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Par Aéma Groupe - Publié le 2 novembre 2026 - 16:22 - Mise à jour le 2 novembre 2026 - 17:15
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« L’éducation financière est un levier de protection individuelle et d’impact collectif »

Chaque année, le Mois de l’Économie sociale et solidaire (ESS) et son temps fort, la Semaine de la finance solidaire, se déroulent en novembre. Tous deux promeuvent auprès d’un large public une économie plus humaine, plus inclusive et plus respectueuse de l’environnement, au moyen notamment d’une épargne citoyenne, investie dans l’économie réelle. Béatrice Augier, présidente d’Aéma Groupe, dresse un état des lieux de la culture financière des Français, des leviers pour la renforcer et de la responsabilité particulière des acteurs mutualistes sur ces enjeux.

Béatrice Augier, présidente d’Aéma Groupe.
Béatrice Augier, présidente d’Aéma Groupe.

 

À l’occasion du mois de l’ESS 2026, Aéma Groupe a choisi la culture financière des Français comme thématique d’action. Pourquoi ce choix ?

Béatrice Augier : Nous avons retenu ce sujet tout simplement car il s’inscrit en parfaite cohérence avec ce que nous sommes : un groupe mutualiste de protection, engagé aux côtés des personnes tout au long de leur vie.

Au travers de nos marques nous couvrons l’ensemble des besoins de protection : assurance dommages, santé-prévoyance, et épargne-retraite.

Or, nous observons que l’épargne est un levier de protection individuel – pour se prémunir face aux aléas de la vie – mais aussi collectif – pour financer les grandes transitions. Dit autrement, elle renforce notre pouvoir d’agir, à condition bien sûr de disposer d’un niveau de culture financière suffisant pour faire les bons choix.

 

Quel est votre regard sur la culture financière des Français ? Certaines populations vous paraissent-elles particulièrement vulnérables ?

B. A. : La situation est paradoxale car si les Français sont de grands épargnants, leur culture financière s’avère insuffisante. Le taux d’épargne approche 19 % du revenu disponible, ce qui place notre pays parmi les champions de la zone euro, souvent en 2e position derrière l’Allemagne. Pourtant, selon le Baromètre 2026 de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe, 49 % des Français – presque un sur deux – déclarent ne pas disposer de connaissances suffisantes pour gérer leur épargne et investir. Par conséquent, ils privilégient des produits simples et peu rentables tels que les livrets réglementés et les comptes à terme. Pire, 55 % d’entre eux laissent une forte somme d’argent sur leur compte courant non rémunéré, ce qui, compte tenu de l’inflation, grignote leur pouvoir d’achat.

Par ailleurs, faute de bien comprendre leur environnement économique et financier, les épargnants n’ont pas conscience de pouvoir influer sur l’économie réelle au travers de leurs placements. 74 % des Français estiment ainsi, selon le Baromètre 2025 de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe, que leurs choix pèsent peu – voire pas – sur les enjeux actuels.

Les femmes constituent un public particulièrement vulnérable. Seules 44 % d’entre elles déclarent connaître suffisamment les produits d’épargne et d’investissement contre 58 % des hommes. Ce déficit de culture financière accroît les inégalités de genre, surtout en cas de séparation ou de monoparentalité.

Faute de culture financière suffisante, les épargnants ne perçoivent pas qu’ils disposent du pouvoir d’influer sur l’économie réelle au travers de leurs placements. »

 

L’éducation financière des Français constitue donc un défi essentiel qu’Aéma Groupe entend relever. En quoi est-elle un enjeu de prévention ? Quels champs d’action privilégiez-vous ?

B. A. : Pour rendre les Français acteurs de leur vie personnelle mais aussi de notre futur commun, nous devons rendre la culture financière accessible. Pour cela, il nous faut lever les obstacles psychologiques, cognitifs et techniques qui empêchent les individus de comprendre les concepts économiques essentiels et de gérer efficacement leur épargne. C’est en cela que nous devons travailler sur l’éducation financière, en faisant de la finance non plus un sujet technique réservé aux initiés mais une question accessible au plus grand nombre, en vulgarisant des notions-clés, telles que l’inflation et la diversification. C’est l’une des conclusions des travaux menés par l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe en 2025 (voir encadré). À l’issue de ces derniers, les principaux leviers retenus sont de simplifier l’information financière, de l’intégrer dans les programmes éducatifs pour que chacun puisse se familiariser avec les notions de base dès son plus jeune âge, et de mobiliser tous les acteurs financiers pour remédier collectivement à ce déficit de compréhension.

