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Par Carenews INFO - Publié le 9 janvier 2026 - 12:42 - Mise à jour le 9 janvier 2026 - 18:10 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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L’accord UE-Mercosur « soulève toujours autant d’objections sévères », dénoncent une trentaine d’organisations

Dans une lettre adressée au président de la République, une trentaine d’organisations de la société civile, dont plusieurs associations environnementales, alertent sur les conséquences sociales et environnementales qui seraient entraînées par l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. En passe d’être signé après 25 ans de négociations, ce traité soulève de nombreuses contestations en France, notamment du monde agricole.

Les organisations rappelent dans leur lettre que la mise en oeuvre du règlement européen anti-déforestation a été une nouvelle fois repoussée. Crédit : iStock / SHansche
Les organisations rappelent dans leur lettre que la mise en oeuvre du règlement européen anti-déforestation a été une nouvelle fois repoussée. Crédit : iStock / SHansche

 

 

Le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur « est à la fois parmi les plus nocifs jamais négociés mais aussi le plus contesté de l’histoire de l’UE » dénoncent une trentaine d’organisations dont Les Amis de la terre France, Greenpeace, France nature environnement, Générations futures, la fédération Artisans du Monde, Foodwatch et le syndicat agricole Confédération paysanne, dans une lettre ouverte initiée par le collectif national Stop CETA-Mercosur et publiée le 9 janvier.

Le texte « soulève toujours autant d’objections sévères pour ses impacts des deux côtés de l’Atlantique en matière agricole, mais aussi de climat, de droits humains et des peuples autochtones en particulier, de déforestation, de biodiversité, de bien-être animal, d’extraction minière, d’emplois et de justice sociale », alertent les associations signataires, exhortant Emmanuel Macron à rejeter l’accord.

 


Lire également : Déforestation, pesticides interdits, droits sociaux… Pourquoi le traité entre le Mercosur et l’Union européenne inquiète les associations 


 

Ce dernier vise à permettre aux pays européens d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay et dans un second temps la Bolivie. En échange ces pays pourraient exporter vers l’Europe des denrées alimentaires, comme de la viande, du sucre, du riz, du miel et du soja.

 

Des « lignes rouges non satisfaites » 

 

Pour les organisations, qui plaident pour une « relocalisation écologique et solidaire », son contenu est largement insatisfaisant sur les plans sociaux et environnementaux, et ne réglera « aucun des problèmes géopolitiques actuel ».

Selon eux, ni la clause de sauvegarde présente dans l’accord, ni le fonds de compensation des agriculteurs émis par la Commission européenne ne permettent de répondre aux « risques de déstabilisation structurelle de marchés agricoles ». « Les agriculteurs et agricultrices veulent vivre de leur travail, pas être indemnisés pour disparaître », appuient-ils, au lendemain d’actions menées par plusieurs agriculteurs de la Coordination rurale s’opposant également au traité.

Concernant la déforestation mais aussi le climat et le respect des normes sanitaires et environnementales « les lignes rouges énoncées par la France à l’automne 2020 ne sont pas satisfaites », argumentent-ils encore.

 

L'accord approuvé par une majorité de pays de l'UE

 

Jeudi 8 février soir à la suite des diverses mobilisations, Emmanuel Macron a annoncé qu’il voterait contre le traité de libre échange avec quatre pays d’Amérique du Sud, argumentant auprès de la présidente de la Commission européenne que « le gain économique de l’accord [...] ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire ».

Mais cette annonce de la France s'est heurté à une majorité qualifiée d'États membres de l’Union européenne en faveur du traité, incluant l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Après plus de 25 ans de négociations, ces derniers ont approuvé la signature de l'accord à l'issue d'un vote vendredi 9 janvier. Une procédure écrite va désormais être lancée pour confirmer formellement ce vote avant que n’intervienne la ratification par le Parlement européen, étape nécessaire pour que le traité soit juridiquement contraignant.

 

Un appel à la mobilisation 

 

« Le Parlement européen peut encore bloquer la ratification de cet accord si nocif », argumente le collectif national Stop Mercosur dans un communiqué, appelant «  toutes les forces associatives, syndicales et citoyennes à s’engager dans ce combat ». 

« Le vote d’aujourd’hui marque une étape de plus dans l’avancée de cet accord de libre échange aux conséquences potentielles terribles, pour l’agriculture paysanne en France et dans les pays du Mercosur, pour les écosystèmes, le climat et les droits humains », se désole quant à lui Julien Rivoire, chargé de campagne Agriculture pour Greenpeace France. « En aggravant la concurrence déloyale d’importations de produits qui ne respectent pas les mêmes normes que dans l’UE (OGM, pesticides toxiques, antibiotiques activateurs de croissance), cet accord et sa logique sert aussi de prétexte pour faire abaisser les normes sociales et environnementale en France et dans l'Europe » considère quant à elle Karine Jacquemart, directrice générale de l'association Foodwatch. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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