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Par Terre et Humanisme - Publié le 23 juin 2021 - 08:41 - Mise à jour le 23 juin 2021 - 08:52
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Autonomie ou autosuffisance ?

Ces derniers temps, vous avez sûrement beaucoup entendu parler de concepts tels que l’autonomie alimentaire, l’autonomie familiale ou l’autosuffisance… Mais quels termes est-il préférable d’employer et pour dire quoi ? Ces différentes notions sont souvent confondues.

Quelques définitions

D’un point de vue philosophique, l’autonomie s’approche d’une idéologie, avec d’une part, le fait de se gouverner par ses propres lois et de s’autodéterminer et, d’autre part, le fait, pour une collectivité, d’assumer et de vivre son particularisme, son individualité morale et culturelle. L’autosuffisance quant à elle, est le fait, pour une personne ou un pays, de pouvoir subvenir par soi-même à ses besoins.

L’autosuffisance prend tout son sens lorsqu’on la met en lien avec la notion de résilience. Ce concept hérité de la psychologie désigne la capacité d’un individu à grandir et s’épanouir en dépit des traumatismes qu’il a pu vivre. Peu à peu, calqué sur le domaine de l’écologie, il devient intéressant d’élargir cette définition aux systèmes socio-économiques, afin de désigner leur capacité à maintenir leurs fonctions et leurs structures en dépit des perturbations extérieures.

Pourquoi tendre vers l’autonomie aujourd’hui ?

Aujourd’hui les crises (sanitaires, écologiques, économiques, sociales…) sont de plus en plus fréquentes. L’interdépendance des systèmes humains nous rend plus fragiles aux perturbations qui les déstabilisent. Ces événements ont des conséquences en chaîne sur l’ensemble des rouages de la société, une crise en entraînant une autre. L’autosuffisance apparaît alors comme une solution pour faire face à ces perturbations, elle permet de moins dépendre des systèmes de production et de consommation mondialisés.

La crise sanitaire de la Covid 19 a particulièrement révélé la complexité et les limites des réseaux d’approvisionnement à grande échelle, notamment via des ruptures de stocks dans les grandes surfaces, mais aussi un manque de main d’œuvre chez les paysans, la fermeture des commerces « non-essentiels »… La pollution engendrée par les importations et les exportations ne fait plus de doute.

Forts de ce constat, nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser la question de notre indépendance et de notre capacité de résilience au sein de nos sociétés. Produire soi-même sa nourriture, construire son habitat, élever des animaux, produire son textile ou encore son énergie… sont autant de moyens de s’émanciper d’un système mondialisé qui peut parfois être angoissant et nous faire perdre pied.

Les personnes qui, aujourd’hui, tendent vers l’autosuffisance essaient de pourvoir par elles-mêmes à leurs besoins. Elles ont généralement la volonté, d’une part, de mieux s’alimenter avec des produits sains économies et d’autre part de limiter leur empreinte écologique et l’impact sur leur portefeuille en se libérant des injonctions de la surconsommation.

L’autonomie alimentaire : pilier de l’émancipation

Le potager nourricier est bien sûr la première piste à explorer lorsque l’on souhaite produire sa nourriture et se nourrir de manière saine au plus proche de chez soi. Si l’on décide de produire naturellement en s’inspirant des techniques agroécologiques et permacoles, il est possible d’avoir des fruits et des légumes de qualité et diversifiés, sans avoir recours aux produits phytosanitaires.

Voici quelques pistes pour faire de votre potager un jardin autonome :

  • Privilégiez les semences locales, tout en produisant de manière naturelle
  • Récupérez l’eau de pluie ! La ressource en eau est centrale dans la gestion d’un potager
  • Maximisez la biodiversité dans et autour de votre jardin
  • Élevez des animaux ! La présence d’animaux peut être un atout pour le potager : production d’engrais naturel par leurs déjections
  • Transformez pour mieux conserver

Autarcie ou autonomie, une nuance de taille

Loin de nous l’idée d’affirmer une nécessité de se couper de la société en devenant totalement autosuffisant, ce que l’on appellerait alors  l’autarcie. D’abord parce qu’ensemble, nous faisons société. Et parce que c’est un choix libre à chacun : s’isoler complétement peut aussi nous fragiliser, en nous privant des nombreuses infrastructures proposées par notre société mutualisée. Ces questions sont complexes, nous vous laissons le soin d’y réfléchir par vous-même.

boulange artisanale

Il est évidemment difficile d’être entièrement autosuffisant à titre individuel. C’est pourquoi, en plus de développer son potager ou une certaine forme d’autonomie au sein de son foyer, il peut être intéressant de s’approvisionner dans des systèmes alternatifs en circuits-courts. On favorise ainsi à plus grande échelle la résilience alimentaire de son territoire, on est solidaire avec les artisans et les producteurs locaux.

Quelques exemples…

  • Le troc et la récupération. Il s’agit d’échanges de bons procédés (de biens ou de services) au sein de son réseau de connaissance. Mais cela peut aussi s’apparenter à la récupération d’invendus sur les marchés.
  • Les circuits-courts comme les AMAP, l’approvisionnement direct chez les producteurs de proximité, les marchés… Ces modes de consommation sont à la fois gage de qualité pour les produits que l’on achète mais également une manière de soutenir les producteurs locaux.

Il est tentant de vouloir atteindre l’autosuffisance totale, de ne dépendre que de soi et de ses pratiques. En revanche, cela peut être risqué si des événements imprévus nous impactent et mettent en péril notre mode de vie.

La vie en autarcie n’est pas un choix anodin : le lien humain est souvent essentiel avec notre entourage proche géographiquement : on peut se rendre des services mutuels, échanger des pratiques, se soutenir dans les moments difficiles. Ainsi, la résilience à échelle locale et la solidarité à l’échelle d’un territoire n’en seront que plus fortes.

Comme déjà évoqué, l’autosuffisance peut s’étendre à différents domaines de la vie quotidienne. L’habitat, l’habillement, les produits d’entretien, l’énergie… sont autant d’aspects dans lesquels il est possible de découvrir des méthodes permettant déjà de s’autonomiser.

Nous ne nous étendrons pas dans cet article sur toutes ces facettes de l’autosuffisance.

En attendant, retrouvez nos stages d’initiation à l’autonomie familiale :

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