En tant que groupe mutualiste de protection, nous sommes bien placés pour nous saisir de ces leviers. Comme assureur, nous avons le devoir de sécuriser les parcours de vie. Il s’agit d’aider chacun à anticiper les situations de fragilité et à préparer ses projets, d’achat de sa résidence principale, de financement des études de ses enfants ou d’anticipation de sa retraite. Comme acteur mutualiste, grâce à notre modèle unique et à la confiance de nos sociétaires1, nous pouvons aider chacun à se repérer dans une offre de produits pléthorique ! J’ajoute qu’en plus d’être un assureur, nous sommes un investisseur, confronté, comme tout épargnant, à l’exigence de conjuguer critères financiers, pour rentabiliser nos placements, et critères extra-financiers, pour rendre notre épargne utile.

Nous devons lever les obstacles psychologiques, cognitifs et techniques qui empêchent les individus de comprendre les concepts économiques essentiels et de gérer efficacement leur épargne. »

 

En quoi les acteurs mutualistes sont-ils particulièrement bien placés pour faire de l’éducation financière un levier au service de la protection de chacun ?

B. A. : La mission des acteurs mutualistes est précisément de conseiller et d’accompagner les épargnants au plus près de leurs profils et de leurs besoins.

Au-delà de ce rôle général, j’aimerais insister sur deux points qui me tiennent particulièrement à cœur. Nous devons savoir expliquer le circuit de l’argent et démontrer que l’épargne personnelle peut à la fois sécuriser l’individu de manière essentielle et financer des enjeux sociétaux majeurs, tels que la santé, le logement social, la transition écologique ou encore la souveraineté européenne.

C’est bien en réhabilitant la finance comme un instrument citoyen que nous, groupes mutualistes, démontreront que l’éducation financière constitue une protection pour chacun et chacune, en particulier pour les plus vulnérables d’entre nous. »

Il nous faut aussi savoir relier ce sujet de culture financière, longtemps tabou chez les acteurs de l’ESS, avec l’engagement mutualiste originel : se protéger soi-même tout en contribuant à la protection de tous et de toutes. C’est bien en réhabilitant la finance comme un instrument citoyen que nous, groupes mutualistes, démontreront que l’éducation financière constitue une protection pour chacun et chacune, en particulier pour les plus vulnérables d’entre nous.

 

La culture financière des Français au cœur des travaux de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe

49 % des Français manquent de connaissances pour gérer leur épargne et investir, selon le Baromètre 2026 de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe. Le Cahier 2026 « La culture financière des Français : un levier pour réussir les transitions ? » offre un diagnostic de leur culture financière, zoomant sur les réalités spécifiques des femmes et des jeunes. Il propose des analyses et leviers d’action pour mettre demain l’épargne au service du financement des transitions, tout en renforçant l’autonomie financière des Français.

À PROPOS DE L’OBSERVATOIRE DE LA PROTECTION AÉMA GROUPE

Créé en 2021, l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe constitue un espace de réflexion original pour analyser les transformations actuelles dans la société (changement climatique, vieillissement, développement de l’intelligence artificielle, nouveaux risques, etc.) et leurs conséquences sur l’avenir de la protection en France. L’écoute active des sociétaires, adhérents et clients d’Aéma Groupe, mais aussi de la population dans son ensemble, est au cœur de sa démarche. L’Observatoire de la Protection Aéma Groupe réunit ainsi des représentants élus des marques composant Aéma Groupe, des collaborateurs issus de ses métiers et associe des experts externes (institut de sondage, think tank, universitaires, etc.). La 5e édition du baromètre de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe, déployée en 2026 avec OpinionWay, vise à capter et suivre l’évolution d’indicateurs-clés inhérents au sentiment de protection des Français et à anticiper leurs attentes et besoins en la matière. Il est conduit chaque année, depuis 2021, auprès d’un échantillon représentatif de la société française et de 5 pays européens (Allemagne, Italie, Suède, Pologne et Royaume-Uni).

 


1Selon le Baromètre 2026 de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe, le capital confiance des assureurs mutualistes est de 64 % contre 54 % pour les assureurs traditionnels et 50 % pour les banques-assureurs.

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