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Par Carenews INFO - Publié le 29 septembre 2026 - 16:54 - Mise à jour le 29 septembre 2026 - 17:10 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Les entreprises d’insertion fragilisées par une baisse des financements

Les entreprises d’insertion voient leur chiffre d’affaires progresser, mais leur santé économique se dégrader, selon la dernière édition de l’Observatoire des entreprises d’insertion. La Fédération des entreprises d’insertion plaide en faveur d’« un soutien économique et financier renforcé », notamment en raison de la « hausse des coûts d’exploitation [...] et des charges salariales » qui impacte les marges des structures.

La nouvelle étude de la Fédération des entreprises d'insertion a été publiée le 16 septembre. Crédit : iStock
La nouvelle étude de la Fédération des entreprises d'insertion a été publiée le 16 septembre. Crédit : iStock

 

Les entreprises d’insertion (EI) et entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) affichent une progression de leur chiffre d’affaires, mais celle-ci ne se traduit pas forcément par une amélioration de leur santé économique. C’est ce que révèle une étude de la Fédération des entreprises d’insertion (FEI) publiée le 16 septembre. Le chiffre d’affaires progresse de 4,3 % pour les EI entre 2024 et 2025 et de 9,8 % pour les ETTI. 

En revanche, « la hausse des coûts d’exploitation, des charges salariales et des contraintes économiques pèse sur les marges des structures », indique un communiqué. « Ainsi, la marge nette moyenne (bénéfices nets / chiffre d’affaires) est passée de 1,05 % à 0,66 % en EI et de 0,29 % à -0,12 % en ETTI », peut-on également lire.   

Pour rappel, une EI propose l’accès à l’emploi et un accompagnement socioprofessionnel à des personnes éloignées de l’emploi. Sont concernés les demandeurs d’emploi de longue durée, des allocataires de minima sociaux ou encore des jeunes sans qualification. Les ETTI, quant à elles, sont des agences d’intérim qui poursuivent le même objectif d’accompagnement des publics éloignés du marché du travail.  

Formations : une baisse des financements 

 

Les situations financières restent contrastées selon les structures : 48 % des EI affichent une capacité de financement supérieure à 5 % de leur chiffre d’affaires, tandis que c’est le cas de seulement 19 % des ETTI. 39 % des ETTI présentent même une capacité d’autofinancement négative. Cela signifie que l’activité de l’entreprise ne génère pas suffisamment de ressources financières pour couvrir ses propres besoins. Face à ces fragilités, la FEI souligne « l’importance d’un soutien économique et financier renforcé ».  

Par ailleurs « près de 30 % des entreprises d’insertion ont un résultat négatif, souligne l’étude. Ce chiffre est stable par rapport à l’année dernière mais reste préoccupant. » 

L’étude aborde aussi la question des Plans d’investissement dans les compétences dédiés à l’insertion par l’activité économique (PIC IAE). Les PIC IAE visent à favoriser le financement des formations pour les salariés en parcours d’insertion. Les auteurs notent une baisse de ces budgets, passés de 95,8 millions d’euros en 2023 à 70 millions en 2025. D’après eux, cela entraîne « une baisse du nombre de personnes en insertion ayant reçu au moins une formation sur l'année ». 

Salariés des structures de l’IAE : une majorité d’hommes 

 

Les contrats d’insertion sont plafonnés à 24 mois (hors dérogation) et durent en moyenne 10,2 mois en EI et ETTI. En 2025, ces structures ont accompagné près de 93 000 personnes, soit 2,6 % de moins qu’en 2024. Une baisse liée à une diminution des budgets allouée par l’État.  

L’IAE reste majoritairement masculine : les hommes représentent 82 % des salariés des ETTI, et 70 % de ceux des EI, et 64 % de ceux de l’ensemble des structures d’insertion par l’activité économique (qui incluent aussi les ateliers et chantiers d’insertion et les associations intermédiaires). Une tendance qui connaît toutefois une exception dans l’industrie, où les femmes sont légèrement majoritaires (52 %, contre 48 % d’hommes). 

Par ailleurs, 77 % des salariés en insertion des EI et 81 % de ceux des ETTI ont un diplôme inférieur au bac, contre seulement 31 % de l’ensemble des personnes en emploi en France.  

Après leur passage en EI ou ETTI, les deux tiers d’entre eux sortent de la privation d’emploi, à travers le retour à l’emploi ou l’orientation vers un parcours de formation ou de création d’entreprise.  

Une contribution positive aux financements publics 

 

Pour la première fois, l’étude montre aussi que les EI et ETTI contribuent autant ou plus au budget de l’Etat qu’elle ne lui coûte. Ainsi, les subventions d’exploitation représentent en moyenne 13,6 % des produits d’exploitation d’une EI et 9,8 % de ceux d’une ETTI, alors qu’une EI reverse en moyenne 13,2 % de ses produits d’exploitation en cotisations sociales, impôts et taxes et une ETTI 16,4 %.

Dans un contexte de préparation du projet de loi de finances pour 2027 Antoine Laurent, délégué général de la FEI, souligne que « les entreprises d’insertion attendent du gouvernement un budget de “bon sens” qui facilite le retour vers l’emploi et qui soutient l’économie locale ».  

 

Léanna Voegeli  

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