Phare d’Alexandrie : quand recherche publique et mécénat privé font avancer la connaissance
Il y a plus de 2 000 ans et pendant près de 16 siècles, le Phare d’Alexandrie guidait les navigateurs en Méditerranée. Aujourd’hui, grâce au projet Pharos issu d’une collaboration entre l’archéologue et architecte du CNRS, Isabelle Hairy, à la tête de son équipe pluridisciplinaire et La Fondation Dassault Systèmes, il livre les secrets de sa prouesse architecturale. Cette aventure exceptionnelle fait l’objet d’un documentaire, « Le Phare d'Alexandrie, les derniers secrets » produit par GEDEON Programmes qui sera diffusé en prime time le 5 novembre sur France 5 dans l’émission Science Grand Format.
Un patrimoine universel, une énigme scientifique
Septième merveille du monde antique, le Phare d'Alexandrie dominait le monde Méditerranéen du haut de ses 103 mètres. Il a résisté pendant seize siècles, y compris à dix-huit séismes et tsunamis, avant d’être englouti dans les eaux. Les fouilles archéologiques sous-marines, menées depuis 1994 par le CEAlex, Centre d’Études Alexandrines, et soutenues par la Fondation Honor Frost, ont permis de découvrir un trésor inestimable : des milliers de blocs de roche exogène dont des éléments architecturaux majeurs.
Aujourd’hui, 4 896 blocs de pierre ont été recensés dans la baie d’Alexandrie. Ces vestiges sous-marins représentent 7 000 tonnes de pierres, soit moins de 10 % de la construction originelle du phare et certains blocs appartiennent même à d’autres aménagements.
Comprendre comment un tel monument a été conçu demandait donc des moyens hors du commun. Le projet Pharos voit ainsi le jour en 2023, fruit de la collaboration entre le CEAlex et La Fondation Dassault Systèmes. Ce projet ambitieux vise à reconstruire virtuellement le Phare.
Soutenir la recherche, une mission d'intérêt général
Le patrimoine appartient à tous : le documenter, l’étudier, le comprendre et le transmettre relèvent de l’intérêt général. Il est la mémoire commune de l’humanité. Il est aussi fragile, parfois menacé et même immergé, comme les vestiges du « Phare des phares ». Les besoins de la recherche dépassent souvent les moyens alloués. En réunissant financement, expertises et outils, un mécène peut soutenir les chercheurs et faire en sorte que cette connaissance profite à tous.
C'est dans cet esprit que La Fondation Dassault Systèmes accompagne le projet Pharos depuis trois ans, et poursuit son engagement une quatrième année. Un soutien financier permet de mener les fouilles sous-marines et de donner les moyens d'approfondir les travaux interdisciplinaires. En juin 2025, une campagne exceptionnelle, soutenue également par le mécénat de GEDEON Programmes, a ainsi permis de remonter du port d'Alexandrie les blocs les plus imposants : linteau et montants de la porte monumentale, seuil, grandes dalles et éléments du soubassement. Elle a aussi révélé les pièces d'un monument jusqu'alors inconnu, ouvrant de nouvelles pistes de recherche.
Crédit : Isabelle Hairy – CNRS – CEAlex – La Fondation Dassault Systèmes – GEDEON Programmes
Le mécénat de compétences : l'expertise des ingénieurs au service de la science
Au-delà du financement, la fondation mobilise ce qui fait la force de Dassault Systèmes : l'expertise de ses collaborateurs. Des ingénieurs volontaires se sont engagés bénévolement aux côtés d'Isabelle Hairy pour relever un défi inédit : redonner vie au Phare d’Alexandrie grâce au numérique.
Pour cela, Isabelle Hairy s’est appuyée sur ses recherches et les travaux de son équipe pluridisciplinaire, croisant l’étude des vestiges archéologiques, l’iconographie antique (monnaies, lampes, mosaïques) et les textes médiévaux de langue arabe.
Puis, ensemble, Isabelle et les ingénieurs ont développé une restitution 3D de l’édifice, intégrant progressivement les indices recueillis, ainsi que son jumeau virtuel, permettant de tester les hypothèses de reconstruction et de les confronter aux lois de la physique.
Crédit : La Fondation Dassault Systèmes
Cette collaboration a notamment permis de mieux comprendre l’organisation intérieure du monument : un ensemble labyrinthique de 67 pièces réparties sur 9 niveaux, desservies par une rampe suffisamment large pour permettre à deux cavaliers de se croiser. Des simulations 3D ont également permis d’explorer les raisons de l’extraordinaire résistance de la structure aux séismes pendant des siècles.
Le Téléport 1/1 : explorer le phare d’Alexandrie à l’échelle réelle
Le phare d’Alexandrie est un bâtiment d’une complexité inédite pour l’époque. Afin de comprendre son agencement, Dassault Systèmes a mis le Téléport 1/1 à la disposition de sa fondation et du projet Pharos. Ce dispositif unique a permis à Isabelle et aux ingénieurs d’explorer à l’échelle 1:1 les hypothèses de reconstruction du phare d’Alexandrie. Grâce à l’immersion dans cet univers virtuel, ils ont pu ressentir la réalité des volumes, des espaces et des circulations, tester la cohérence architecturale de l’édifice et faire progresser leur compréhension de cette prouesse d’ingénierie antique.
Crédit : La Fondation Dassault Systèmes
Une connaissance partagée avec tous
Pour La Fondation Dassault Systèmes, la recherche prend tout son sens lorsqu'elle est partagée. Le documentaire grand public « Le Phare d'Alexandrie, les derniers secrets », réalisé par Laurence Thiriat et produit par GEDEON Programmes, sera diffusé le 5 novembre 2026 à 21h05 dans l’émission « Science grand format » de France Télévisions, sur France.tv et à l'international.
De plus, le Bulletin de la Société Française d’Egyptologie présentera un article d’Isabelle Hairy à sa communauté, fin décembre 2027.
Enfin, des publications scientifiques permettront de partager cette connaissance auprès de la communauté des experts.
Public et privé : une force au service de l’intérêt général
Le projet Pharos le démontre : lorsque recherche publique et engagement privé se rejoignent, la connaissance progresse plus loin et plus vite. C’est la force de cette collaboration, mise au service de l’intérêt général, qui profite à tous.