Élection présidentielle : le secteur social et médicosocial non lucratif présente son manifeste
À l’occasion de sa rentrée sociale, l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaire et sociaux (Uniopss) a publié une feuille de route pour le quinquennat 2027-2032. Destinée à la future tête de la présidence, le document présente les principaux points de plaidoyer des organisations.
L’élection présidentielle de 2027 approche à grand pas. Dans cette perspective, et après avoir déjà interpelé les pouvoirs publics sur la situation de crise qu’ils vivaient, les acteurs du secteur social et médicosocial non lucratif publient un manifeste, intitulé « Une France pour une France forte ! ».
Ce document de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaire et sociaux (Uniopss) est formulée sous forme de lettre, datée au 3 mai 2027, soit le lendemain du second tour, et destinée au futur locataire de l’Élysée.
Six « points de passage obligés »
« Nous savons quels sont les grands enjeux qui doivent être traités dans le prochain quinquennat pour que notre société avance sur certains sujets cruciaux », argumente le président de l’Uniopss Daniel Goldberg, lors d’une conférence de presse. Présentées comme des « points de passage obligés », six thématiques intersectorielles sont listées dans le manifeste.
Considérer les organisations non lucratives du champ des solidarités et de la santé comme un pilier de la cohésion sociale, investir dans les métiers de l’humain, garantir l’effectivité des droits, refonder le financement de notre modèle de protection sociale, faire de la prévention un moteur ou encore garantir à tous un habitat de qualité : « Pour chaque thème, nous posons l'état des lieux tel que nous le vivons en tant qu’acteurs de terrain, une vision de ce qui est à entreprendre et les exigences qui en découlent », détaillent les auteurs.
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L’interpellation des pouvoirs publics
En juin, le président de l’Uniopss avait déjà envoyé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu pour l’alerter sur les conséquences de « la baisse généralisée des financements, subventions ou produits de la tarification, qui sont alloués aux organismes qui mettent en œuvre les politiques publiques pour le compte principalement de l’État et des départements ».
Trois mois plus tard, et alors que le secteur a été touché par des fermetures d'établissements et des réductions contraintes d'activité, l’interpellation continue. « J’assume aussi un changement de ton que nous devons avoir, notamment vis-à-vis des autorités publiques. Il est essentiel que le plus grand nombre de nos concitoyens retrouvent une confiance dans l’action publique. Cela passe par des obligations de résultats, quantifiables et évaluables, et surtout vécues par tous, dans tous les territoires », affirme Daniel Goldberg.
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« Non partisan mais pas neutre »
Le président de l’Uniopss met en avant « des transitions en cours » : démocratique, géopolitique, économique, démographique, numérique et environnementale. Caractérisées par « leur interdépendance », elles imposent de « penser des solutions collectives, au service de tous et atteignables par chacun », considère-t-il.
Interrogé sur l’éventuelle arrivée au pouvoir du Rassemblement national, le président de l’Uniopss a réaffirmé le caractère « non partisan mais pas neutre » de l’organisation, qui prévoit d’organiser des auditions des groupes parlementaires.
Alors qu'elle vient de publier son document annuel de rentrée, l’association s’exprimera par ailleurs début novembre avec le Pacte du pouvoir de vivre, sur le sujet « allier fin du mois et fin du monde ». Fin novembre, elle participera à la conclusion des états généraux de la santé et de la protection sociale, menée avec la Fédération nationale de la mutualité française et plusieurs organisations depuis un an.
Élisabeth Crépin-Leblond 