Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 12 octobre 2026 - 17:26 - Mise à jour le 12 octobre 2026 - 17:36 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

« Et si nous arrêtions vraiment ? » : les associations se mobilisent du 12 au 17 octobre

Alors que le projet de loi de finances doit être examiné à partir de cette semaine à l'Assemblée nationale, l'Uniopss appelle les associations du secteur de la santé et de la solidarité à se mobiliser pour protester contre la baisse des financements publics et la mise en péril de leur modèle.

Le Mouvement associatif avait appelé à manifester en octobre 2025 pour alerte sur la situation des associations. Crédit : Camille Dorival.
Le Mouvement associatif avait appelé à manifester en octobre 2025 pour alerte sur la situation des associations. Crédit : Camille Dorival.

 

Que se passerait-il si les associations s’arrêtaient vraiment ? Pour alerter sur les difficultés qui pèsent actuellement sur le modèle associatif, confrontées à des réductions budgétaires d’ampleur depuis plus de deux ans, l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss) lance un appel à mobilisation cette semaine, du 12 au 17 octobre.  

Alors que les députés examineront le projet de loi de finances à partir du 13 octobre, « nous voulons alerter sur la dégradation d’exercice de nos missions, de nos conditions professionnelles et sur les conséquences que cela a sur les personnes », explique Daniel Goldberg, président de l’Uniopss. 

 

Derrière ces chiffres, ce sont des vies »

Hélène Vallantin-Dulac, vice-présidente d'APF-France handicap.

 

45 % des associations ont réduit leurs activités, selon la FAS 

 

Selon une étude de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) menée auprès de 128 structures jusqu'au 25 août 2026 et publiée le 8 octobre, 30 % des associations disposent de moins de deux mois de trésorerie et 80 % anticipent une dégradation ou une forte incertitude dans les douze prochains mois. En 2025, 45 % des associations ont réduit ou fermé au moins une activité : 29 % ont réduit des postes, 19,5 % ont limité des places ou des dispositifs et 12,5 % ont diminué leur file active, c'est-à-dire l'ensemble des personnes accompagnées. 

« Derrière ces chiffres, ce sont des vies », alerte Hélène Vallantin-Dulac, vice-présidente d'APF-France handicap. Dans le secteur du handicap, la réduction des activités des associations, qui concernent la scolarisation, l'accès à l'emploi, aux soins ou encore le maintien à domicile, génère une perte d'autonomie pour les personnes concernées. « Les exemples de droits bafoués et de discriminations ne manquent pas », déplore Hélène Vallantin-Dulac. 

 

« C'est une part essentielle de la solidarité qui disparaît » 

 

« Les associations se voient demander de porter toujours davantage d'activités et de responsabilités, avec toujours moins de ressources », dénonce de son côté Gaël Escaffre, directeur général de l'Essor. L'association accompagne chaque année 2 320 enfants, jeunes et familles en difficultés sociales, familiales ou en situation de handicap, en partenariat avec les politiques de l'État. « Ce sont 1780 enfants qui sont accompagnés dans le cadre d'une mesure en milieu ouvert pour leur protection, 51 jeunes en prévention spécialisée, 261 enfants placés et 228 mères avec leurs enfants accueillis en centre maternelle. Si demain l'Essor n'était plus là, qui protégerait ces enfants et accompagnerait ces familles ? », alerte-t-il, alors que les budgets de l'association ont été réduits de 60 000 euros pour l'année 2026.  

« Nous existons depuis 80 ans et la situation n'a jamais été aussi tendue », témoigne lui aussi Jérôme Perrin, de l'ADMR. L'association propose du soutien à domicile et diverses prestations à des personnes âgées, des parents ou des aidants qui ont en besoin. « Chaque année, nous réalisons un million d'heures d'interventions. Les auxiliaires de vie aident les personnes âgées à se lever ou se laver. Leur présence permet aussi de détecter une dégradation de la santé. C'est une part essentielle de la solidarité qui disparaît », s'inquiète-t-il. 

 

Si les associations disparaissent, au niveau national, ce sont 1, 8 million de personnes qui n'auraient plus d'accompagnement pour des actes essentiels à la vie quotidienne dans le secteur de l'aide à domicile »

Stéphane Lenoir, délégué général de l'Uniopss. 

 

Des associations en déficit 

 

« Pour certaines associations, le Ségur est non financé », dénonce quant à elle Edwige Jabelin, directrice générale d'ABC puériculture et trésorière de la Fédération nationale des associations pour la petite enfance (Fnappe). Le Ségur de la santé est une concertation nationale sur le système de soins qui a été lancée par le gouvernement après la crise de Covid-19. Dans ce contexte, une revalorisation salariale des professionnels du secteur social, médicosocial et sanitaire a été actée d'abord dans les secteurs publics, puis étendue aux organisations privées à but non lucratif.  

Selon les associations, le surcoût de cette revalorisation n'a pas été pris en compte dans les aides de l'État, ce qui pèse financièrement sur les structures. « La réalité de terrain aujourd'hui, c'est que des associations sont en déficit chaque année à cause de financements insuffisants », alerte Edwige Jappelin. En 2025, la Fondation La Croix Saint-Simon, implantée à Paris depuis plus de 150 ans et qui comprend plus de 65 structures, a été placée en redressement judiciaire, pointe-elle en exemple. Des offres de reprises ont été déposées mais plusieurs établissements sont aujourd'hui menacés de fermeture. 

 


Lire également : Associations : face aux difficultés, des risques de liquidation ? 

 

Mails d'absence, interpellations et manifestations 

 

« Si les associations disparaissent, au niveau national, ce sont 1, 8 million de personnes qui n'auraient plus d'accompagnement pour des actes essentiels à la vie quotidienne dans le secteur de l'aide à domicile. Dans le secteur du grand âge, ce sont plus de 200 000 qui ne seront plus hébergées dans les Ephad ou les résidences autonomie associatives. Côté handicap, ce sont 500 000 enfants ou adultes qui n'auraient plus d'accompagnement pour préserver, apprendre ou maintenir leur autonomie. Dans le secteur de l'insertion par l'activité économique, 300 000 personnes seraient privées d'un accompagnement et d'une chance supplémentaire d'accès vers l'emploi. 374 000 personnes seraient également sans solution dans le secteur de l'hébergement », résume Stéphane Lenoir, délégué général de l'Uniopss. 

 


Lire également : Élection présidentielle : le secteur social et médicosocial non lucratif présente son manifeste

 

L'organisation invite les associations à se mobiliser sous plusieurs formes, présentées sur la plateforme etsinousarretionsvraiment.fr. Des exemples de mails automatiques d'absence ont été rédigés, ainsi que des messages d'interpellation pour les décideurs publics. Une pétition, ayant récolté au moment de la publication de cet article plus de 10 000 signatures, a également été lancée sur le site de change.org. Enfin, des manifestations sont prévues dans plusieurs villes de France dont Paris, Lyon, Lille, Bourges et Caen. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer