternative stable, à un moment où les particuliers ne peuvent plus, seuls, absorber l'ampleur des besoins sociaux.

 

Et maintenant ?

La générosité française n'a pas disparu, elle change de visage et de canaux. Associations, dirigeants, responsables RSE : votre stratégie de financement repose-t-elle encore sur la générosité spontanée, ou avez-vous déjà commencé à la structurer dans la durée ?

Chez Soqo*, nous accompagnons associations et entreprises pour construire des partenariats durables, à la hauteur des mutations que ces baromètres mettent en lumière.

 

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