Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 24 avril 2026 - 16:14 - Mise à jour le 24 avril 2026 - 16:34 - Ecrit par : Léanna Voegeli
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

« La loi du plus fort pourrait prendre le pas sur l’État de droit », alerte Amnesty international

Dans son rapport annuel publié le 21 avril, l’ONG de défense des droits humains dresse un état des lieux de ces droits à travers le monde. L’organisation souligne notamment l’engagement des jeunes de la génération Z face aux pratiques autoritaires.

Cela fait plus de 65 ans qu'Amnesty international publie un rapport annuel sur l'état des droits humains dans le monde. Crédit : iStock
Cela fait plus de 65 ans qu'Amnesty international publie un rapport annuel sur l'état des droits humains dans le monde. Crédit : iStock

 

« L’année 2025 restera celle des prédateurs : Trump, Poutine, Netanyahou... des dirigeants qui proposent un ordre mondial raciste, patriarcal, inégalitaire, et qui sont prêts à écraser toute dissidence », fustige Amnesty international à l’occasion de la publication de son nouveau rapport annuel, le 21 avril. L’organisation de défense des droits humains passe une nouvelle fois en revue l’évolution de ces droits à travers le monde, pays par pays. À ses yeux « la loi du plus fort pourrait prendre le pas sur l’État de droit »

L’ONG pointe en effet une normalisation mondiale des dérives autoritaires, y compris en France, via « la banalisation de propositions radicalement liberticides », ainsi que « la montée des discours de haine »

Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty international France (AIF) note que « la virulence du débat politique et médiatique, en particulier les attaques racistes et les invectives contre l’État de droit, sont des alertes extrêmement inquiétantes pour l’année pré-électorale à venir ». 

 

Liberté d’expression : les universités américaines dans le viseur 

 

L’ONG revient sur l’usage illégal de la force en France, notamment lors des manifestations des 10 et 18 septembre 2025. Les forces de l’ordre y « ont été accusées d’avoir recouru à une force excessive » et « d’avoir empêché des journalistes de faire leur travail pendant ces rassemblements ». Elle relaie de plus les alertes émises par le Comité contre la torture de l’ONU en mai 2025, qui s’inquiétait « de l’utilisation présumée [par les forces de l’ordre] d’armes à létalité réduite » telles que des « grenades explosives » et des « lanceurs de balles de défense, qui provoquaient régulièrement de graves blessures ». Le Comité s’est par ailleurs montré préoccupé « par le nombre de décès résultant de l’utilisation d’armes à feu par les forces de l’ordre lors de contrôles routiers »

Aux États-Unis, les universités sont particulièrement concernées par les restrictions de liberté d’expression et de réunion. Le gouvernement de Donald Trump leur a par exemple retiré des « financements fédéraux et des subventions pour la recherche, en les menaçant et en faisant mener des enquêtes sur leur respect des droits civils par les ministères de la Justice et de l’Éducation »« Le gouvernement a également pris pour cible les étudiants et les enseignants étrangers, qui hésitaient désormais à exprimer leurs opinions ou à manifester sur les campus par crainte d’être expulsés des États-Unis. Beaucoup d’étudiants ont cessé d’assister aux cours ou aux événements organisés sur les campus », peut-on également lire. 

La virulence du débat politique et médiatique, en particulier les attaques racistes et les invectives contre l’État de droit, sont des alertes extrêmement inquiétantes pour l’année pré-électorale à venir".

 Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty international France.

 

Autre illustration de cette dynamique en Argentine : le président Javier Milei a poursuivi en justice au moins huit journalistes pour diffamation et insultes en 2025. En outre, depuis le début de son mandat en 2023 « plus de 60 professionnels des médias ont subi des violences et des actes de harcèlement dans les médias et sur les réseaux sociaux de la part du président et d’autres hauts responsables »

Toujours en Argentine, Amnesty international affirme avoir reçu cette année au moins quatre fois plus de signalements concernant les difficultés d’accès à l’avortement qu’en 2024. Cela « pourrait indiquer que les obstacles se sont multipliés ».  

 

La Gen Z se mobilise face aux pratiques autoritaires 

 

En Italie, le rapport souligne l’existence d’établissements pénitentiaires surpeuplés où « régnaient des conditions déplorables ». Amnesty international estime que le nombre de morts en détention est « resté élevé ». Les auteurs indiquent également que les personnes détenues dans les centres de rapatriement pour migrants étaient toujours placées dans des cellules dépourvues de tout confort et privées d’activités et « ne pouvaient pas accéder à des activités intéressantes ». 

En matière de liberté d’expression, le logiciel espion Graphite de l’entreprise Paragon a été utilisé illégalement contre des défenseurs des droits humains et au moins deux journalistes, selon l’ONG. Elle ajoute qu’une commission parlementaire a confirmé en juin que les services italiens du renseignement y avaient eu recours pour espionner des militants en invoquant des motifs de sécurité nationale. Le gouvernement n’aurait toutefois pas répondu aux allégations crédibles selon lesquelles des journalistes avaient aussi été espionnés illégalement. 

Dans ce contexte, la Hongrie fait également l’objet de préoccupations. Une nouvelle loi entrée en vigueur en juillet donne en effet aux mairies le pouvoir d’instaurer des critères locaux nécessaires à l'achat d'une propriété ou à la déclaration d’une adresse sur leur commune. Environ 180 mairies ont ainsi mis en place des « critères discriminatoires qui visaient principalement les roms ». Cela malgré les diverses protestations des organisations roms. Un casier judiciaire vierge, un niveau d’instruction minimum ou encore une absence de dette envers l’État font partie des mesures discriminatoires à l'égard des roms. 

Malgré ces évolutions préoccupantes, Amnesty international souligne l’engagement des jeunes issus de la génération Z (15-30 ans)« Les revendications et les modes de mobilisation des jeunes sont multiples. Mais tous portent un même combat : la défense de la justice, de leurs libertés et de leurs droits fondamentaux, tels que la santé, l’éducation, l’eau potable, le logement et l’emploi », précise l’organisation. 

 

Léanna Voegeli  

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer