La Scop Duralex annonce son placement en redressement judiciaire
Duralex a annoncé le 1er juin 2026 son placement en redressement judiciaire. Après son passage en Scop en 2024 et le succès de sa levée de fonds en 2025, cette nouvelle crise s’expliquerait notamment par une hausse du coût des matières premières et de l’énergie.
L’entreprise Duralex, célèbre pour ses verres « incassables » dans les lesquels on lisait son âge à la cantine, a demandé ce lundi 1er juin, son placement en redressement judiciaire. L’entreprise, reprise sous forme de société coopérative et participative (Scop) en 2024, explique cette décision par une « cessation de paiement », c’est-à-dire l’impossibilité de payer les salaires, les créances et les fournisseurs. Le tribunal de commerce d’Orléans lui accorde une période d’observation de 6 mois pour sortir de cette crise, qui n’est pas la première de son histoire.
En 2024, Duralex avait en effet fait face à son 4e redressement judiciaire depuis 2004. En juillet de cette année-là, le tribunal commercial avait validé la proposition des salariés de passer à une gestion en Scop.
En novembre 2025, Duralex avait réussi une levée de fonds de 7 millions d’euros, visant à financer la modernisation de son usine et l’achat de nouveaux moules. Selon la verrerie, ce plan « a déjà commencé à porter ses fruits » et ses résultats « sont pleinement attendus à l’horizon 2027 au regard de la croissance de +7% du chiffre d’affaires constatée au 31 décembre 2025 ».
Des tensions de trésorerie
Duralex explique cette nouvelle procédure de redressement judiciaire par « des tensions de trésorerie liées à une hausse du stock très importante sur janvier et février 2026 », « des ruptures impactant les ventes sur des produits emblématiques» ainsi qu’une « hausse croissante du coût des matières premières et de l’énergie » liée à la situation géopolitique internationale.
La Confédération générale des Scop (CG Scop), qui fédère les Scop en France, déclare quant à elle avoir « pu constater chez Duralex un écart entre ses préconisations et la manière dont la transition coopérative s’est opérée ». Selon la Confédération, les « difficultés économiques de l’entreprise ne s’expliquent pas par son statut coopératif ». Les facteurs pointés du doigt sont, entre autres, la sous-capitalisation initiale, le pilotage financier de l’entreprise, et un contexte international instable.
Toutefois, la CG Scop affirme l’existence d’un « chemin permettant à la Scop de faire face à la crise qui la menace » tandis que Duralex déclare « tout mettre en œuvre [...] pour pérenniser le plan de transformation commercial de la marque et pour trouver les solutions optimales de sortie de la procédure ».
Bertille Ramboer 